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Agrioccasions, les occasions agricoles
Gaec du Bord de Grosne

« Satisfaits de nos poulaillers labels »

A Saint-Léger-sous-la-Bussière, la famille Pardon exploite deux poulaillers label depuis dix ans. Sur cette exploitation diversifiée du Piémont, les volailles font vivre un des deux associés du Gaec. Une production complémentaire sécurisante moyennant le respect d’un cahier des charges et d’un itinéraire technique rigoureux.
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Le Gaec du Bord de Grosne réunit deux associés : Denis Pardon et son fils Fabrice. L’installation de Denis remonte à 1976. L’exploitation comptait alors des vaches laitières sur une quarantaine d’hectares. L’arrivée des quotas a conduit Denis à s’associer avec un cousin en 1989. A la dissolution de ce Gaec en 2000, Denis décide alors d’abandonner les laitières au profit des vaches allaitantes (une trentaine). Comme le syndicat des volailles fermières de Bourgogne était à la recherche de nouveaux candidats, et tandis que Fabrice, le fils, se formait au métier d’agriculteur, Denis choisit de se lancer dans la production avicole.
Un CTE "Diversification" lui permet de financer une partie de son investissement. Deux bâtiments de 400 m2 chacun, destinés à accueillir des volailles label rouge, furent construits. En 2005, un nouveau Gaec était créé à l'occasion de l’installation de Fabrice. Outre les vaches allaitantes et les volailles, la famille Pardon créait alors un atelier ovin de 280 brebis avec production d’agneaux de bergerie.

Aliments et poussins fournis


La production des volailles label rouge se fait en intégration. « On nous fournit les poulets et les aliments et on nous enlève les lots de volailles finies. C’est la différence qui fait la marge », résume Denis. Les éleveurs n’ont pas à avancer l’argent des poussins ni celui de l’aliment. C’est le syndicat de producteurs qui retranche ces coûts de production du produit final (valeur des poulets) avant de reverser la marge dite « d’intégration » aux éleveurs. Les frais de bâtiments, d’eau, d’électricité, de gaz, d’assurance, de litière, de mécanisation sont à la charge de l’exploitant. « La rémunération est variable selon les lots. Certains obtiennent de meilleurs résultats que d’autres, selon la qualité des volailles et la quantité d’aliments nécessaire », confie Fabrice. Chaque poulailler produit un peu plus de trois lots par an. « Le syndicat gère le planning en fonction des commandes qu’il reçoit et de ses prévisions de vente. La régulation se fait au niveau des périodes de vide sanitaire qui peuvent être allongées le cas échéant », expliquent les associés.
Chaque poulailler label est assorti d’un parcours herbeux offrant 2 m2 par volaille (environ un hectare de prairie par bâtiment). Dotés d’une bonne isolation thermique, les bâtiments sont chauffés au gaz et munis de rideaux amovibles commandés par thermostats. L’alimentation et l’eau sont acheminées dans les mangeoires automatiquement. Des trappes latérales permettent d’ouvrir les bâtiments sur les parcours extérieurs.

De la surveillance, de la rigueur


En termes de travail, il faut compter deux jours à deux pour installer les animaux. Cette étape comprend le nettoyage et la pose du matériel (mangoires, pipettes…), le paillage. Pour accueillir les poussins, les bâtiments doivent être à une température de 28°C. Les premiers jours imposent beaucoup de surveillance. Au démarrage, l’aliment doit être épandu au seau sur une bande de papier kraft pour inciter les poussins à manger, indique Denis. Les abreuvoirs doivent recevoir une adaptation spécifique pour les petits poussins. La surveillance demeure assez soutenue jusqu’à 42 jours, date ou les animaux sortent sur les parcours herbeux. Matin et soir, il faut veiller sur la température, enlever les cadavres, remettre de la paille… Traitement et vaccinations se font par la boisson. A partir de 42 jours, les trappes doivent être ouvertes tous les matins à 9 h 00 précises. Les volailles vont et viennent à leur gré.

Ramassage et nettoyage : le plus lourd


Le ramassage est l’étape la plus fastidieuse de la production de volailles. Pour plus de commodité, il se fait la nuit tombée et « mieux vaut avoir des copains », ironise Denis. Trois à cinq personnes sont nécessaires pour charger les volailles dans les containers et, en moyenne, un bâtiment est vidé en trois tournées. L’autre lourde tâche consiste à nettoyer les poulaillers. Le bâtiment est alors entièrement lavé au nettoyeur haute pression (mur et plafond) avant enlèvement complet du fumier. Tout le matériel (pipettes et mangeoires) est également rigoureusement nettoyé, désinfecté et les parois du bâtiment sont traitées à la chaux vive.

La moitié du revenu de l’exploitation


Le Gaec a investi environ 120.000 € pour construire ses deux bâtiments. Aujourd’hui, il faudrait compter 20 à 30.000 € de plus, signalent les associés. La marge dégagée est de l’ordre d’un euro par poulet, estiment Denis et Fabrice. De cette somme, il faut déduire les annuités, le gaz, l’électricité… « Avec trois lots, nous obtenons 28.000 €/an desquels il faut retirer un tiers d’annuité, 3.000 € de gaz, 1.000 € de paille… », confient les deux éleveurs. Sur leur exploitation diversifiée, les volailles représentent 25 à 30 % du chiffre d’affaires total en tenant compte des primes compensatrices et même la moitié du bénéfice. « Les poulaillers font vivre l’un de nous deux ! », constate Denis.
A cette rentabilité économique, il faut ajouter les nombreux avantages procurés par la complémentarité des productions : le fumier fourni par les volailles est un excellent amendement qui génère de substantielles économies d’engrais. Cet atelier supplémentaire permet également de rentabiliser le matériel existant, sans avoir besoin d’équipement spécifique.



Fiche technique


Gaec du Bord de Grosne, Denis et Fabrice Pardon, Saint-Léger-sous-la-Bussière 

105 hectares, 48 à 50 vaches charolaises, 280 brebis, 2 poulaillers label 
Installations : Denis en 1976 ; Fabrice en 2005 
Création de l’atelier volailles : 2001 
Caractéristiques : 2 bâtiments de 400 m2 avec parcours herbeux
4.400 poulets ou 5.200 pintades par bâtiment ; de 3 à 3,5 lots par an (poulets 82 jours ; pintades 92 jours ; vide sanitaire 15 jours à 3 semaines) 
Investissement : 120.000 € en 2001 
Marge : environ 1 €/poulet
25 à 30 % du chiffre d’affaires de l’exploitation 
Intégrateur : Syndicat des volailles fermières de Bourgogne




Partenaire


Partenaire de la réflexion engagée par la Chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire (lire nos éditions du 1er et du 22 avril en page 4), L'Exploitant Agricole de Saône-et-Loire vous donne rendez-vous pour suivre, étape par étape, la vie du lot de volailles. Nous reviendrons à cette occasion sur les données économiques.



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