Développement exceptionnel des colzas à l’automne
Prudence sur l’azote
La douceur de fin d’année a permis aux colzas de se développer fortement. Les pesées de décembre atteignaient fréquemment 2 kg, voire 2,5 kg, de matière verte par m² ce qui signifie que ces colzas ont d’ores et déjà absorbé plus de 140 unités d’azote. Le complément d’azote à apporter
ce printemps sera donc plus faible que la normale.
ce printemps sera donc plus faible que la normale.
Comment estimer l’azote déjà absorbé ?
Les années à végétation exubérante, il est conseillé de faire une première pesée de matière verte à l’automne et une seconde en sortie d’hiver, lors de la reprise de végétation. En effet, les feuilles qui disparaissent en hiver contiennent de l’azote qui sera pour moitié disponible dès le printemps suivant. La moyenne de ces deux pesées permet alors de calculer l’azote déjà absorbé :
Azote déjà absorbé (u/ha) = poids frais (kg/m²) x 70
Les pesées réalisées en ce début février montrent des colzas encore lourds, au-delà des 2 kg de matière verte/ha. Les feuilles les plus développées, qui ont disparu, ne représentent finalement que peu de poids donc peu d’azote absorbé.
Quel complément d’azote minéral au printemps ?
Selon le développement des colzas à l’automne, les doses totales d’azote à apporter au printemps pour un objectif de rendement supérieur à 40 qx/ha sont les suivantes :
Pour un objectif de rendement de 35 qx/ha, ces doses seront diminuées de 30 unités.
Ce calcul de dose est disponible en ligne sur le site www.cetiom.fr.
Comment fractionner ?
Pour limiter le risque de gel sur des colzas fort développés, le 1er apport devra rester modeste (30 à 40 uN/ha) s’il a lieu courant février. En effet, un apport précoce trop important accélérerait la montaison et rendrait les pieds de colza d’autant plus sensibles aux aléas climatiques.
Le 1er apport est réalisé à la reprise de végétation, le 2e au stade “boutons accolés”.
Si la dose totale à apporter est inférieure à 80 unités, l’apport peut se faire en une seule fois.
Attention aux parcelles en zone vulnérable
Le fractionnement est obligatoire (sauf si la dose totale à apporter est inférieure à 60 uN/ha). De plus le 1er apport azoté ne doit pas dépasser 80 uN/ha.
Martine Despréaux-Robelin,
conseiller d'entreprise