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Agrioccasions, les occasions agricoles
Congrès de la FNSEA

Tour d’horizon des préoccupations du moment

Avant de recevoir le Commissaire européen à l’agriculture, Dacian
Ciolos, et les différents candidats à la présidentielle, les quelque
800 délégués de la FNSEA - réunis en congrès les 27 et 28 mars à Montpellier - ont
surtout insisté sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien sur
la gestion des règles environnementales. Sans oublier bien entendu, les
problèmes climatiques : le déficit hydrique qui s’avère de plus en plus
préoccupant et le gel de février qui a provoqué des dégâts importants sur les cultures et les prairies temporaires.
Par Publié par Cédric Michelin
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Ambiance calme et sereine au congrès de la FNSEA. Il est vrai que la plupart des marchés sont plutôt mieux orientés et qu’aucune crise ne pointe à l’horizon, exception faite des fruits et légumes et du lait de chèvre. Reste le déficit hydrique qui s’est installé cet hiver sur tout le territoire, ainsi que les dégâts aux cultures, blé et orge en tête, mais aussi sur ray-grass, du fait du gel de février. Xavier Beulin a annoncé la réactivation de la cellule sécheresse au sein de la FNSEA et la nécessité de modifier les critères d’accès au fonds des calamités agricoles. Du côté des pouvoirs publics, un décret à paraître devrait permettre la constitution de réserves en eau sans autorisation en deçà de 350.000 m3. Autre sujet abordé, la question foncière qui devient une préoccupation majeure, alors qu'en France, chaque année, quelques 80.000 à 90.000 ha disparaissent au profit de l’urbanisation.


Assouplissements demandés


La question lancinante n’en reste pas moins les relations conflictuelles entre l’agriculture et l’environnement. De nombreux délégués se sont élevés contre les difficultés que rencontrent les agriculteurs au jour le jour : les règles administratives qui se superposent quand elles ne se contredisent pas, les contrôles tatillons, la pression des organisations de protection de l’environnement. En plus ici ou là, les agriculteurs sont confrontés à des difficultés particulières. Le gel de février a en effet provoqué des dégâts considérables dans le grand nord-est de la France. Au-delà des pertes économiques, la question qui est posée aux autorités françaises et communautaires porte sur les assouplissements à apporter aux mesures agro-environnementales (MAE) et mesures rotationnelles pour que les agriculteurs ne soient pas lourdement pénalisés par cette catastrophe climatique. La FNSEA entend mobiliser les pouvoirs publics sur le sujet, et ainsi accompagner les agriculteurs dans leurs démarches.
Il a été aussi beaucoup question des prédateurs dans les massifs montagneux, des Alpes et des Pyrénées, le loup et l’ours qui bénéficient, il faut bien le dire, d’une sollicitude des pouvoirs publics que n’ont pas les éleveurs. Enfin le lait et les difficultés rencontrées avec Lactalis ont été évoqués par de nombreux délégués. Même s’il s’avère aujourd’hui que l’entreprise a enfin accepté de revenir à la table des négociations sous la pression des producteurs.


Les présidentiables interpellés


Au programme de la journée du 28, les délégués devraient réfléchir aux moyens de sécuriser les exploitations agricoles confrontées de plus en plus à l’instabilité des prix et des revenus. Ce qui implique des évolutions en termes de fiscalité, de statut de l’entreprise, de financement… Avant d’entendre, le Commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos, sur la réforme de la Pac. Au-delà du budget, le commissaire devait être interrogé par la FNSEA sur les mesures de verdissement jugées excessives et les mesures de gestion des marchés considérées comme insuffisantes. Mais à moins d’un mois de l’élection présidentielle, l’évènement le plus attendu était le rendez-vous avec les présidentiables, le 29 mars. Sept d’entre eux ont répondu positivement à l’invitation de la FNSEA (tous sauf Mélenchon, Poutou et Arthaud). Le président de la FNSEA n’a pas caché qu’il attendait d’eux des engagements précis sur le maintien du budget de la Pac, la restauration de la compétitivité de l’agriculture française et l’amélioration des relations entre l’agriculture et l’environnement. « Nous ne voulons pas d’une écologie punitive, mais d’une écologie responsable et concertée », a répété Xavier Beulin qui attend aussi des futurs responsables politiques une reconnaissance des efforts réalisés par les agriculteurs.

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