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Blé

Record attendu des exportations vers les pays tiers

FranceAgriMer estime que les exportations françaises de blé tendre vers
les pays tiers, et en particulier le Maghreb, devraient atteindre un
record cette année, à 13,2 Mt. La récolte 2011 va en revanche reculer
en raison de la sécheresse printanière.
Par Publié par Cédric Michelin
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Une fois encore, le Conseil spécialisé « céréales » de FranceAgriMer, réuni le 8 juin, a procédé à une hausse de ses prévisions d’exportations de blé tendre vers les pays tiers, les portant à 13,2 millions de tonnes (Mt), soit 400.000 t de plus qu’annoncé en mai dernier. 12,5 Mt étaient déjà chargées au 1er juin, les principales destinations étant l’Algérie, l’Egypte et le Maroc.

Malgré le relèvement important des exportations, l’estimation de stock de report n’a été diminuée que de 60.000 t, à 2,12 Mt, en raison d’une réduction des incorporations dans l’alimentation animale (4,3 Mt contre 4,4), d’une hausse des importations de 100.000 t, à 850.000 t, et d’une baisse de 75.000 t des exportations vers l’UE, à 6,4 Mt.

Le stock de report de blé dur sera, lui, très mince (64.000 t), les exportations vers les pays tiers ayant été revues en hausse de 150.000 t, à 1,3 Mt. L’estimation du stock de report d’orge est légèrement augmentée de 60.000 t, à 1,69 Mt, compte tenu d’une révision à la baisse des exportations vers les pays tiers de 50.000 t, à 1,35 Mt. En revanche, les ventes à l’Union sont augmentées de 25.000 t, à 4,35 Mt. Les incorporations dans l’alimentation animale sont, elles, maintenues à 2 Mt.

Vers une petite moisson



Concernant le maïs, les utilisations par l’amidonnerie sont en hausse de 90.000 t, à 2,15 Mt, et les incorporations dans l’alimentation animale sont maintenues à 3,5 Mt. Les exportations de maïs vers l’UE ont été augmentées de 75.000 t, portées à 4,92 Mt, le plus bas résultat de ces cinq dernières campagnes. Le maïs français a été fortement concurrencé sur le marché européen par les importations en provenance des pays tiers (plus de 6 Mt). En revanche, les importations sont maintenues à 500.000 t. Le stock de report de maïs est révisé en baisse de 110.000 t, à 2,68 Mt, mais demeure le plus haut de ces cinq dernières campagnes.

Par ailleurs, le Conseil « céréales » a procédé à une plausible estimation de production de céréales à paille et à ses éventuelles retombées sur les marchés. Il ne s’agit pas d’une prévision officielle mais seulement d’un calcul effectué à partir des trois dernières grandes années de sécheresse (1954, 1976 et 2003) et rapporté à la dernière moyenne quinquennale. Le résultat se traduirait par une baisse de 15 % par rapport à cette moyenne, mais Rémi Haquin, président du Conseil « céréales », n’exclut pas jusqu’à une baisse de 20 %. On reste donc dans un climat de grande incertitude. Les pluies de ces derniers jours devraient limiter les dégâts causés par la sécheresse, surtout dans les terres légères. Ce qui est certain : on se dirige vers une petite moisson d’une grande hétérogénéité.

Retour de la Russie



Le calcul de FranceAgriMer laisse envisager une récolte de blé tendre de 31 Mt (35,6 en 2010), pour une collecte commerciale de 28,5 Mt. La moitié de cette collecte irait aux besoins du marché intérieur et l’autre moitié à l’exportation, partagée en parts quasi égales entre l’UE et les pays tiers. L’exportation vers les pays tiers chuterait ainsi de moitié par rapport au record de cette campagne, du fait de la réduction du disponible exportable et du retour de la concurrence des blés origine Mer Noire. La Russie a en effet annoncé qu’elle levait l’embargo sur ses exportations de céréales le 1er juillet prochain.

Concernant l’orge, les premières coupes en Poitou-Charentes donne une idée de l’énorme hétérogénéité des rendements. FranceAgriMer envisage l’hypothèse d’un rendement moyen de 56,1 q/ha, soit 12 quintaux de moins que l’an dernier. Avec la baisse des surfaces, la récolte chuterait à 8,7 Mt et la collecte à 7 Mt. Les exportations vers l’Union fléchiraient, elles, de 1 Mt et celles vers les pays tiers se replieraient de 1,35 Mt à 800.000 t. Quant aux utilisations par les fabricants d’aliments du bétail, elles reculeraient de 300.000 t, se reportant en partie vers le blé.


Orge et colza d’hiver : baisse de récoltes



Agreste, le service de prévision du ministère de l’Agriculture, confirme une surface semée en blé tendre de plus de 5 millions d’hectares (+2,4 % par rapport à l’an dernier). Mais cela ne suffira pas à compenser la chute des rendements et éviter une faible récolte (voir article). Le ministère annonce une première estimation de récolte d’orge d’hiver à 6,2 Mt (-18 %) et un faible rendement à 57 q/ha, qui s’ajoute à une baisse de 6 % des surfaces. La récolte de colza d’hiver serait en baisse de 8 %, à 4,4 Mt, l’augmentation des surfaces n’ayant pas permis, là encore, de compenser la baisse des rendements qui est de 4 q/ha. Par ailleurs, le Conseil international des Céréales (CIC) a abaissé de 4 Mt sa prévision de récolte mondiale de blé, à 663 Mt, et de 3 Mt celle du stock mondial, à 182 Mt. La prévision de récolte mondiale de maïs est diminuée de 5 Mt, à 843 Mt, et celle du stock final de 2 Mt, à 116 Mt.