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Agrioccasions, les occasions agricoles
Terre d'ovin

Renforcer l'appui aux éleveurs

Dans quelques jours le groupement de producteurs Terre d’ovin tiendra ses premières assemblées de section. Né de l’union des sections ovines de Bourgogne élevage (21) et de la Cooprovosel au sein de Global, le nouveau groupement a permis l’émergence d’un pôle ovin d’une taille significative, avec l'ambition de mieux valoriser la production et de renforcer l’appui aux éleveurs. Rencontre avec un éleveur de Terre d’ovin.
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« C’est compliqué le parcours d’un jeune qui s’installe. La force d’une coopérative dans cette situation, c’est justement d’assurer l’accompagnement et de donner au bon moment le coup de pouce nécessaire pour débloquer certaines situations, financières ou techniques ». La réflexion de Gilles Duthu, président du groupement Terre d’ovin, confirme le propos de Benoît Perreau, jeune éleveur ovin, installé depuis 2007 en polyculture élevage à Vernon en Côte-d’Or, à proximité de La Roche-en-Brenil. Certains jours sont d’ailleurs plus difficiles que d’autres, et ce jour-là justement, les difficultés s’enchaînent au point que le découragement pointe sous le discours. Mais bien vite le tempérament combatif reprend le dessus, Benoît Perreau évoque alors un parcours en ligne droite et un choix résolu pour la double activité. D’un côté l’exploitation (85 ha de cultures, 30 ha de prairies et 120 mères brebis), de l’autre l’activité fioul et la reprise en vue de l’entreprise paternelle.

Une « affaire de cœur »



L’élevage ovin reste avant tout une affaire « de cœur ». « J’ai repris l’activité ovine que menait mon grand père et si j’élève des ovins, c’est pour produire au mieux, pour vendre des agneaux de bonne conformation et dans les meilleures conditions ». L’éleveur n’a pas donc pas hésité à rationaliser sa production et à s’équiper de toutes les aides à la gestion disponibles : Mes Parcelles, système d’identification électronique, Pocket d’enregistrement et de suivi des pratiques d’élevage, avec les modules associés… Profitant au passage des aides à l’équipement. Même si les lenteurs administratives obligent souvent à attendre longtemps la régularisation des dossiers, il ne regrette pas ses choix ; les investissements sont pourtant lourds lorsque l’on vient de s’installer. « Je peux enregistrer et suivre toutes les actions que j’entreprends : les vaccinations, les traitements, les agnelages… et je suis même informé des délais d’attente pour la vente, en fonction des interventions réalisées. En plus en cas de contrôle je suis tranquille. Une fois que les premières saisies ont été faites, tout va très vite ».

Une troupe limitée mais performante



D’une cinquantaine de brebis au départ, la troupe compte actuellement 120 mères brebis de race Inra 401, croisées avec des béliers charolais pour la conformation des agneaux. Avec une prolificité à 1,6, il produit 130 agneaux à l’année. Des agneaux commercialisés par l’intermédiaire du groupement Terre d’ovin. Et côté groupement, là encore Benoît Perreau ne regrette pas son adhésion : « j’ai pu acheter 43 brebis avec un emprunt à taux zéro et je projette d’en acheter encore une vingtaine pour remplacer celles qui ne me donnent pas satisfaction. Mon choix, c’est d’avoir au final une troupe limitée mais performante sur le plan génétique ».
L’adhésion au groupement lui garantit ainsi d’avancer sur le plan génétique et d’adapter sa production aux exigences du cahier des charges. Sur l’ensemble de la production agricole, l’atelier ovin représente un quart de l’activité. Même avec une troupe limitée, l’appui de Terre d’ovin permet, comme le confirme Gilles Duthu, « d’avoir des objectifs de spécialisation qui amènent l’atelier à un bon niveau de performances. Le marché cherche des agneaux, mais il faut savoir produire pour répondre à la demande, qualitativement et quantitativement ».


L’union fait la force, l’accompagnement fait le reste


Terre d’ovin est né d’un projet ambitieux de développement de l’élevage ovin régional. Le regroupement des coopératives ovines sous la bannière Terre d’ovin, au sein de l’union Global, a abouti à la constitution d’un pôle ovin suffisamment conséquent en termes de production et de volumes de commercialisation, ce qui permet aux adhérents de bénéficier d’aides pour l’installation et l’agrandissement. Le nouveau groupement a ainsi financé l’achat de 2.000 brebis, soit à des taux préférentiels, soit à taux 0 pour les jeunes agriculteurs. « Il ne s’agit pas de se substituer au banquier », explique Gilles Duthu, président, « mais nous venons en complément pour certaines acquisitions ». Au sein de Global, c’est une démarche d’ouverture qui prévaut auprès de partenaires qui voudraient rejoindre l’Union ou initier des synergies. « Car il est important aujourd’hui sur le plan des marchés d’atteindre une taille significative si l’on veut être reconnu », précise le président. « On peut ainsi mutualiser les charges, rationaliser les opérations commerciales, tout en profitant de synergies communes sur certains dossiers techniques. Mais nous restons toujours dans une logique de proximité avec les éleveurs. L’important c’est que nous partagions les même valeurs tant sur le plan de l’accompagnement que sur celui de la commercialisation. 80 % de notre production sont contractualisés auprès de trois ou quatre clients principaux ». L’assemblée générale des coopératives de l’Union Global se déroulera le 19 mai prochain à Autun, mais dès la fin de la semaine prochaine les assemblées de section spécialisées vont commencer.



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