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Viande bovine et bovins vifs

Ouverture du marché méditerranéen

La France et les pays méditerranéens ont une volonté affichée de développer des partenariats commerciaux dans la filière bovine. Côté français, la stratégie d’exportation passe publiquement par la création du GIE export le 1er juin dernier à la demande de la FNB, n’attend plus que le feu vert du gouvernement pour se concrétiser. De l’autre côté, les barrières sanitaires se lèvent et les pouvoirs publics incitent à l’importation via des mesures administratives simplifiées et des subventions ciblées.
Par Publié par Cédric Michelin
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« Il y a un cadre d’exécution de la politique d’importation d’animaux vivants et de semences », affirme Abderrahman Benlekhal, le représentant marocain invité au Sommet de l’élevage qui s’est tenu à Clermont-Ferrand du 4 au 6 octobre 2011. Les pouvoirs publics marocains ont des objectifs chiffrés concernant l’importation des génisses laitières, des veaux d’engraissement et des semences. En Égypte, une volonté d’autonomie est affichée par le docteur Osama Mahmoud Ahmed Selim. « Le gouvernement veut améliorer les potentialités génétiques des races locales en priorité ». Mais les conditions climatiques sont difficiles pour l’élevage bovin : le gouvernement égyptien ne peut pas se passer des importations de bovins vifs et de viande congelée. L’idée d’ouvrir et de développer les marchés trans-méditerranéens semble mûrir. Reste à lever les barrières sanitaires et douanières pour que la machine puisse se mettre en marche.

Les barrières sanitaires se lèvent



« Dans l’Union Européenne, tout est harmonisé pour les importations. Mais pour l’export, chaque État membre peut négocier en bilatéral avec des pays tiers », explique Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la DGAL et chef des services vétérinaires lors de la conférence sur le GIE export qui se tenait le 6 octobre à Clermont-Ferrand. La France a une ligne de route concernant les négociations de certification sanitaire qui se font sur la base de missions dans les pays partenaires concernés. Il s’agit de redéployer des relations commerciales endommagées par les crises sanitaires successives dues à l’ESB. « Nous avons signé avant-hier un certificat sanitaire avec nos homologues turcs sur les animaux reproducteurs », précise Jean-Luc Angot. Avec l’Égypte, les négociations sont en cours pour obtenir des certificats sanitaires sur les bovins d’engraissement de moins de 20 mois et sur les bovins prêts à l’abattage de moins de 24 mois. Concernant l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, les négociations se poursuivent suite à la prophylaxie de la FCO. Les pouvoirs publics semblent optimistes : « Le dispositif de certification sanitaire français est réactif et beaucoup de pays sont ouverts. Les opportunités existent », insiste le chef des services vétérinaires français.

Des efforts restent à faire



Abderrahman Benlekhal explique que la politique de commerce extérieur est tournée vers les importations. « Les procédures administratives sont simplifiées pour les opérateurs de l’import et une subvention est octroyée aux éleveurs pour l’achat de génisses importées », rapporte-t-il. En
Tunisie, des mesures prises en faveur de l’importation d’aliments du bétail confirment la volonté des pouvoirs publics d’ouvrir les marchés de bovins d’engraissement. La TVA sur le maïs et le soja importés en Tunisie est passée de 18 % à 13 % avec la nouvelle loi des finances. « Elle est
encore élevée, mais cela va dans le sens d’une volonté d’engraisser des animaux sur notre territoire
», explique un représentant de la délégation tunisienne.
L’ouverture des marchés vers les pays du Maghreb est en bonne voie tant dans la volonté des pouvoirs publics que dans les aspects sanitaires et douaniers. Malgré tout, le président de l’interprofession de viandes rouges du Maroc, présent au Sommet, rappelle que « les Français devront être
compétitifs, car le retour des productions du Mercosur est probable et il constituera une concurrence sérieuse
».