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Agrioccasions, les occasions agricoles
Inauguration du Salon de l’agriculture

Sarkozy prend son temps

Contrairement aux éditions précédentes du Salon de l'Agriculture à Paris, le président de la République a
consacré toute la matinée de samedi - 25 février - à écouter et à discuter
avec les éleveurs. Avant de réitérer son engagement de réformer la
formation professionnelle, s’il est réélu. C'est donc le candidat qui se présentait à l'élection qui parlait...
Par Publié par Cédric Michelin
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Président, candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a joué les deux rôles en inaugurant la 49ème édition du Salon de l’Agriculture, le 25 février à Paris. Dès poltron minet, comme candidat il a pris son petit-déjeuner avec des producteurs de lait et de viande bovine sur le ring de présentation des animaux. Au menu des échanges, la compétitivité de l’agriculture, la réforme de la Pac et les relations entre l’agriculture et l’environnement. Sur la Pac notamment, les éleveurs sont très inquiets de l’avenir des soutiens, ICHN, PHAE pour lesquels ils ont demandé des assurances. Interrogé par Xavier Beulin sur l’extension de l’allègement des cotisations sociales aux agriculteurs exploitants, Nicolas Sarkozy a indiqué que « la question était ouverte », mais sans s’engager outre-mesure. Sur ce sujet, le gouvernement redoute que l’application de la mesure aux agriculteurs qui n’emploient pas de salariés entraîne son extension à toutes les professions indépendantes, artisans, commerçants, professions libérales. Quant à l’environnement, le président candidat a eu une réponse très politique en indiquant que le ministère de l’Ecologie avait disparu depuis la démission de Nathalie Kosciusko-Morizet (elle devient son porte-parole dans l’équipe de la campagne présidentielle). Ses responsabilités ayant été confiées au Premier ministre… En attendant, les préfets et les directions départementales et régionales de l’agriculture que le Gouvernement a réuni récemment à Paris sur ce sujet devraient être plus attentifs aux attentes des agriculteurs, a promis Nicolas Sarkozy.

Une heure plus tard, à 8h 30 il a endossé son rôle de président pour un marathon de trois heures dans le pavillon de l’élevage avant de terminer au Stand des agro-équipements. Pas de visite à la va-vite comme dans les éditions précédentes, le président de la République a pris son temps. Le temps d’écouter et de discuter avec les éleveurs et de répondre longuement à leurs interrogations. Bien entendu, le président a été interpellé sur la viande halal, « une exploitation politique » de Marine Le Pen, expliquait le candidat. Il n’en reste pas moins que l’interprofession craint que cette polémique ait des conséquences sur la consommation de viande bovine.

Mais c’est sur l’emploi et la formation que le candidat à la présidentielle a voulu imprimer son passage au Salon de l’Agriculture sur le stand des agro-équipements ou les offres d’emploi ne sont pas safisfaites. Nicolas Sarkozy a confirmé son intention de procéder à une réforme complète de la formation professionnelle. « Quand une personne recherche un emploi et qu’il n’y a pas d’emploi dans sa filière, elle doit suivre une formation qualifiante dans un autre secteur et accepter l’emploi qui lui sera proposé ensuite » a-t-il indiqué. « Il ne peut y avoir que deux catégories de personnes, celles qui travaillent ou qui sont en formation, et les accidentés de la vie qui seuls pourront bénéficier de la solidarité nationale ». Avant d’indiquer qu’il ferait trancher la question par « le peuple de France », si je n’arrive pas à convaincre les partenaires sociaux de la nécessité de cette réforme….Visite du président de la République

« Il a fait du Sarkozysme mais il a des idées et des convictions »

Xavier Beulin, le président de la FNSEA, fut présent aux côtés de Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire ministre de l'Agriculture, tout au long de la visite du chef de l’Etat au Salon de l’agriculture le 25 février. Au cœur des sujets évoqués : la compétitivité et l’environnement.

Vous avez rencontré Nicolas Sarkozy lors du petit déjeuner pendant une heure et demie avant l’ouverture du salon. Que vous a –t-il dit ?
Xavier Beulin : La compétitivité de l’agriculture française a bien sûr été évoquée notamment sur les questions du coût du travail, d’innovations et de recherches. Nous avons parlé du handicap de l’agriculture dans les zones de montagne et nous avons discuté de la façon de réinjecter des moyens en matière d’investissement pour les mises aux normes et les transmissions des exploitations. Et bien sûr la relation entre agriculture et environnement a été au cœur des discussions.
A ce propos, depuis la démission de Nathalie Kosciusko-Morizet, le ministère de l’Environnement a été rattaché aux services du premier ministre. Savez-vous pourquoi ?
X.B : Le président de la République a dit deux choses à ce propos. Il n’a pas nommé de nouveau ministre de l’Environnement car il attend du premier ministre, devenu aussi ministre de l’Environnement, une lecture plus interministérielle des sujets qui relèvent de l’environnement. Pour lui, on ne doit pas regarder l’environnement uniquement de manière sectorielle comme une fin en soi mais replacer la thématique dans un contexte plus large notamment un contexte économique.
Concernant la TVA emploi, vous n’êtes pas satisfait des mesures prises à ce sujet par Nicolas Sarkozy, en avez-vous discuté ?
X.B : Je ne démordrais pas sur la question de la TVA emploi. Lui l’appelle anti-délocalisation. Moi je veux aller jusqu’au bout (NDLR : en exonérant aussi les non salariés agricoles des cotisations familiales), je ne suis pas satisfait de ce qu’il a dit. Il a fait du Sarkozysme mais il a au moins des idées, des convictions et il les porte. A propos du premier salon (NDLR : où Nicolas Sarkozy a dit le célèbre « casse-toi pauvre con »), il a eu une phrase de justification : « je peux venir au salon taper sur le cul des vaches et puis vous dire que vous travaillez bien mais je ne viens pas pour faire du folklore. Je viens pour apporter des réponses qui sont de ma responsabilité ». Et il faut reconnaître que sur l’emploi, même si on n’est pas satisfait à 100 %, je pense que nous mesurons l’impact dans le secteur des viandes, des fruits et légumes et de la viticulture ce qui implicitement doit redonner de la compétitivité en amont de la filière.