Gaec du Quart du Bois
Produire beaucoup de lait à moindre coût
Dans la Bresse chalonnaise, le Gaec du Quart du Bois met tout en œuvre pour produire du lait à moindre coût. Pour cela, les associés ont conservé le libre-service pour l’ensilage et ils utilisent un Dac pour gérer la distribution d’une complémentation “maison”. Résultat : un coût de ration moyen contenu à 103 €/1.000 litres de lait produit.
Sylvain Thiébaud et Frédéric Beaudet sont à la tête d’une exploitation laitière de 159 hectares située à Lans à l’est de l’agglomération chalonnaise. Le Gaec dispose d’un quota de 603.000 litres de lait produits par 75 montbéliardes. Les surfaces sont utilisées pour moitié pour les cultures (principalement maïs, blé ainsi que colza et orge). Le reste de l’exploitation est couvert de pairies temporaires (ray-grass anglais + trèfle sur 58 ha) et de prairies permanentes (21 ha).
La spécialisation de l’exploitation dans la production laitière remonte à l’arrivée de la famille Beaudet en 1968. Dès 1970, les parents de Frédéric construisaient une salle de traite ainsi qu’une stabulation et des silos à ensilage conçus pour une alimentation en libre-service. Le procédé a été conservé jusqu’à aujourd’hui. Lorsque Frédéric s’est installé auprès de son père en 1985, un distributeur automatique de concentrés (Dac) a été ajouté. En 1995, un nouveau Gaec était créé avec l’arrivée de Sylvain en remplacement du père de Frédéric parti en retraite. Les associés en ont profité pour accomplir la mise aux normes du parc bâtiments et pour améliorer l’existant (décrochage automatique, agrandissement de la fosse à lisier et des silos à maïs, stockage…). La question de l’abandon du libre-service a alors été soulevée. Mais finalement, Frédéric et Sylvain ont préféré conserver la structure telle qu’elle était et ne pas avoir à entreprendre de trop importants investissements.
Plus de 9.000 kg de moyenne en libre-service
Depuis l’installation de Frédéric, l’augmentation de quota s’est faite régulièrement. Si le nombre de vaches a certes évolué, le Gaec a surtout joué sur le niveau de production par vache pour limiter l’accroissement du troupeau. La moyenne de production est aujourd’hui très élevée : 9.200 kg/vache/an. Il faut dire aussi que le niveau génétique du cheptel est un des meilleurs du département : 124 en ISU moyen, ce qui le classe parmi les cents meilleurs troupeaux de la race. En dépit de ce haut niveau de productivité, la conduite alimentaire du troupeau du Gaec du Quart du Bois repose finalement sur une technique relativement simple à mettre en œuvre : le libre-service. L’exploitation dispose de trois silos couloir de chacun 37 mètres de longueur. Deux sont remplis d’ensilage de maïs et le troisième reçoit une première couche d’herbe en automne, recouverte d’une seconde couche de maïs au printemps. En hiver, les vaches ont accès au silo mélangé et à l’un des deux silos de maïs. Cela équivaut à une ration de base faite pour trois quarts de maïs et un quart d’herbe. Les laitières ont également accès à du foin à volonté, le tout complété par le Dac.
Ajustement vache par vache grâce au Dac
Le Gaec suit la consommation des vaches laitières jour après jour et vache par vache. Pour connaitre la consommation moyenne en fourrage humide, les associés calculent l’effectif moyen de laitières présentes durant le mois et réalisent un cubage mensuel du silo. Pour cela, il suffit de mesurer l’avancement du front d’attaque. Grâce au Dac, les associés sont en mesure d’ajuster la consommation de concentré vache par vache, en fonction du niveau de production du moment. Tous les mois, au lendemain de la pesée, le technicien de Conseil élevage 71 vient réactualiser les rations. Durant le mois, Sylvain ajuste la quantité de concentré au niveau de production de chaque vache. Si certaines d’entre-elles arrivent en fin de lactation avant les autres, l’éleveur peut leur supprimer le concentré plus tôt ; ajustement qui ne serait pas possible avec une distribution collective à l’auge, fait remarquer Sylvain. Une précaution qui évite à ces vaches de prendre trop d’état et de compromettre leur prochaine mise bas.
