Laurent Duriau à Lucenay-L’Evêque
Plein air et MAE pour valoriser les prairies sèches
Pour valoriser ces terres pauvres et séchantes du Morvan, Laurent Duriau a développé la conduite en plein air intégral. En optant pour une race rustique, et en bénéficiant des MAE attribuées par le Parc du Morvan, l’éleveur parvient à pérenniser un système bâti sur des pâtures peu productives.
Laurent Duriau exploite 170 hectares sur Lucenay-L’Evêque et les communes environnantes. Les 110 hectares qui entourent la ferme familiale sont pour la plupart des terrains granitiques, séchants et peu productifs. Des parcelles typiques de cette zone Est du Morvan avec un relief accidenté et une altitude dépassant 500 mètres. Sur ces terrains pauvres, Laurent Duriau élève des bovins allaitants ainsi que des ovins - 90 brebis - qui permettent traditionnellement de valoriser ces "montagnes".
Depuis 2005, l’éleveur a introduit la race salers dans son cheptel bovin. Un choix qui répondait bien à la problématique de l’exploitation. En effet, alors que le parc bâtiment s’avérait vieillissant, les terrains peu productifs cités plus haut réunissaient toutes les qualités pour accueillir des animaux conduits en plein air. Et avec leurs aptitudes d’élevage, les salers étaient les mieux placées pour le plein air intégral. L’exploitation compte aujourd’hui 30 femelles salers pour 50 charolaises.
Des salers en plein air intégral
Désormais, 70 % du troupeau allaitant passent l’hiver dehors. Seules les vaches charolaises vêlent à l’abri, mais dès que les veaux sont en état de sortir, les "blanches" suitées rejoignent les autres mères et les jeunesses dans les parcelles d’hivernage. Ces terrains disposent d’abris naturels créés par le relief et les lisières de bois. Ils sont également équipés d’abris en dur paillés. « Très maternelles, les salers ont tendance à s’isoler pour vêler. Mais dès que le vêlage a eu lieu, elles redeviennent dociles et rejoignent les abris », confie Laurent. Pour ce dernier, la conduite des salers est nettement moins prenante que celle des charolaises. Beaucoup plus rustiques, elles demandent nettement moins de soins vétérinaires (vaccination, traitements…) et les vêlages se font à 100 % sans aucune assistance ! A cela, il faut ajouter l’économie de paille générée par le plein air.
Pour ce qui est des produits, en race pure, les femelles salers se valorisent très bien « car il y a une grosse demande en animaux d’élevage », constate Laurent. Quant aux mâles, « les broutards de race pure valent 0,15 à 0,30 € de moins du kilo que des Charolais, mais grâce à la production laitière des mères, on n’a pas besoin de les complémenter », indique l’éleveur. Au final, Laurent estime dégager « une marge brute correcte » grâce aux salers. En plus, l’éleveur utilise ses taureaux acajou sur ses génisses charolaises pour limiter les problèmes de vêlage. A l’inverse, il fait saillir des salers avec ses taureaux blancs pour faire naitre des produits croisés. Ces derniers étant assez prisés par les acheteurs.
Une aide pour les prairies sèches
Grâce au Parc naturel régional du Morvan, les terrains pauvres et séchants de l’exploitation trouvent une valorisation supplémentaire. En effet, depuis trois ans, Laurent bénéficie d’une "Mesure agro-environnementale (MAE) pour 35 ha de "prairies sèches". Un précieux coup de pouce qui récompense les efforts consentis par l’éleveur pour contenir l’enfrichement de ces parcelles. Ces prairies sèches demandent en effet beaucoup d’entretien - 80 ha sont "gyrobroyés" tous les ans pour détruire les ronces. En période de pâturage, elles ne peuvent accueillir que les moutons et si elles sont susceptibles de donner un « bon foin de montagne », la marchandise est tout de même rare. Seules les prairies "de plaine" - qui sont venues agrandir l’exploitation au fil des années - permettent aujourd’hui de constituer les stocks fourragers de l’exploitation et de supporter le pâturage des lots de vaches à la belle saison. 60 hectares de foins et d’enrubannage sont nécessaires chaque année. « On est obligé de porter à manger aux animaux presque six mois dans l’année et, en plein air, la consommation en libre-service peut passer du simple au double selon les conditions météo », fait remarquer Laurent.
