Stratégie réaffirmée
« Le résultat d’exploitation est de 900.530 €. Avec un résultat financier de 63.049 € et un résultat exceptionnel de -2.775 €, le résultat net est porté à 960.804 € », précisait Guy Fonteniaud, président. « Ceci est l’aboutissement d’une maîtrise rigoureuse des charges, d’un bon dynamisme qui amène une augmentation de l’activité, et de choix de filière opportun, grâce auxquels nous pouvons bénéficier d’un retour de marges supplémentaires de la part de Sicarev, en rémunération du travail d’organisation de la production ». Et le président de préciser : « ce résultat nous permet de financer une prise de participation supplémentaire de 800.000 € à Sicarev, portant notre capital détenu dans le groupe à 4.288.016 € ». Cette augmentation de capital a été décidée par le conseil d’administration en vue de contribuer au financement des investissements en cours sur l’abattoir de Saint-Etienne, pour le porter à une capacité de 40.000 tonnes, avec des coûts de fonctionnement compétitifs.
Débats de fond
« Avec notre résultat, compte tenu de l’augmentation de capital dans Sicarev et des réserves statutaires, nous disposons de la somme de 45.800 € », poursuivait Guy Fonteniaud, invitant l’assemblée générale à débattre de l’affectation de cette somme : « partager la somme entre les adhérents, au prorata du chiffre d’affaires de chacun, ou réaliser une réserve destinée à engager un véritable challenge avec des magasins qui le souhaitent ». Si c’est la deuxième option qui s’est imposée, il n’en demeure pas moins que débat il y a eu. Et en premier lieu sur le montant soumis à discussion : 45.800 des 960.804 € du résultat net de la coopérative, soit 5 % de ce résultat. Plusieurs adhérents rappelaient en effet l’intensité de la crise telle vécue actuellement dans le premier maillon de la filière que sont les élevages, une crise que la sécheresse actuelle pourrait bien accentuer… « Et là, on ne parle plus d’une centaine d’€ par élevage, mais d’un montant autrement plus conséquent », notait un éleveur, à qui Guy Fonteniaud rappelait que les « choix judicieux d’hier permettent ce débat aujourd’hui, aussi sommes-nous invités à ne pas nous tromper dans nos choix d’aujourd’hui ».
Circuits plus courts
« Notre modèle d’organisation de filière - qui permet aux producteurs en toute transparence de maîtriser toutes les phases de la transformation - est aujourd’hui unique en France », rappelait le président pour qui, « la plupart des groupements de producteurs, après avoir échoué dans la gestion de leur outil d’aval, prétendent mieux défendre les intérêts des éleveurs, en se contentant de faire de la mise en marché. C’est une affirmation simpliste et fausse à bien des égards ». Et le président de Charolais Horizon de citer l’éloignement des outils de transformation des bassins de production sans que les éleveurs n’aient de regard sur la gestion ou sur la stratégie mise en place. Il citait aussi l’indispensable connexion au marché, qui permet aux outils de prendre les bonnes décisions en matière de captation de la valeur ajoutée.
Avec ce fond de 45.800 € de promotion et de communication, le groupement entend renforcer ses partenariats avec la grande distribution, « pour capter davantage de plus-value », alors que Charolais Horizon sert pour l’heure une vingtaine de points de vente en Saône-et-Loire. « Notre modèle de filière complète séduit nos interlocuteurs », complétait François Chaintron, directeur. Ce n’est donc pas un hasard si Charolais Horizon cherche à impliquer davantage encore le groupe d’éleveurs et de conjointes d’éleveurs qui se rend régulièrement sur des animations magasins, ni d’ailleurs si le groupement entend conserver son avance en matière de contractualisation de la production tout comme dans la large offre de produits issus de démarches Qualité reconnues.