Seulement 175 g de concentrés par kilo de lait
Grâce au Dac, le Gaec réalise des économies de concentré. La consommation moyenne de l’élevage est de 175 grammes par kilo de lait produit ; une performance au regard du niveau de production, commente Jérôme Bonin, le technicien Conseil élevage. Seul le correcteur azoté est acheté (50 % soja, 50 % colza). Les associés préparent eux-mêmes leur concentré en incorporant à hauteur de 56 %, de l’orge produite sur l’exploitation. Orge et tourteau sont passés dans un broyeur-mélangeur. La fabrication est quasi-quotidienne, de même que l’approvisionnement du Dac. Au final, les laitières du Gaec reçoivent un mélange à 20 % de protéines distribué à raison d’un kilo d’aliment pour trois kilos de lait produits, indique Jérôme Bonin. Sur les douze derniers mois, le coût de ration moyen du troupeau était de 103 €/1.000 litres de lait produits. C’est 17 € de moins que la moyenne départementale, sachant que l’écart peut aller de 95 à 150 €, fait remarquer Jérôme Bonin. Autre motif d’économie, le Gaec nourrit les jeunes veaux avec du lait entier fourni par le troupeau. Un gain en autonomie qui s’accompagne aussi d’une excellente valorisation des veaux. En 2010, ces derniers ont été payés 200 € en moyenne.
Pâturage et fauche précoce
Au Gaec du Quart du Bois, la maîtrise du coût alimentaire résulte aussi d’une optimisation des surfaces fourragères. Le pâturage peut couvrir jusqu’à la moitié de la ration en pleine pousse. Depuis quelques années, Frédéric et Sylvain ont avancé la date de la première coupe d’herbe au printemps pour un ensilage de meilleure qualité. La fauche intervient au plus tard la première semaine de mai. Une nécessité d’autant plus forte en libre-service ; « l’ensilage d’herbe ne doit en aucun cas être loupé. Au moindre mauvais goût du fourrage, les vaches ne le mangent pas », indiquent Frédéric et Sylvain. S’il dispense de l’achat d’une mélangeuse, le libre-service a tout de même quelques inconvénients. Les deux associés signalent que le système génère un peu plus de surface à racler et qu’il faut disposer d’une fosse à lisier plus grande. Les refus au silo doivent être repris pour être distribués aux génisses.
La spécialisation de l’exploitation dans la production laitière remonte à l’arrivée de la famille Beaudet en 1968. Dès 1970, les parents de Frédéric construisaient une salle de traite ainsi qu’une stabulation et des silos à ensilage conçus pour une alimentation en libre-service. Le procédé a été conservé jusqu’à aujourd’hui. Lorsque Frédéric s’est installé auprès de son père en 1985, un distributeur automatique de concentrés (Dac) a été ajouté. En 1995, un nouveau Gaec était créé avec l’arrivée de Sylvain en remplacement du père de Frédéric parti en retraite. Les associés en ont profité pour accomplir la mise aux normes du parc bâtiments et pour améliorer l’existant (décrochage automatique, agrandissement de la fosse à lisier et des silos à maïs, stockage…). La question de l’abandon du libre-service a alors été soulevée. Mais finalement, Frédéric et Sylvain ont préféré conserver la structure telle qu’elle était et ne pas avoir à entreprendre de trop importants investissements.
