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Bovins viande

Retour sur le congrès de la FNB

Pour le monde de l'élevage, le congrès de la Fédération nationale bovine (FNB) constitue à n'en pas douter un temps fort. Retour sur ce dernier, notamment au travers de l'intervention prononcée par Michel Joly, de la section bovine de la FDSEA de Saône-et-Loire, au nom de la région Bourgogne.
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C’est à Brumath, en Alsace, que les éleveurs s'étaient retrouvés, les 8 et 9 février, pour le congrès de la FNB. Une délégation de Saône-et-Loire était présente et a mis en avant, à plusieurs reprises, la problématique de l’herbe et l’importance de la préservation d’un soutien couplé pour pérenniser l’élevage bovin viande à l’horizon 2014.
Après plusieurs éclaircissements sur la proposition de la Commission européenne, la DGAgri a profité de son intervention pour conseiller aux éleveurs de faire valoir leurs arguments auprès des ministres de l'Agriculture, mais aussi auprès du Parlement européen pour faire évoluer les textes communautaires.
Retour sur l'intervention de Michel Joly, secrétaire général de la section bovine de la FDSEA de Saône-et-Loire, invité à s'exprimer au nom de la région Bourgogne. Une prise de parole brève, mais on ne peut plus claire, nette et précise.

Des éleveurs responsables


« Sans aucun doute, 2011 restera gravée dans la tête des éleveurs bourguignons au moins par trois points :
- tout d'abord, la sécheresse ;
- ensuite, la mise en musique de la fameuse "feuille de route" ;
- enfin, par la définition des grandes lignes de la nouvelle Pac.
Très vite sur la sécheresse. Pour dire la grande responsabilité dont a fait preuve le syndicalisme pour gérer la solidarité : les éleveurs se sont pris en main, les céréaliers ont joué le jeu. Heureusement d'ailleurs car les aides calamités ne sont ni à la hauteur des prix des matières premières, ni de la faiblesse de nos trésoreries. A ce propos, merci au Crédit agricole pour le report en fin de tableau.
En ce qui concerne la "feuille de route". Là encore, les éleveurs se sont pris en main. C'est la FNB, sa poigne, son réalisme qui ont fait remonter les cours, n'en déplaise à certains septiques de la filière. Dans cette fameuse "feuille de route", qui avait permis la levée des blocages des abattoirs Bigard en novembre 2010, tout y est ! Et ça avance : nouveaux marchés, le GEF, les cotations, la machine à classer... Nous travaillons dans quatre sections départementales sur la restauration collective et sur la grande distribution. Restent à nos yeux deux points à concrétiser :
- il faut accentuer le regroupement de l'offre pour peser face aux septiques (toujours les mêmes !) et aux GMS ;
- il faut contractualiser avec une notion fondamentale pour nous, éleveurs, celle du coût de production !
Nous voulons des relations équilibrées pour une filière durablement forte, compétitive et dynamique.

Maintenir le potentiel de production de nos régions intermédiaires


Enfin, la Pac. L'Europe ne peut pas laisser l'élevage allaitant au milieu du gué alors que de nouvelles perspectives s'ouvrent. Aussi, nous entendons insister sur quatre points :
- les éleveurs bourguignons sont attachés à la PMTVA. Nous revendiquons l'enveloppe des 10 %. 200 € par vache vêlée, avec un mécanisme de flexibilité nous paraît incontournable pour maintenir le potentiel de production de nos zones intermédiaires ;
- concernant le "verdissement", pourquoi l'élevage et l'herbe seraient-ils verrouillés de la sorte ? A l'instar des productions végétales, une rotation spécifique de 30 % de nos prairies permanentes permettrait un retour vers l'autonomie fourragère et une plus grande sécurisation de nos systèmes d'élevage. Ce serait mieux que des camions qui sillonnent la France !
- pour les autres prairies, un soutien dans le premier pilier de l'herbe nous paraît indispensable. C'est une herbe subie, elle a été reconnue dans le Bilan de santé de la Pac et il faut pérenniser ce soutien ;
- enfin, les zones défavorisées simples : la Bourgogne sera terriblement impactée par la révision du zonage telle que prévue. Pourtant, ce soutien spécifique a prouvé son efficacité pour maintenir des exploitations dans les territoires difficiles. Et à ceux qui vont négocier pour nous, je veux dire que l'élevage allaitant bourguignon attend beaucoup de cette Pac - parce que cela le mérite - un rééquilibrage des revenus.
Je terminerai en attirant l'attention sur la cohérence de ces propositions : nous revendiquons notre implication dans la filière et nous avons besoin du soutien de la Pac ; couplage de la PMTVA, autonomie, reconnaissance de l'herbe et du handicap feront des éleveurs des acteurs économiques à part entière ».