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Agrioccasions, les occasions agricoles
Production bovine

Pas assez... ou trop ?

Contrairement aux conclusions hâtives qui pourraient être tirées de la hausse des cours de la viande bovine par rapport à l’an passé, la situation de revenu des éleveurs bovins viande demeure critique, et les perspectives de maintien de la production sont loin d’être assurées. C’est le constat établi par le conseil d’administration de la Fédération nationale bovine (FNB) réuni le 4 avril.
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Faute de rentabilité, le risque d’un désengagement supplémentaire se confirme, en cheptel allaitant comme en engraissement. Il est attesté par les données sur la décapitalisation, laquelle s’amplifie en vaches allaitantes (-142.000 têtes par rapport à l’an dernier en femelles races à viande de plus de 36 mois, -44.000 têtes en femelles de 24 à 36 mois). En bovins mâles, la tendance est la même avec -4 à -7 % de bovins présents sur les exploitations.
Les éleveurs sont de nouveau pris en étau entre des coûts de production en hausse continue comme en atteste l'évolution de l'indice Ipampa : il affiche une hausse de +8,5 % sur un an et de +37 % par rapport à sa référence 2005. De plus, les stocks fourragers sont au plus bas dans la majorité des régions d'élevage, et les prix à la production sont en chute brutale pour les jeunes bovins, sous la pression des abatteurs.

Une politique de prix lisible s'impose


La FNB demande impérativement de la part des abatteurs une politique de prix lisible dans la durée pour les éleveurs. Or aujourd’hui, tout semble fait par les entreprises pour démotiver les producteurs. Après des plaintes à n’en plus finir des abatteurs sur des volumes de production « insuffisants » et la « mise en péril » de l’aval, les mêmes expliquent actuellement qu’il y a trop d’offres par rapport à la demande, et que les cours doivent baisser... ! Tout cela sans jamais se préoccuper des coûts de production réels des éleveurs.
La conséquence première d’une rupture de confiance chez les éleveurs sera de renforcer la décapitalisation, en raison d’un manque de trésorerie et d’une démotivation à ce métier. Le prélude d'une profonde crise au sein de la filière...