Coop’Evolia
Restructuration en vue ?
Coop’Evolia tenait son assemblée générale ce mardi à Fontaines. Devant
une centaine d’éleveurs, la situation de l’insémination artificielle
(IA) était détaillée. L’activité reste bien orientée, en hausse tant en
laitier qu’en allaitant. La génomique fait sa place dans les fermes mais
d’ores-et-déjà, la nutrigénomique et l’épigénétique pointent leurs nez.
Avec Genesia (Loire) et la Coopel, un « audit » est en cours pour «
restructurer » « en commun ».
une centaine d’éleveurs, la situation de l’insémination artificielle
(IA) était détaillée. L’activité reste bien orientée, en hausse tant en
laitier qu’en allaitant. La génomique fait sa place dans les fermes mais
d’ores-et-déjà, la nutrigénomique et l’épigénétique pointent leurs nez.
Avec Genesia (Loire) et la Coopel, un « audit » est en cours pour «
restructurer » « en commun ».
« Je n’en dirai pas beaucoup plus ». Guy Martin, le président de Coop’evolia, ménage le suspense avant de reprendre… « Avec la coopérative Genesia (Loire) et avec la Coopel, nous envisageons une restructuration de nos territoires ». Les coopératives sont « en plein audit ». Ce dernier montre déjà que ces trois coopératives « ont beaucoup de choses en commun » sur les services supports : similitude de taille, de répartition raciale, d’organisation, de méthode de travail... Autant dire que les réflexions s’intensifient « pour faire des économies d’échelles ».
Mais rien n’est fait pour l’heure. « Une seule ombre » ralentit ce rapprochement : « les entreprises de sélection ne sont pas communes », expliquait Guy Martin. Autant dire qu’il devient stratégique de bien évaluer le positionnement et le potentiel des deux en lice : UCATRC et Gènes diffusion.
Avec cette année, le départ du directeur Guy Pegoud et de Lydia Massicot, la chef comptable, Sylvain Poillot les remplace en tant que directeur administratif et financier.
Sauts technologies
Et le travail ne manque pas. Les “sauts technologies” s’accélèrent avec l’arrivée de la génomique, la nutrigénomique et bientôt l’épigénétique. Et ce n’est certainement pas fini, avec la transriptomique, la protéomique, la métabolomique et la future biologie synthétique. Du coup, les coopératives ont plus que jamais « besoin de techniciens spécialisés ». Les partenariats se multiplient donc : Gènes diffusion prim-holstein et charolais, Umotest, Simmental France, Brune Génétique service, Axia Reprogen, GIE Synergie charolaise, Union Charolais croissance, Gènes diffusion immobilière et financière, Geneform, SASU Biogaz Fontaines, GRC Bourgogne Rhône-Alpes, SAS Equi diffusion… D’autres sont en cours avec Global autour des génisses laitières pour l’export vers le Maghreb, ou encore bientôt avec Socaviac.
Leader en race pure
Cette vision large permet à Coop’Evolia de constater une « reprise de confiance pour les laitiers et malheureusement la poursuite de la galère en allaitant ». Reste néanmoins les chiffres. Les inséminations progressent tant en race laitière – « avec mention pour la montbéliarde qui gagne plus de 1.100 vaches », avec 25.000 IAP (+5 %) - qu’en race charolaise qui progresse aussi « de l’ordre d’un millier de vaches supplémentaires ». Plus de 43.645 charolaises ont été inséminées. Ce dernier chiffre est similaire à l’activité avant FCO. Ce qui fait de Coop’Evolia, la coopérative française « leader en race pure ». Idem en prim-holstein, la moitié des 10.000 vaches inséminées l’ont été avec plus de 50 % de taureaux génomiques, preuve de la « technicité très pointue » de ces élevages.
« Nous faisons autant de constat de gestation (80.000) et de fouilles (10.000) que d’IA (90.075) ». Les techniciens sont intervenus dans 3.040 élevages, dont 509 pour des IA et 51 % étaient exclusivement en allaitant, notait Jean-François Fristios du service bovin viande. Un inséminateur parcourt presque 50.000 km par an en moyenne.
Pas étonnant dès lors de constater un « beau » bilan économico-financier, selon Sylvain Poillot dirigeant les 50,4 salariés (ETP).
Prospecter les adhérents
« Après deux années de baisse des IA, nous redressons la barre pour retrouver les chiffres de 2007. On progresse surtout en IA bovine », synthétisait-il. Des vaches « gagnées » pas « forcément » en faisant des synchronisations de chaleur, en baisse à 3.222 contre 3.632 l’exercice précédent. Pour régler ce point, le Docteur David Cuvillier prend en charge le suivi du PSE et les visites obligatoires.
