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Agrioccasions, les occasions agricoles
Exportation de bovins

Se mettre en ordre de bataille

Exportateurs de bovins, abatteurs… De nombreux acteurs de la filière bovine ont participé à la réunion régionale organisée par Interbev Bourgogne au conseil régional visant à analyser les difficultés rencontrées à l’export, en maigre comme en viande, et à bâtir une stratégie collective ouvrant de nouvelles perspectives.
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La salle de réunion du conseil régional était à peine assez grande pour les contenir tous… Tous c’est-à-dire les exportateurs de bovins des quatre départements de Bourgogne, les représentants des centres d’allotement et des sites d’abattage, ayant répondu à l’invitation d’Interbev Bourgogne le 9 juin, pour ouvrir ensemble de nouvelles voies à l’export. Présents aussi le conseil régional en la personne de Jacques Rebillard, son vice-président en charge de l'Agriculture, et de Sofia Otokoré, vice-présidente en charge du développement international, ainsi que le directeur de la Draaf, Jean-Roch Gaillet. Tous réunis au chevet de l’export pour les bovins maigres et viande et bien décidés à ne pas voir se reproduire les disfonctionnements qui ont fait perdre à la France, en fin d'année 2010, de belles opportunités commerciales avec le marché turc. Manque de réactivité, d’informations, problèmes administratifs… Il ne s’agit pas de désigner des coupables, mais plutôt de voir comment face aux défis de l’exportation, faciliter les échanges, les procédures administratives… En un mot, se donner ensemble les moyens de conquérir des marchés et de les garder.

Un Plan régional pour l’export


Et justement, en termes de moyens et de capacité d’expertise, la région Bourgogne a su prendre une longueur d’avance depuis cinq ans en développant une politique d’accompagnement à l’export volontariste. Dans le cadre du Parex (Plan régional pour l’export), la région apporte un soutien individuel ou collectif aux entreprises qui veulent se développer sur les marchés extérieurs. L’objectif étant plutôt, insiste Sofia Otokoré, « de chasser en meute ». Un dispositif particulier concerne les Jeunes volontaires export entreprise, sous la forme d’une aide financière à 50 % sur les charges d’emploi et les frais engagés pour l’embauche d’un jeune bourguignon spécialisé "Export" pendant 24 mois. La filière Bois bourguignonne est bien intégrée dans le dispositif du Parex, mais l’élevage y est singulièrement peu présent, même si un premier dossier bâti avec quatre entreprises a facilité l’exportation de bovins vers l’Algérie. « Conforter les entreprises qui exportent et augmenter le nombre de primo-importateurs », insistent Sofia Otokoré, telles sont les ambitions de la Région Bourgogne.

Une chance pour l’avenir


La réunion a aussi permis, comme l’indique Jean-Pierre Fleury, président de Interbev Bourgogne, « de mettre à plat quelques difficultés rencontrées au quotidien avec l’administration notamment ». « Au moment où l’élevage se pose des questions sur son avenir », renchérit Jacques Rebillard, « il faut montrer que le secteur a aussi les moyens de s’inscrire dans une vraie stratégie exportatrice plutôt qu’en assurant quelques "coups" sans lendemain. Prendre des marchés, c’est bien ; les garder, c’est mieux ». Tout en reconnaissant que « les problèmes sanitaires sont les plus sensibles », Jean-Roch Gaillet, insiste sur le fait que l’on peut agir aussi sur quelques points particuliers afin de déboucher sur une harmonisation régionale.
Sans nier les difficultés économiques du secteur, les uns et les autres s’accordent à reconnaître que l’exportation représente une vraie chance pour les éleveurs bourguignons, qui peuvent ainsi retrouver une vision plus dynamique de leur activité, au-delà de la morosité quotidienne.