Rendez-vous à venir...
Nicolas Sarkozy en juin - ne répond pas aux difficultés des
éleveurs et que les pouvoirs publics devront revoir leur copie à la
rentrée.
Conséquence de la crise qui dure depuis quatre ans dans le secteur, l’enveloppe de 700 millions d’€ au taux de 2 % pour des avances de trésorerie, ne sera certainement pas consommée, estime la FNB, et cela alors même que les éleveurs sont dans l’incapacité de rembourser les emprunts qu’ils ont déjà souscrits.
L’autre mesure annoncée par le président de la République portant sur le report d’un an de l’échéance des prêts contractés dans le cadre du plan anti-crise de 2009 n’apparaît guère plus adaptée. « Ce que nous voulons, c’est un report en fin de tableau d’amortissement de toutes les annuités d’emprunt pour soulager concrètement la trésorerie des éleveurs », insiste Jean-Pierre Fleury. Et si le mot n'est pas prononcé, c'est bien l'année blanche que revendique sans détour la FNB. De son côté, la FNSEA demande que les annuités des prêts PSEA soient reportées en fin de tableau pour l’ensemble des éleveurs des zones déclarées en calamités, ce qui est le cas de la Saône-et-Loire. En outre, l’ensemble des mesures d’aides aux éleveurs qui ont pu être accordées sur le plan national ou régional se heurte à la règle du "de minimis", dont le plafond est fixé à 7.500 € sur trois ans. « Il est impératif d’obtenir auprès des autorités communautaires une exemption au titre du régime des aides d’Etat pour le traitement de la sécheresse, au-delà des règles habituelles des calamités agricoles », plaide la FNSEA.
« Les avances sur la prime à la vache allaitante pour la mi-octobre et celles du Fonds des calamités agricoles ne suffiront pas à apaiser les inquiétudes des éleveurs. Nous demandons une clause de rendez-vous, car nous sommes loin du solde de tout compte ».
Les éleveurs demandent également à la Commission européenne un assouplissement des règles agro-environnementales concernant le retournement des prairies. De façon à faire des cultures dérobées pour nourrir leurs animaux. « Bruxelles n’a eu aucune réactivité par rapport à une sécheresse qui touche non seulement la France, mais tout le nord de l’Europe : Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Pologne », déplore le secrétaire général.
Indispensable hausse
La FNB se félicite des principales conclusions du rapport Chalmin qui reconnaît officiellement la grande détresse des éleveurs. Depuis le temps qu'elle alerte, en vain, les élus et les pouvoirs publics... Seront-ils plus attentifs au message "officiel" de l'Observatoire ? Rien n'est moins certain...
Les chiffres sont pourtant là : si les industriels de la viande et de la grande distribution sont parvenus à préserver leurs marges et à répercuter l’augmentation de leurs coûts dans les prix de vente, cela n’a pas été le cas des éleveur, loin s'en faut ! Selon le rapport de l'Observation des prix et des marges, ils auraient subi depuis deux ans une augmentation de 80 centimes/kg carcasse de leurs charges, dont 50 centimes pour le seul coût alimentaire, sans jamais pouvoir répercuter cette hausse de leurs coûts de production. Cette analyse "officielle" est la bienvenue alors que la grande distribution vient, seulement mais enfin, de donner son accord à la reprise des négociations tarifaires sur la viande bovine, la volaille et le porc, et ce dans la foulée de leurs engagements pris le 3 mai dernier. Reste que le rapport actuel demeure « incomplet », n'abordant pas la question des produits élaborés et des co-produits...
Forte de cette analyse officielle, la FNB estime que l'heure est venue d'obtenir sans tarder la nécessaire répercussion du coût alimentaire sur les prix de détail de la viande de bœuf. Elle la chiffre à 16 % du prix moyen pondéré des gros bovins à la production, actuellement de l’ordre 3,10 €/kg. Jean-Pierre Fleury ne sous-estime pas la difficulté de faire passer une telle revalorisation auprès des distributeurs dans la mesure où les interlocuteurs des éleveurs sont les abatteurs et non les grandes surfaces. Aussi a-t-elle adressé un courrier à ses sections bovines en leur demandant de sensibiliser les organisations de producteurs pour qu’elles fassent, elles aussi, pression sur leurs clients abatteurs. Dans ce contexte, les éleveurs seront extrêmement vigilants sur l’application de l’accord sur la répercussion des coûts alimentaires signé par la grande distribution, le 3 mai dernier...
Groupe de haut niveau
Les attentes de la FNB
Grâce à la mobilisation de la FNB et du Copa un groupe de haut niveau a été créé à Bruxelles sur la viande bovine. « La Commission européenne a fini par reconnaître les effets négatifs de la volatilité des prix, des accords internationaux sur le revenu et avoue aujourd’hui que les éleveurs fonctionnent avec des marges négatives », se félicite Jean-Pierre Fleury. Ses premières conclusions devraient être communiquées dans les jours qui viennent notamment pour le Conseil des ministres de l’Agriculture le 18 juillet.
La FNB s’attend surtout à ce que la Commission européenne propose une rénovation des outils de marché (filet de sécurité, intervention) qui, dans la situation actuelle, ne servent à rien. « Ils sont complètement dépassés », a-t-elle fini par reconnaître. Bruxelles pourrait proposer de nouveaux indicateurs de crise portant sur les coûts de production et la volatilité des prix. L’exécutif européen ne serait pas hostile non plus à un retournement des prairies « pour donner plus d’autonomie aux exploitations », notamment, en période de sécheresse.
A plus long terme et dans la perspective de réforme de la Pac, Bruxelles serait ouverte à un élargissement de la notion de risques aux aléas économiques, au renforcement de l’organisation économique et un aménagement du droit de la concurrence, au développement de la promotion dans les pays tiers. L’avenir de la prime allaitante et notamment son couplage ou découplage serait également sur la table, les pays de l’Union européenne ayant fait des choix différents en la matière.