Statistiques significatives dévoilées, « 25 % des adhérents réalisent 65 % des IA. Mais, dans l’autres sens, 60 % de nos éleveurs ne réalisent "que" 3 % du total des IA », expliquait Jean-François Fristios. Conclusion : « il nous reste de la prospection » à faire auprès des éleveurs qui « restent au centre » des dispositifs de la coopérative.
Un million de paillettes
Les semences sexées se développent. Toutes les races voient des offres commerciales fleurir - « mieux maitrisées en montbéliarde », notent les spécialistes -, avec même des « doses charolaises mâle à vêlage facile ». Le sexe ratio est d’environ 91 % et la baisse de fertilité de l’ordre de 10 points.
En terme de production de semences, environ un million de doses ont été produites sur cet exercice. Prestations effectuées par la taurellerie pour d’autres acteurs de la filière également (sélectionneurs privés, associations d’éleveurs…). Un service de récolte en ferme vient compléter ce dispositif.
Tout n’est pas simple néanmoins. Avec la génomie, en charolais, « les taureaux rentreront très jeunes et ressortiront très tôt », prédisent les techniciens. Le mode de recrutement des futurs reproducteurs s’en trouve déjà « modifié en profondeur ». C’est le cas en prim-holstein et montbéliarde. L’indexation génomique est même devenue l’indexation officielle pour ces races en juin 2011. Le constat est sans appel : la « production de semences a énormément baissé avec la génomie, il faut donc penser à former les collaborateurs », en planifiant les carrières professionnelles… et aussi en diversifiant les activités.
Diversification des activités
Là, les pistes ne manquent pas. Pour mieux gérer la reproduction, un service dédié va voir le jour avec Conseil Elevage. Des bilans de fertilités permettront de détecter les éventuels disfonctionnements à l’aide également d'outils d’aide à la surveillance au vêlage avec prise de température et envoi automatique de SMS (80 vendus cette année) ou avec la détection des chaleurs (Heat box). Ces deux outils permettant « de sauver des veaux et plus de confort à l’éleveur » dans le cas du premier appareil. La Heat box permet, elle, « d’assurer une meilleure fécondité pour utiliser moins de doses ».
Diversification toujours avec la nutrigénomique et la « distribution » de minéral en lien avec Geneform. Cette société est une filiale de Genesia. Coop’Evolia est « rentré au capital de Genesia à hauteur de 36 % », « qui couvre – avec sa logistique -tout le centre de la France, voir plus loin, avec un catalogue de plus de 3.000 références » en compléments nutritionnels, matériel d’élevage et autre agro-fourniture.
Toutes ces diversifications répondent au besoin de gérer l’activité hors "pic" ; février-mars-avril représentant 80 % de l’activité annuelle de Coop’Evolia.
« Ce qui compte pour nous, c’est le conseil aux éleveurs. Dans ce dernier cas, nous recherchions l’appui d’ingénieurs nutritionnistes qui mouillent leurs bottes et font des analyses pour proposer trois produits dans la gamme. Ovulitral, dans l’Ain, a permis d’augmenter la fertilité des doses sexées pour se rapprocher des doses traditionnelles ».
« Accompagnement des éleveurs », « courroie de transmission vis-à-vis des entreprises de sélection », « nos schémas de sélection collectifs sont d’une redoutable efficacité », concluait Guy Martin.
Mais rien n’est fait pour l’heure. « Une seule ombre » ralentit ce rapprochement : « les entreprises de sélection ne sont pas communes », expliquait Guy Martin. Autant dire qu’il devient stratégique de bien évaluer le positionnement et le potentiel des deux en lice : UCATRC et Gènes diffusion.
Avec cette année, le départ du directeur Guy Pegoud et de Lydia Massicot, la chef comptable, Sylvain Poillot les remplace en tant que directeur administratif et financier.
Sauts technologies
Et le travail ne manque pas. Les “sauts technologies” s’accélèrent avec l’arrivée de la génomique, la nutrigénomique et bientôt l’épigénétique. Et ce n’est certainement pas fini, avec la transriptomique, la protéomique, la métabolomique et la future biologie synthétique. Du coup, les coopératives ont plus que jamais « besoin de techniciens spécialisés ». Les partenariats se multiplient donc : Gènes diffusion prim-holstein et charolais, Umotest, Simmental France, Brune Génétique service, Axia Reprogen, GIE Synergie charolaise, Union Charolais croissance, Gènes diffusion immobilière et financière, Geneform, SASU Biogaz Fontaines, GRC Bourgogne Rhône-Alpes, SAS Equi diffusion… D’autres sont en cours avec Global autour des génisses laitières pour l’export vers le Maghreb, ou encore bientôt avec Socaviac.
