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SOCIOLOGIE

Soixante ans de mutations dans la formation agricole

Longtemps réservée aux fils d’exploitants, la formation agricole s’est profondément transformée depuis les années 1960. Alors qu’elle était à l’origine un outil de modernisation, elle est devenue un système éducatif diversifié, d’ouverture sociale, et confronté aux enjeux écologiques. Décryptage de ces grandes évolutions avec Joachim Benet Rivière, sociologue de l’enseignement agricole et enseignant-chercheur à l’université de Poitiers.

Par Charlotte Bayon
Soixante ans de mutations dans la formation agricole
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Joachim Benet Rivière est sociologue de l’enseignement agricole et enseignant-chercheur à l’université de Poitiers. Crédit : Joachim Benet Rivière.

« À partir de 1959, l’enseignement agricole passe sous l’unique tutelle du ministère de l’Agriculture. Avant cela, il était sous la cotutelle du ministère de l’Éducation et du ministère de l’Agriculture », rappelle Joachim Benet Rivière. Un tournant majeur pour le sociologue, puisque l’école agricole devient alors un levier direct pour la mise en œuvre la politique agricole de modernisation de l’agriculture. Dans le contexte des lois d’orientation et de la mécanisation rapide des exploitations, il s’agit de former des chefs d’exploitation capables d’intégrer les innovations techniques, mais également « les ingénieurs, les conseillers, les métiers de la vulgarisation agricole » qui accompagneront ces transformations.L’enseignement agricole comme socialisation culturelleSelon le spécialiste, dans les années qui suivent le changement de tutelle, l’enseignement agricole ne se limite pas à la stricte professionnalisation. « C’est aussi un espace de socialisation culturelle », assure-t-il. La création, en 1965, de l’éducation socioculturelle participe de cette identité singulière : ouvrir les jeunes ruraux à des pratiques artistiques, culturelle...

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