« La filière commence dans nos cours de ferme », rappelait Guy Fonteniaud paraphrasant pour l’occasion Bernard Joly. Pour le président, « les éleveurs doivent désormais comprendre que le prix de leur animal ne se fait pas dans la cour de ferme ; il nous faut nous impliquer davantage dans les filières pour relever les grands défis que sont la mise en avant de nos atouts environnementaux, la réduction de notre exposition et de notre fragilité face à la volatilité des cours des matières premières, par le développement de la contractualisation pour l’engraissement, par des partenariats avec la grande distribution et la contractualisation avec les filières végétales ». Le président citait également au rang des défis à relever, « le développement de la compétitivité de la production et de l’abattage-transformation », et « l’accroissement de notre dynamisme à l’export ». Autant de défis qui doivent permettre « d’obtenir des prix plus rémunérateurs ».
Un objectif que tous dans la salle partageaient, et dont ils attendent manifestement impatiemment - au regard des échanges et des interventions - la réalisation.
L’année 2010 en chiffres
Délicat de résumer une année de fonctionnement en quelques chiffres et en quelques lignes. De 2010, il ressort pour Charolais Horizon une sensible poursuite de la progression de l’activité, avec 32.168 animaux, soit une hausse de +6,3 %. « Le cap des 30.000 animaux franchi en 2009 est désormais derrière nous », commentait François Chaintron. Du côté des adhérents, le chiffre augmente légèrement à 405, contre 403 l’année précédente, et cela en dépit de 19 départs pour l’essentiel dus à la retraite. En effet, si l’on se penche sur le nombre d’animaux commercialisés, on note un accroissement de 1.202 animaux finis à 12.295 et de 695 animaux maigres à 19.873, avec un impact de +2,5 % sur le chiffre d’affaires de collecte-vente lequel atteint 37,8 des 41,1 millions d’€ du chiffre d’affaires global, la différence étant à mettre au crédit de la vente de produits et de services annexes. Peu de surprise quant aux débouchés : les animaux finis sont orientés vers la Sicarev pour 75,7 % d’entre eux, un pourcentage et un nombre en augmentation, et vers Charollais Viandes pour 16 % ; quant au maigre, 70,3 % partent via Deltagro Union, tandis que la vente aux adhérents se développe et atteint désormais 15,7 %. A noter que la vente de reproducteurs affiche une dynamique certaine, avec 242 reproducteurs commercialisés l’an dernier, un chiffre en hausse de 37, ce qui équivaut à +18 %. Autre dynamique à remarquer, l’investissement dans les filières Qualité : label rouge, FQC, AOC Bœuf de Charolles - dont les deux tiers des volumes sont issus de la coopérative -, mais aussi Charolais de Bourgogne ou Saveurs d’ici pour la viande, la filière non OGM pour le maigre. Charolais Horizon développe aussi le volet contractualisation, avec des résultats probants tant pour la planification que pour la sécurisation de l’engraissement, avec repousse. Au total, les plus-values liées aux signes de qualité et à la contractualisation atteignaient 286.954 € en 2010.
Ça bouge…
Depuis le 1er janvier, Creuse Corrèze Berry Elevage (CCBE) a rejoint Deltagro Union, filiale du groupe Sicarev spécialisée dans l’exportation de bovins maigres. Jusqu’alors engagé dans Charolais Accor/Socaviac, ce groupement apporte des volumes supplémentaires, mais aussi une complémentarité intéressante quant aux zones de production.
Tradival Bovins devrait voir le jour en 2012. Il s’agit d’une restructuration Amont et Aval de la Sicarev et de Sicavyl sur les métiers de la viande bovine. Quant à Tradival Porcs, l’entité est désormais constituée.
Le GIE Alliances coopératives - dont François Chaintron est le responsable administratif - travaille à la synergie entre les différentes coopératives du groupe Sicarev, en vue de réduire les coûts de fonctionnement.
En place depuis sept ans, la démarche AgriConfiance a été réorientée pour intégrer le volet Environnement, en vue de valoriser ce point auprès de la clientèle. Celle-ci est effective depuis quelques jours, faisant du GIE le premier acteur de la filière Viande à décrocher cette certification.
Le chantier de la réorganisation du fonctionnement de Charolais Horizon est lancé. Les tâches administratives et la logistique seront désormais appréhendées au niveau du groupe et un seul système informatique assurera le suivi de l’ensemble.