Leader en race pure
Cette vision large permet à Coop’Evolia de constater une « reprise de confiance pour les laitiers et malheureusement la poursuite de la galère en allaitant ». Reste néanmoins les chiffres. Les inséminations progressent tant en race laitière – « avec mention pour la montbéliarde qui gagne plus de 1.100 vaches », avec 25.000 IAP (+5 %) - qu’en race charolaise qui progresse aussi « de l’ordre d’un millier de vaches supplémentaires ». Plus de 43.645 charolaises ont été inséminées. Ce dernier chiffre est similaire à l’activité avant FCO. Ce qui fait de Coop’Evolia, la coopérative française « leader en race pure ». Idem en prim-holstein, la moitié des 10.000 vaches inséminées l’ont été avec plus de 50 % de taureaux génomiques, preuve de la « technicité très pointue » de ces élevages.
« Nous faisons autant de constat de gestation (80.000) et de fouilles (10.000) que d’IA (90.075) ». Les techniciens sont intervenus dans 3.040 élevages, dont 509 pour des IA et 51 % étaient exclusivement en allaitant, notait Jean-François Fristios du service bovin viande. Un inséminateur parcourt presque 50.000 km par an en moyenne.
Pas étonnant dès lors de constater un « beau » bilan économico-financier, selon Sylvain Poillot dirigeant les 50,4 salariés (ETP).
Prospecter les adhérents
« Après deux années de baisse des IA, nous redressons la barre pour retrouver les chiffres de 2007. On progresse surtout en IA bovine », synthétisait-il. Des vaches « gagnées » pas « forcément » en faisant des synchronisations de chaleur, en baisse à 3.222 contre 3.632 l’exercice précédent. Pour régler ce point, le Docteur David Cuvillier prend en charge le suivi du PSE et les visites obligatoires.
Statistiques significatives dévoilées, « 25 % des adhérents réalisent 65 % des IA. Mais, dans l’autres sens, 60 % de nos éleveurs ne réalisent "que" 3 % du total des IA », expliquait Jean-François Fristios. Conclusion : « il nous reste de la prospection » à faire auprès des éleveurs qui « restent au centre » des dispositifs de la coopérative.
Un million de paillettes
Les semences sexées se développent. Toutes les races voient des offres commerciales fleurir - « mieux maitrisées en montbéliarde », notent les spécialistes -, avec même des « doses charolaises mâle à vêlage facile ». Le sexe ratio est d’environ 91 % et la baisse de fertilité de l’ordre de 10 points.
En terme de production de semences, environ un million de doses ont été produites sur cet exercice. Prestations effectuées par la taurellerie pour d’autres acteurs de la filière également (sélectionneurs privés, associations d’éleveurs…). Un service de récolte en ferme vient compléter ce dispositif.
Tout n’est pas simple néanmoins. Avec la génomie, en charolais, « les taureaux rentreront très jeunes et ressortiront très tôt », prédisent les techniciens. Le mode de recrutement des futurs reproducteurs s’en trouve déjà « modifié en profondeur ». C’est le cas en prim-holstein et montbéliarde. L’indexation génomique est même devenue l’indexation officielle pour ces races en juin 2011. Le constat est sans appel : la « production de semences a énormément baissé avec la génomie, il faut donc penser à former les collaborateurs », en planifiant les carrières professionnelles… et aussi en diversifiant les activités.
Diversification des activités
Là, les pistes ne manquent pas. Pour mieux gérer la reproduction, un service dédié va voir le jour avec Conseil Elevage. Des bilans de fertilités permettront de détecter les éventuels disfonctionnements à l’aide également d'outils d’aide à la surveillance au vêlage avec prise de température et envoi automatique de SMS (80 vendus cette année) ou avec la détection des chaleurs (Heat box). Ces deux outils permettant « de sauver des veaux et plus de confort à l’éleveur » dans le cas du premier appareil. La Heat box permet, elle, « d’assurer une meilleure fécondité pour utiliser moins de doses ».
Diversification toujours avec la nutrigénomique et la « distribution » de minéral en lien avec Geneform. Cette société est une filiale de Genesia. Coop’Evolia est « rentré au capital de Genesia à hauteur de 36 % », « qui couvre – avec sa logistique -tout le centre de la France, voir plus loin, avec un catalogue de plus de 3.000 références » en compléments nutritionnels, matériel d’élevage et autre agro-fourniture.
Toutes ces diversifications répondent au besoin de gérer l’activité hors "pic" ; février-mars-avril représentant 80 % de l’activité annuelle de Coop’Evolia.
« Ce qui compte pour nous, c’est le conseil aux éleveurs. Dans ce dernier cas, nous recherchions l’appui d’ingénieurs nutritionnistes qui mouillent leurs bottes et font des analyses pour proposer trois produits dans la gamme. Ovulitral, dans l’Ain, a permis d’augmenter la fertilité des doses sexées pour se rapprocher des doses traditionnelles ».
« Accompagnement des éleveurs », « courroie de transmission vis-à-vis des entreprises de sélection », « nos schémas de sélection collectifs sont d’une redoutable efficacité », concluait Guy Martin.