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Loup : mécontente, la FNSEA appelle à « légiférer »

<B>Loup : mécontente, la FNSEA appelle à « légiférer »</B>  

« Texte creux », « renoncement inacceptable », « demi-mesures », etc. Le 27 novembre, la FNSEA et les JA ont choisi des mots particulièrement durs à propos du nouveau cadre de gestion du loup mis en consultation par le gouvernement. Bien qu’il élargisse les possibilités de tirs – accordés sur déclaration –, cet arrêté « ne répond à aucune des attentes suscitées et laisse les éleveurs dans la même impasse qu’auparavant ». En particulier, certains aspects du cadre réglementaire seront inchangés, comme le régime appliqué aux élevages bovins et le principe d’un plafond annuel de prélèvements (lire ci-dessus). La FNSEA déplore aussi la possibilité de « suspension des tirs » accordée au préfet coordonnateur du Plan loup. Afin de garantir le respect du plafond annuel et de mieux cibler les tirs, celui-ci pourra « suspendre temporairement ou jusqu’à la fin de l’année les déclarations et autorisations de tir, par arrêté, sur les territoires qu'il détermine ». Les syndicats appellent les parlementaires à proposer « une loi permettant une régulation véritablement opérationnelle du loup, débarrassée des lourdeurs administratives et centrée sur la protection effective des élevages ». De son côté, le 26 novembre, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) conteste le fait que des loups ciblés lors de tirs, mais dont le cadavre n’a pas été retrouvé soient considérés comme prélevés, et donc déduits du plafond annuel. Selon le bilan officiel au 21 novembre, 185 loups ont été tués en France (dont 19 illégalement), un nombre que la FNO souhaite voir abaissé à 183. Le plafond annuel pour 2025 est de 192 loups (19 % de la population estimée). Cette règle a « des conséquences directes pour les éleveurs et la gestion de la prédation », affirme la FNO, qui étaye son propos en rappelant un précédent cas en Saône-et-Loire : « un loup blessé puis considéré comme prélevé avait été retiré du plafond. Or, l’animal est réapparu plusieurs semaines plus tard et a provoqué de nombreux dégâts sur les troupeaux environnants ». L’association spécialisée de la FNSEA exige « une règle simple, lisible et cohérente : sans cadavre de loup, aucun décompte ne doit être retenu ». Reste que le gouvernement a mis en consultation, jusqu’au 19 décembre, l’arrêté « fixant les conditions et limites » des destructions de loups, résultant de l’abaissement de son statut de protection. Ainsi, les tirs de défense ne seront plus soumis à autorisation individuelle, mais deviendront accessibles sur déclaration pour les élevages ovins et caprins dans les zones prédatées (cercles 0, 1 et 2), pour un an maximum. Les mesures de protection ne seront plus obligatoires pour bénéficier des tirs ; les éleveurs ayant protégé leur troupeau disposeront d’un régime plus favorable (autorisation de trois ans, accès aux louvetiers, à la brigade loup et aux tirs de prélèvement, indemnisation au-delà de la deuxième attaque). Dans certains cas, des autorisations resteront nécessaires, et elles seront soumises à condition. C’est le cas des élevages de bovins et d’équins, qui devront – comme aujourd’hui – avoir mis en place « mesures de réduction de la vulnérabilité ». C’est aussi le cas des communes du front de colonisation (cercle 3), où les éleveurs devront au préalable réaliser des tirs d’effarouchement et produire « des éléments permettant d’apprécier la pression de prédation ». Dans tous les cas, après le tir, les éleveurs « informent immédiatement le préfet du département », déclenchant la vérification et la prise en charge du cadavre par l’OFB.