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Seconde moisson, Matériel agricole, Bourgogne Franche Comté
Décryptage

"Sur le Front" : une mécanique du soupçon au service de l'audience ?

Le 30 mars, France 5 a diffusé un nouveau numéro de l’émission Sur le front, intitulé « Que se passe-t-il dans nos champs ? ». Ce reportage s'apparente moins à une enquête journalistique qu’à une opération de propagande orchestrée autour des leviers classiques du sensationnalisme : la peur et l’émotion brutes. Sous couvert d’information, Hugo Clément déploie une panoplie de techniques destinées à désigner l’agriculture comme coupable de tous les maux. 

Par  Christophe Soulard

Le premier levier est sonore : l’usage systématique d’une musique angoissante dès qu’il s’agit d’évoquer les pratiques conventionnelles ou les pesticides. Ce procédé, couplé à une mise en scène façon « Tintin » avec caméras cachées, vise à faire croire au téléspectateur que les agriculteurs dissimulent des pratiques illégales, notamment sur l’usage du glyphosate. Or, le reportage omet volontairement de contextualiser les faits. Par exemple, si des résistances comme celle du ray-grass aux herbicides apparaissent, elles sont documentées par la science (Inrae, Arvalis) comme étant le résultat de la diminution des molécules autorisées, ce qui limite les rotations possibles. Hugo Clément préfère y voir une « diablerie » intrinsèque à la chimie. Détournement L’émission excelle en outre dans l'instrumentalisation du pathos. En filmant des parents éplorés par le cancer pédiatrique dans la plaine d’Aunis, l’animateur établit un lien de causalité direct avec les pesticides qu’aucune étude scientifique n’a pourtant formellement prouvé à ce jour. Cette stratégie de « l’émotion contre les faits » occulte les réalités nuancées des autorités sanitaires (ARS, Santé publique F...

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