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Agrioccasions, les occasions agricoles
Virus de Schmallenberg

Menace sur les exportations en vif

Comme signalé dans notre dernière édition, la Russie bloque les importations de ruminants vivants et de
matériel génétique des cinq pays européens ayant annoncé avoir découvert
des cas de virus de Schmallenberg sur leur territoire. La France, le
Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas sont concernés.
Par Publié par Cédric Michelin
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La Russie a suspendu depuis le 1er février, et temporairement, ses importations de bovins et d’ovins vivants ainsi que de matériel génétique pour ces espèces (semences, embryons) en provenance d’Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, du Royaume-Uni et de France. Ces mesures de précaution prises en réponse à l’épizootie de Schmallenberg, ont donc été étendues au Royaume-Uni et à la France. Et le Kazakhstan a pris des mesures similaires : « 700 animaux commandés à la France » sont pour le moment bloqués car les convois d’animaux ne peuvent plus passer par la Russie, confirment les organisations professionnelles du pays. Une réunion s’est tenue à Moscou, le 6 février, pour entamer des discussions entre les services vétérinaires russes et ceux de l’Union européenne. En 2011, au cours des dix premiers mois de l’année les exportations de bovins vivants vers la Russie avaient atteint 26 millions d’euros pour les Pays-Bas, 15 millions d’euros pour l’Allemagne et 3 millions pour la France. Pour la Russie, coutumière de ce type de mesures, il sera néanmoins beaucoup plus difficile de mettre en place de telles restrictions une fois qu’elle aura officiellement intégré l’Organisation mondiale du commerce.

29 cas en France…



En France, selon le ministère de l’Agriculture, la dernière mise à jour du nombre de contaminations fait état de 29 élevages touchés. Au total, 10 départements français sont concernés, pour la plupart concentrés dans le nord du pays. En Allemagne, au 1er février, le nombre d’élevages contaminés est passé à 186 (contre une vingtaine lors de la précédente communication), selon l’institut Friedrich-loeffer, en charge de suivre l’épizootie.
Le virus de Schmallenberg appartient à la famille des orthobunyavirus. Ces virus « exotiques » sont connus en Asie, en Israël ou encore en Australie, mais n’avaient pas encore été détectés en Europe. Comme pour l’épizootie de fièvre aphteuse en 2008, le foyer se situe en Europe du nord.
Les services européens soupçonnent certains grands ports de cette région de constituer une porte d’entrée pour ce type de maladie émergente. L’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), qui a été chargée de mener une étude des risques liés à cette nouvelle maladie, a de nouveau rappelé que le virus n’est pas transmissible à l’Homme et qu’il n’est pas contagieux d’un animal à l’autre. Lors du dernier Conseil agricole à Bruxelles, le 23 janvier, la Commission européenne a annoncé qu’elle réfléchissait à débloquer des fonds destinés à des recherches dans le domaine pour apporter son soutien aux Etats membres touchés.

L’Anses travaille tous les jours avec ses homologues européens



« Depuis quelques années, les progrès scientifiques ont permis d’être plus réactif dans la lutte contre les maladies infectieuses », explique stéphan Zientara, directeur de l’unité de recherche mixte en virologie à l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire). De fait, l’émergence du virus schmallenberg est récente (les premiers symptômes ont été observés courant été-automne 2011) et pourtant les recherches ont déjà avancé. Le virus touche principalement les élevages ovins (92%) et minoritairement les élevages bovins (4%) et caprins (4%). Les symptômes sont la fièvre, la chute de production et les diarrhées. par ailleurs, « on ne connaît pas la proportion des animaux infectés qui donneront naissance à des animaux malformés mais cette proportion est probablement peu élevée », assure stéphan Zientara. De fait, l’infection d’une mère n’entraîne pas systématiquement la naissance d’un veau infecté. Concernant la détection des animaux infectés, il reste encore à faire, mais les recherches avancent. « Actuellement, il n’existe pas de test sérologique rapide, simple à utiliser et permettant de traiter de nombreux sérums. Un seul test sérologique pour détecter le virus existe. Mais il est lourd, coûteux et long ». La mise au point d’un test plus simple et rapide à utiliser à plus grande échelle est une des priorités pour les chercheurs.