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Agrioccasions, les occasions agricoles
Hervé Garnier

Quand la passion vous tient ! 

Passionné par l’élevage et le mouton charollais, Hervé Garnier a pratiquement toujours été éleveur en plus de son emploi dans l’industrie. En dépit d’une interruption de quelques années, ce quinquagénaire s’est remis à la sélection en 2008. Cette année, aidé de son épouse Marie-Claude, il participera pour la seconde fois au concours général de la race à Paris.
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Depuis quelques années, Hervé Garnier fait partie des "nouveaux venus" dans le milieu des concours de moutons charollais. Ce quinquagénaire n’en est pourtant pas à ses débuts dans la production ovine. Ces premières agnelles avaient été acquises en 84-85, lorsqu’il s’était installé une première fois à Chenôves, en plein vignoble de la côte chalonnaise. En 1997, il passait à la vitesse supérieure en se construisant une magnifique bergerie. En 2003, après être devenu entre temps vice-président de la Cooprovosel et administrateur de l’Upra Mouton Charollais, son cheptel atteignait 300 brebis, un tiers en sélection charollaise et le reste en production de viande. Un élevage rondement mené, avec de bonnes performances techniques, mais qui allait entièrement être vendu au motif d’une mutation professionnelle !

Patron le jour, paysan la nuit !


Car bien que petit-fils d’éleveur et viscéralement passionné par l’élevage, Hervé a toujours été double actif professionnel. Salarié du secteur industriel en plus de son activité d’élevage, son métier l’a conduit à gravir les échelons un à un, jusqu’à ce qu’il devienne patron de site industriel, encadrant aujourd’hui 400 salariés ! Une ascension professionnelle qui a nécessité de succomber à la mobilité. Durant une dizaine d’années, Hervé a quitté la Saône-et-Loire pour travailler à Metz, puis à Tours. Une période où sa passion du mouton a du être progressivement mise en sommeil, jusqu’à ce qu’il retrouve une place à la tête d’une usine chalonnaise.

Nouveau départ


En 2008, de retour dans sa région natale, le patron-paysan s’est remis au mouton. Cette fois, Hervé choisissait de privilégier la sélection. 25 agnelles étaient achetées. Des reproductrices provenant des élevages Chaponneau, Cognard et du Gaec Lally. Aujourd’hui, le troupeau compte 70 femelles inscrites. « J’ai eu beaucoup de chance dans mes achats. Les éleveurs auprès desquels je me suis fourni m’ont vendu de très bons animaux. Les premiers agneaux ont été bons. Cette année, j’ai proposé six animaux pour Paris et ils ont tous été pris ! », confie Hervé. Dans le lot figurent trois béliers. Le premier, provenant de l’élevage Coureault, était deuxième à Palinges l’été dernier et prix de championnat à Cournon quelques mois plus tard. Le second, d’une origine Berland, a été classé troisième à Paris et second à Palinges l’an dernier. En agnelles, Hervé a obtenu des deuxièmes prix à Palinges et Cournon. Des débuts très encourageants que l’élevage doit aussi à de très bons choix de béliers. « On essaie de dégotter des souches nouvelles. Chaque année, je fais en sorte de trouver un nouvel agneau pour faire les concours ». L’achat des reproducteurs est un acte très délicat : « entre le moment où l’on repère un agneau début mai et la mise à la lutte, il peut y avoir des déceptions ! », confie Hervé.

En famille


Lundi prochain, l’élevage de la côte chalonnaise participera pour la deuxième fois au concours général. Avant 2003, Hervé ne fréquentait pratiquement pas les concours. « Avec 300 brebis et un travail à côté, ce n’était pas possible », confie le double actif. Aujourd’hui, la troupe est plus petite et Marie-Claude, l’épouse d’Hervé, a laissé son activité d’infirmière. Très investie elle aussi dans l’élevage, c’est elle qui s’occupe des moutons en l’absence d’Hervé. C’est d’ailleurs elle qui séjournera à Paris pour bichonner les animaux et donner un coup de main à l’équipe de l’OS Mouton Charollais.
« Les concours, c’est beaucoup de travail ! A Palinges, l’an dernier, nous avions une vingtaine d’animaux à préparer ! », explique Hervé. Une semaine avant le départ pour la capitale, le couple à lavé ses animaux et « fait la laine » : une bonne journée de travail et cela en pleine saison d’agnelages ! Mais cette activité d’élevage offre aussi de bons moments en famille. Les petits-enfants de Marie-Claude et d'Hervé sont toujours ravis de donner le biberon aux agneaux. Et lorsque le couple montera au salon de l’agriculture, leurs enfants expatriés en région parisienne seront très fiers de leur rendre visite.
D’ici quelques années, Hervé prendra sa retraite de cadre d’entreprise. D’ores et déjà, ce boulimique de travail prévoit de se consacrer complètement à son élevage. Une passion tellement tenace qu’elle finit toujours par rattraper son homme !