Plus de 9.000 kg de moyenne en libre-service
Depuis l’installation de Frédéric, l’augmentation de quota s’est faite régulièrement. Si le nombre de vaches a certes évolué, le Gaec a surtout joué sur le niveau de production par vache pour limiter l’accroissement du troupeau. La moyenne de production est aujourd’hui très élevée : 9.200 kg/vache/an. Il faut dire aussi que le niveau génétique du cheptel est un des meilleurs du département : 124 en ISU moyen, ce qui le classe parmi les cents meilleurs troupeaux de la race. En dépit de ce haut niveau de productivité, la conduite alimentaire du troupeau du Gaec du Quart du Bois repose finalement sur une technique relativement simple à mettre en œuvre : le libre-service. L’exploitation dispose de trois silos couloir de chacun 37 mètres de longueur. Deux sont remplis d’ensilage de maïs et le troisième reçoit une première couche d’herbe en automne, recouverte d’une seconde couche de maïs au printemps. En hiver, les vaches ont accès au silo mélangé et à l’un des deux silos de maïs. Cela équivaut à une ration de base faite pour trois quarts de maïs et un quart d’herbe. Les laitières ont également accès à du foin à volonté, le tout complété par le Dac.
Ajustement vache par vache grâce au Dac
Le Gaec suit la consommation des vaches laitières jour après jour et vache par vache. Pour connaitre la consommation moyenne en fourrage humide, les associés calculent l’effectif moyen de laitières présentes durant le mois et réalisent un cubage mensuel du silo. Pour cela, il suffit de mesurer l’avancement du front d’attaque. Grâce au Dac, les associés sont en mesure d’ajuster la consommation de concentré vache par vache, en fonction du niveau de production du moment. Tous les mois, au lendemain de la pesée, le technicien de Conseil élevage 71 vient réactualiser les rations. Durant le mois, Sylvain ajuste la quantité de concentré au niveau de production de chaque vache. Si certaines d’entre-elles arrivent en fin de lactation avant les autres, l’éleveur peut leur supprimer le concentré plus tôt ; ajustement qui ne serait pas possible avec une distribution collective à l’auge, fait remarquer Sylvain. Une précaution qui évite à ces vaches de prendre trop d’état et de compromettre leur prochaine mise bas.
Seulement 175 g de concentrés par kilo de lait
Grâce au Dac, le Gaec réalise des économies de concentré. La consommation moyenne de l’élevage est de 175 grammes par kilo de lait produit ; une performance au regard du niveau de production, commente Jérôme Bonin, le technicien Conseil élevage. Seul le correcteur azoté est acheté (50 % soja, 50 % colza). Les associés préparent eux-mêmes leur concentré en incorporant à hauteur de 56 %, de l’orge produite sur l’exploitation. Orge et tourteau sont passés dans un broyeur-mélangeur. La fabrication est quasi-quotidienne, de même que l’approvisionnement du Dac. Au final, les laitières du Gaec reçoivent un mélange à 20 % de protéines distribué à raison d’un kilo d’aliment pour trois kilos de lait produits, indique Jérôme Bonin. Sur les douze derniers mois, le coût de ration moyen du troupeau était de 103 €/1.000 litres de lait produits. C’est 17 € de moins que la moyenne départementale, sachant que l’écart peut aller de 95 à 150 €, fait remarquer Jérôme Bonin. Autre motif d’économie, le Gaec nourrit les jeunes veaux avec du lait entier fourni par le troupeau. Un gain en autonomie qui s’accompagne aussi d’une excellente valorisation des veaux. En 2010, ces derniers ont été payés 200 € en moyenne.
Pâturage et fauche précoce
Au Gaec du Quart du Bois, la maîtrise du coût alimentaire résulte aussi d’une optimisation des surfaces fourragères. Le pâturage peut couvrir jusqu’à la moitié de la ration en pleine pousse. Depuis quelques années, Frédéric et Sylvain ont avancé la date de la première coupe d’herbe au printemps pour un ensilage de meilleure qualité. La fauche intervient au plus tard la première semaine de mai. Une nécessité d’autant plus forte en libre-service ; « l’ensilage d’herbe ne doit en aucun cas être loupé. Au moindre mauvais goût du fourrage, les vaches ne le mangent pas », indiquent Frédéric et Sylvain. S’il dispense de l’achat d’une mélangeuse, le libre-service a tout de même quelques inconvénients. Les deux associés signalent que le système génère un peu plus de surface à racler et qu’il faut disposer d’une fosse à lisier plus grande. Les refus au silo doivent être repris pour être distribués aux génisses.