Savoir être réactif et performant
Le contrôle de "perf" se modernise
Concernant le contrôle de performances - activité historique du syndicat, 67 % des élevages bovins de Saône-et-Loire ont eu recourt au protocole de contrôle alterné "AT" en 2011. Désormais, le nombre de passages annuels peut être abaissé de 11 à 9. Cela concerne « les élevages rencontrant peu de problèmes de cellules et désirant alléger le coût du service », expliquait le directeur Michel Place. Malgré la possibilité de contrôle par l’éleveur, les agents de traites et les conseillers réalisent encore 91 % des opérations. À noter que le nombre d’élevages robotisés continue de progresser : 14 à ce jour. Un protocole spécifique leur est destiné, dans lequel la manipulation est confiée à l’éleveur.
Depuis le mois de janvier dernier, les éleveurs bénéficient d’un nouveau « valorisé » vache par vache. Plus soigné sur le plan visuel, ce document, qui présente une synthèse des résultats de contrôle laitier, intègre de nouveaux indicateurs sur la conduite du troupeau. Il s’est enrichi d’un bilan mensuel et d’un document trimestriel de suivi sur les douze derniers mois, précisait Michel Place.
Production et coûts alimentaires en tête
Depuis avril dernier, les éleveurs bovins peuvent choisir des thèmes de conseil répondant à leur problématique. En janvier dernier, c’était au tour des éleveurs caprins d’adopter cette nouvelle "carte". Parmi l’offre bovine proposée par Saône-et-Loire et Ain Conseil Élevage, ce sont les thèmes nutrition et prévision de production laitière qui arrivent en tête dans les préférences des éleveurs (62 %). À noter qu’un service d’expert en nutrition complète l’offre. On retiendra aussi qu’un adhérent sur deux choisit un suivi économique : marge alimentaire (23 %), Galacsy (1) (19 %), coût de production du lait (1 %)… Aléas de conjoncture oblige, le besoin d’améliorer la maîtrise économique des exploitations se fait sentir. Une exigence confirmée par les propos de Laurent Lefèvre de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, lequel montrait, statistiques Galacsy à l’appui, que « la maîtrise des coûts de production permettait en partie de maîtriser l’impact de la conjoncture » (lire également L'Exploitant Agricole de Saône-et-Loire du 27 janvier en pages 10 et 11).
Reproduction et qualité du lait se dégradent
Un quart des adhérents de Saône-et-Loire Conseil Élevage choisissent le service Amélioration de la reproduction. Une tendance qui reflète « des problèmes de fertilité et de fécondité de plus en plus récurrents dans les élevages. Des plans d’action sont en cours de construction avec Coop’Évolia », indiquait Michel Place.
L’amélioration de la qualité du lait est un autre thème retenu par un quart des adhérents. Là, c’est la gestion des problèmes de cellules et mammites qui est en cause. « La qualité du lait se dégrade régulièrement depuis quelques années. Les équipements d’élevage (traite, bâtiments…) n’ont pas toujours suivi l’augmentation du cheptel ou de la productivité des vaches. Avec l’évolution de la législation sur la qualité du lait livré, il deviendra nécessaire d’être très réactif pour résoudre les problèmes rencontrés dans les élevages », indiquait le directeur.
58 % des adhérents connectés
La communication via Internet gagne du terrain dans les élevages laitiers. De son côté, Saône-et-Loire Conseil Élevage électronise la collecte des informations. Quant aux 58 % des élevages qui ont déjà choisi le service "CoLine", ils reçoivent les données du contrôle par mail, accèdent à tous les résultats de leur troupeau via Internet et peuvent éditer des documents à jour et archivés pour eux, à n’importe quel moment du jour ou de la semaine. Et le système va encore évoluer avec des "alertes" sur l’alimentation et la reproduction, une gestion électronique de tous les documents édités par le technicien, l’adjonction de bilans et des résultats valorisés individuels…
Un certain nombre d’innovations devraient prochainement arriver chez les éleveurs laitiers. Parmi celles-ci, la méthode "LIU" permettra bientôt la conversion des taux et quantités alternés en production 24 heures. Autrement dit, les résultats des élevages en contrôle alterné seront extrapolés en production journalière, ce qui permettra de prendre en compte les variations entre la traite du matin et celle du soir ou entre numéros et stades de lactation.
(1) En collaboration avec les conseillers de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire.
Constat d’alimentation
L’efficacité alimentaire primordiale
À l’issue de l’assemblée générale, la technicienne Anne Blondel a présenté le service Constat d’alimentation, choisi par une soixantaine d’élevages dans le département. « L’objectif, c’est de mettre en relation la ration (les quantités réellement distribuées) et le lait produit. Un calcul immédiat du coût de la ration est ainsi permis, ce qui permet de voir rapidement les points techniques où ça décroche », expliquait Anne Blondel. La notion d’efficacité alimentaire est également introduite. Objectif : au moins 1.300 grammes de lait produit pour 1.000 grammes de ration ensilage maïs distribués. Parmi les enseignements entendus, la qualité des fourrages peut ne pas être au rendez-vous, mais il y a aussi le contexte de vie des animaux : manque de place, couchage, auges… « Il y a la génétique, la ration, mais aussi le bien être de l’animal », faisait remarquer la technicienne. À noter que des sessions de formation sur l’alimentation, avec une optique à la fois technique et économique, seront organisées prochainement en Saône-et-Loire, en collaboration avec la chambre d’agriculture (Denis Chapuis).
Production laitière départementale
Des élevages performants !
Saône-et-Loire Conseil Élevage compte 307 adhérents bovins. 77 % des troupeaux sont à dominante montbéliarde. La restructuration des élevages se poursuit avec une taille moyenne de troupeau qui passe de 59 à 61 vaches lors du dernier exercice. En 2011, six élevages ont disparu dans le département alors que le nombre de vaches a cependant progressé (+386). À noter que si le nombre d’élevages régresse, il n’en est pas forcément de même pour le nombre d’éleveurs. Côté caprins, 38 élevages adhèrent à Saône-et-Loire Conseil Élevage. La taille des cheptels reste stable à un peu plus d’une centaine de chèvres par élevage, pour l’essentiel fromagers.
Les lactations bovines ont beaucoup progressé en 2011 (plus qu’au niveau national) : +361 kg de lait par vache en moyenne, signe d’une capacité des élevages à s’adapter à la demande, grâce à une bonne réserve génétique. En montbéliardes, la production moyenne par vache est remontée à 7.431 kg (39,1 en TB ; 33 en TP). C’est tout de même 500 kg de plus que la moyenne nationale, preuve de l’excellent potentiel génétique du département. En race prim’holstein, la moyenne s’approche de très près des 9.000 kg (39,3 en TB ; 32 en TP). En production caprine, on avait gagné 5 kg de lait par chèvre en 2010 et surtout une forte hausse du TP. D’où une hausse du rendement fromager à 106 kg.