Stagnation des offres
Comme chaque année, la délégation régionale de l’Apecita Bourgogne avait invité ses partenaires à découvrir les chiffres et les tendances de l’emploi dans les secteurs où elle intervient depuis cinquante ans maintenant. Spécialiste de l’emploi en agriculture, agroalimentaire et environnement, l’Apecita exerce en effet ses compétences à tous les niveaux de recrutement, toutefois le cœur de métier se situe plutôt au niveau Bac+2. En 2010, cette constante a quelque peu évolué puisque les Bac+2 sont passés de 30 % à 25 % ; alors que les niveaux Bac+3 et Bac+4 augmentaient sensiblement.
Un vent d’optimisme
Les offres les plus nombreuses concernent également des postes ouverts à candidats munis d’un Bac+2, mais 63 % des offres totales sont accessibles à plus d’un niveau de formation. Des offres qui restent d’ailleurs toujours inférieures à la demande, avec en particulier une baisse de 20 % en 2009 et une quasi stagnation en 2010. Le marché du travail apparaît encore bien morose et les importantes fluctuations enregistrées d’un mois sur l’autre découragent les pronostics sur les évolutions à venir.
Véronique Jan note toutefois que l’Apec (Agence pour le recrutement des cadres) est plutôt optimiste pour les mois prochains. Les offres se répartissent essentiellement entre quatre grands domaines : la production, le commerce, le développement et la recherche, et enfin le conseil. « Le commerce restant le marché où les offres sont le plus lisibles » pour les candidats. En production/transformation, 70 % des offres concernent la production agricole. Sur l’ensemble du marché, 56 % des contrats sont en CDI et 37 % en CDD, avec une demande d’expérience confirmée pour 44 % des postes.
La moitié des candidats inscrits à l’Apecita sont déjà en poste. Pour mieux répondre aux attentes de ses candidats, la délégation régionale organise régulièrement des "Rendez-vous" dans les départements des territoires qu’elle couvre : Alsace, Bourgogne et Franche-Comté. Elle organise également des Ateliers à Dijon ou en Alsace. Le décalage quantitatif entre les offres et les demandes s’explique aussi selon l’Apecita par « l’effet site », le site Internet de la délégation connaît en effet une forte affluence avec un système de navigation qui permet d’évaluer la nature et l’attractivité des offres sélectionnées par les candidats.
Génération Y : mode d’emploi…
En invitant ses partenaires, la délégation de l’Apecita Bourgogne entendait aussi leur apporter des éléments de réflexion sur ce qu’il est convenu d’appeler « la génération Y » : la jeune génération née entre 1980 à 1996. Génération « des jeunes d’aujourd’hui » dont les comportements détonnent parfois et désorientent les employeurs. Thierry Boudewyn, consultant en "Management de performances", a dressé la typologie de cette fameuse Génération Y : anciens "enfants Roi", connectés et zappeurs, rétifs à toute culture d’entreprise, attentifs à leur espace personnel, avides de reconnaissance et de singularité, sceptiques par rapport aux messages institutionnels, utilisateurs et acteurs des réseaux sociaux, adeptes du "Why", "pourquoi" en anglais.
Comment mieux les intégrer dans l’entreprise ? Comment les retenir aussi ? Telles étaient les questions essentielles d’un débat nourri par les expériences des participants à l’assemblée générale. Pas de recette miracle, mais quelques conseils de bon sens délivrés par le consultant : jouer la proximité, l’échange, favoriser les relations humaines, donner du sens à la fonction, expliquer, transmettre des valeurs. Pour, au final, conclure que cette génération Y n’est pas si différente de celles qui l’ont précédée. Elle a besoin de repères pour s’intégrer et de temps pour acquérir de l’expérience, s’ouvrir à d’autres modes de vie et de pensée. En somme vieillir un peu, avant de s’interroger à son tour sur la « nouvelle » génération qui la talonne…