Récompensé pour la biodiversité
La MAE Prairies sèches impose le respect d’un certain nombre de règles en matière d’épandage, de traitement et d’enregistrement des pratiques... Des contraintes à visées environnementales qui, moyennant une compensation économique significative (182 €/ha), sont acceptées par les éleveurs du secteur. L’an dernier, les parcs régionaux organisaient à l’échelle nationale un concours de prairies fleuries ouverts aux agriculteurs concernés par ces MAE. Pour sa part, Laurent Duriau a reçu un "Prix spécial biodiversité" pour l’une de ses parcelles. Lors d’une visite réalisée par des techniciens du parc, près de 80 espèces différentes de fleurs y avaient été recensées ! Sans l’entretien régulier réalisé depuis des années par la famille Duriau, cette parcelle - envahie par une friche de ronces et de genêts - n’aurait jamais offert cette richesse aujourd’hui…
Depuis 2005, l’éleveur a introduit la race salers dans son cheptel bovin. Un choix qui répondait bien à la problématique de l’exploitation. En effet, alors que le parc bâtiment s’avérait vieillissant, les terrains peu productifs cités plus haut réunissaient toutes les qualités pour accueillir des animaux conduits en plein air. Et avec leurs aptitudes d’élevage, les salers étaient les mieux placées pour le plein air intégral. L’exploitation compte aujourd’hui 30 femelles salers pour 50 charolaises.
Des salers en plein air intégral
Désormais, 70 % du troupeau allaitant passent l’hiver dehors. Seules les vaches charolaises vêlent à l’abri, mais dès que les veaux sont en état de sortir, les "blanches" suitées rejoignent les autres mères et les jeunesses dans les parcelles d’hivernage. Ces terrains disposent d’abris naturels créés par le relief et les lisières de bois. Ils sont également équipés d’abris en dur paillés. « Très maternelles, les salers ont tendance à s’isoler pour vêler. Mais dès que le vêlage a eu lieu, elles redeviennent dociles et rejoignent les abris », confie Laurent. Pour ce dernier, la conduite des salers est nettement moins prenante que celle des charolaises. Beaucoup plus rustiques, elles demandent nettement moins de soins vétérinaires (vaccination, traitements…) et les vêlages se font à 100 % sans aucune assistance ! A cela, il faut ajouter l’économie de paille générée par le plein air.
Pour ce qui est des produits, en race pure, les femelles salers se valorisent très bien « car il y a une grosse demande en animaux d’élevage », constate Laurent. Quant aux mâles, « les broutards de race pure valent 0,15 à 0,30 € de moins du kilo que des Charolais, mais grâce à la production laitière des mères, on n’a pas besoin de les complémenter », indique l’éleveur. Au final, Laurent estime dégager « une marge brute correcte » grâce aux salers. En plus, l’éleveur utilise ses taureaux acajou sur ses génisses charolaises pour limiter les problèmes de vêlage. A l’inverse, il fait saillir des salers avec ses taureaux blancs pour faire naitre des produits croisés. Ces derniers étant assez prisés par les acheteurs.
Une aide pour les prairies sèches
Grâce au Parc naturel régional du Morvan, les terrains pauvres et séchants de l’exploitation trouvent une valorisation supplémentaire. En effet, depuis trois ans, Laurent bénéficie d’une "Mesure agro-environnementale (MAE) pour 35 ha de "prairies sèches". Un précieux coup de pouce qui récompense les efforts consentis par l’éleveur pour contenir l’enfrichement de ces parcelles. Ces prairies sèches demandent en effet beaucoup d’entretien - 80 ha sont "gyrobroyés" tous les ans pour détruire les ronces. En période de pâturage, elles ne peuvent accueillir que les moutons et si elles sont susceptibles de donner un « bon foin de montagne », la marchandise est tout de même rare. Seules les prairies "de plaine" - qui sont venues agrandir l’exploitation au fil des années - permettent aujourd’hui de constituer les stocks fourragers de l’exploitation et de supporter le pâturage des lots de vaches à la belle saison. 60 hectares de foins et d’enrubannage sont nécessaires chaque année. « On est obligé de porter à manger aux animaux presque six mois dans l’année et, en plein air, la consommation en libre-service peut passer du simple au double selon les conditions météo », fait remarquer Laurent.
Récompensé pour la biodiversité
La MAE Prairies sèches impose le respect d’un certain nombre de règles en matière d’épandage, de traitement et d’enregistrement des pratiques... Des contraintes à visées environnementales qui, moyennant une compensation économique significative (182 €/ha), sont acceptées par les éleveurs du secteur. L’an dernier, les parcs régionaux organisaient à l’échelle nationale un concours de prairies fleuries ouverts aux agriculteurs concernés par ces MAE. Pour sa part, Laurent Duriau a reçu un "Prix spécial biodiversité" pour l’une de ses parcelles. Lors d’une visite réalisée par des techniciens du parc, près de 80 espèces différentes de fleurs y avaient été recensées ! Sans l’entretien régulier réalisé depuis des années par la famille Duriau, cette parcelle - envahie par une friche de ronces et de genêts - n’aurait jamais offert cette richesse aujourd’hui…