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Agrioccasions, les occasions agricoles
Charollais Viandes, Gecsel, Intermarché

Pionniers des circuits courts !

Depuis quinze ans, dix-neuf magasins de l’enseigne Intermarché du département s’approvisionnent en animaux charolais élevés et abattus en Saône-et-Loire. Une initiative visionnaire avant l’heure que l’on doit à un partenariat entre les responsables locaux des Intermarché, ceux de Charollais Viandes et de Gecsel.
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La démarche a vu le jour en 1996 en pleine crise de l'ESB. Plusieurs responsables de magasins de l'enseigne Intermarché du département de Saône-et-Loire ont alors fait part de leur souhait d’acheter davantage de bêtes localement. Une initiative qui dérogeait un peu à la politique nationale de l’enseigne dont l’approvisionnement en viandes est habituellement assuré par l’unique abattoir industriel détenu par le groupe, à savoir SVA à Vitré en Bretagne. Mais les patrons d’hypermarchés saône-et-loiriens –à la tête desquels on comptait Jean Guilloux, ancien responsable professionnel– ont insisté auprès de SVA pour défendre leur idée de créer un circuit local. Pour ce faire, ils se sont tournés vers Charollais Viandes, filiale de Gecsel et cheville de l’abattoir de Paray-le-Monial. Mis en place dès 1996, ce partenariat perdure encore aujourd’hui.

Entre 25 et 50 bêtes par semaine


Le groupement Gecsel fournit les animaux. Charollais Viandes les fait tuer et découper à l’abattoir de Paray, puis livre la viande aux dix-neuf magasins de l'enseigne Intermarché, partenaires dans le département. Au total, cette filière absorbe environ 50 tonnes de viande charolaise par mois, avec une moyenne de 25 bêtes par semaine. Ce sont des animaux de qualité puisque la conformation requise serait R+ minimum. Une qualité grâce à laquelle les responsables de magasin confient fidéliser leur clientèle. Adhérant à cette filière depuis quinze ans, ces derniers semblent en effet très attachés à cet approvisionnement local, leurs rayons boucherie faisant la part belle à cette viande charolaise du cru.

Relocalisation


Avec des animaux élevés, engraissés et collectés dans le grand Charollais, un abattage à Paray-le-Monial et des points de vente à Autun, Charolles, Saint-Martin-Belle-Roche, Varennes-sous-Dun, Cluny ou encore Montceau-les-Mines, on est en présence d’un véritable circuit court, nul ne peut le nier. Cette filière a d’ailleurs été l’une des toutes premières du genre, alors en avance sur son temps. A l’heure où le "local" revient à la mode, il convient de rendre hommage à cette initiative visionnaire. Une relocalisation qui se double aussi d’une demande croissante de qualité, comme en témoignent l’engouement de nombreux points de vente pour les label, AOC et autre bio. Parallèlement, on apprend que SVA se rapproche de l’abattoir d’Autun pour y faire tuer 25 bêtes par semaine achetées localement. Un mouvement qui montre que face à l’explosion des coûts de transports, même les plus gros industriels reviennent au bon sens.

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