Contractualisation laitière
« Nous voulons des contrats collectifs »
Alors que les contrats sont en négociation, les Jeunes agriculteurs plaident ouvertement pour la mise en place de contrats collectifs et non marchands gérés par des organisations de producteurs, avec des clauses spécifiques "Jeunes". Trois questions à Rachël Guiquerro, responsable du dossier Lait aux JA.
Après trois mois dans l’ère de la contractualisation, quel est votre sentiment ?
Rachël Guiquerro : pour l’instant, les contrats sont en négociation. Une négociation qui, je l’espère, aboutira rapidement. Les contrats que certains industriels ont proposés en avril étaient scandaleux avec des clauses qui menaient tout droit vers une privatisation totale de la gestion des volumes, des territoires et de l’installation ! Nous ne pouvions pas accepter ça, c’est pourquoi nous avons martelé notre attachement à des contrats collectifs et non marchands pour ne pas augmenter le coût de reprises des exploitations. Nous plaidons pour des clauses spécifiques "Jeunes" comme une durée adaptée au projet du jeune, un prix sécurisé, un accès au contrat facilité. Nous insistons sur le caractère collectif des contrats : les volumes qui leurs sont associés devront être gérés par les organisations de producteurs, en concertation avec les entreprises, pour favoriser le renouvellement des générations sur tous les territoires.
Qu’en est-il de la mise en place de la contractualisation dans le secteur coopératif ?
R. G. : depuis le 1er juillet, les coopératives doivent se mettre en conformité avec la loi de modernisation agricole, la LMA. A ce jour, nous avons très peu de visibilité sur les nouveaux statuts ou règlement intérieur et nous avons le sentiment que les modifications n’ont pas toujours été partagées avec les adhérents. C’est plus que dommage ; les coopératives auraient pu profiter de ces changements pour relancer une dynamique, une stratégie et un projet collectif avec des jeunes qui, souvent, ne se sentent pas impliqués.
On a plutôt l’impression que certaines coopératives ont plutôt fait le forcing pour faire valider le nouveau système de double volume/double prix. Un système qui en soit comporte des choses intéressantes pour des producteurs qui veulent profiter d’opportunités de marché, mais qui nous inquiète aussi car il y a de nombreuses incertitudes sur l’étanchéité entre les deux volumes et l’influence que peut avoir le prix B (beurre, poudre) sur le prix A… En termes de recherche de valeur ajoutée, les coopératives auraient pu trouver plus ambitieux et original... Nous pensons, qu’entre elles, les coopératives doivent trouver des synergies en matière d’investissement dans des outils de transformation ou dans des projets de commercialisation.
A l’horizon 2015/2020, comment les Jeunes agriculteurs voient-ils les choses ?
R. G. : il faut à tout prix que nous arrêtions « l’écrémeuse » à producteurs ! Un avenir avec des territoires désertés par la production laitière, nous n’en voulons pas ! Nous voulons maintenir le dynamisme de nos territoires ruraux et continuer à installer. Pour ça, il faut se battre pour construire des organisations de producteurs importantes à l’échelle de bassins de production. Ce n’est que par une logique collective que nous maintiendrons une politique laitière durable. L’échelon européen doit être renforcé avec la création d’une instance d’observation et de préconisation en matière de gestion des volumes dans le but d’éviter une concurrence destructrice pour les producteurs européens. La Pac devra être un outil plus efficace pour que nos exploitations gagnent en autonomie et en efficacité. Sur nos territoires nous devrons innover pour être acteurs de notre valeur ajoutée, en cohérence avec notre environnement. Pas question de nous lancer dans une course effrénée à la compétitivité sur les marchés internationaux face à nos collègues néo-zélandais : à ce jeu là, nous ne gagnerons à coup sûr pas !
Rachël Guiquerro : pour l’instant, les contrats sont en négociation. Une négociation qui, je l’espère, aboutira rapidement. Les contrats que certains industriels ont proposés en avril étaient scandaleux avec des clauses qui menaient tout droit vers une privatisation totale de la gestion des volumes, des territoires et de l’installation ! Nous ne pouvions pas accepter ça, c’est pourquoi nous avons martelé notre attachement à des contrats collectifs et non marchands pour ne pas augmenter le coût de reprises des exploitations. Nous plaidons pour des clauses spécifiques "Jeunes" comme une durée adaptée au projet du jeune, un prix sécurisé, un accès au contrat facilité. Nous insistons sur le caractère collectif des contrats : les volumes qui leurs sont associés devront être gérés par les organisations de producteurs, en concertation avec les entreprises, pour favoriser le renouvellement des générations sur tous les territoires.
Qu’en est-il de la mise en place de la contractualisation dans le secteur coopératif ?
R. G. : depuis le 1er juillet, les coopératives doivent se mettre en conformité avec la loi de modernisation agricole, la LMA. A ce jour, nous avons très peu de visibilité sur les nouveaux statuts ou règlement intérieur et nous avons le sentiment que les modifications n’ont pas toujours été partagées avec les adhérents. C’est plus que dommage ; les coopératives auraient pu profiter de ces changements pour relancer une dynamique, une stratégie et un projet collectif avec des jeunes qui, souvent, ne se sentent pas impliqués.
On a plutôt l’impression que certaines coopératives ont plutôt fait le forcing pour faire valider le nouveau système de double volume/double prix. Un système qui en soit comporte des choses intéressantes pour des producteurs qui veulent profiter d’opportunités de marché, mais qui nous inquiète aussi car il y a de nombreuses incertitudes sur l’étanchéité entre les deux volumes et l’influence que peut avoir le prix B (beurre, poudre) sur le prix A… En termes de recherche de valeur ajoutée, les coopératives auraient pu trouver plus ambitieux et original... Nous pensons, qu’entre elles, les coopératives doivent trouver des synergies en matière d’investissement dans des outils de transformation ou dans des projets de commercialisation.
A l’horizon 2015/2020, comment les Jeunes agriculteurs voient-ils les choses ?
R. G. : il faut à tout prix que nous arrêtions « l’écrémeuse » à producteurs ! Un avenir avec des territoires désertés par la production laitière, nous n’en voulons pas ! Nous voulons maintenir le dynamisme de nos territoires ruraux et continuer à installer. Pour ça, il faut se battre pour construire des organisations de producteurs importantes à l’échelle de bassins de production. Ce n’est que par une logique collective que nous maintiendrons une politique laitière durable. L’échelon européen doit être renforcé avec la création d’une instance d’observation et de préconisation en matière de gestion des volumes dans le but d’éviter une concurrence destructrice pour les producteurs européens. La Pac devra être un outil plus efficace pour que nos exploitations gagnent en autonomie et en efficacité. Sur nos territoires nous devrons innover pour être acteurs de notre valeur ajoutée, en cohérence avec notre environnement. Pas question de nous lancer dans une course effrénée à la compétitivité sur les marchés internationaux face à nos collègues néo-zélandais : à ce jeu là, nous ne gagnerons à coup sûr pas !