Tous les clignotants sont au vert
les 27 et 28 avril. Le rééquilibrage des aides Pac et un marché
favorable permettent à la filière de rebondir et de construire un
projet économique fondé sur les prix, l’appui technique, et la
formation. Seule ombre au tableau : les coûts de production.
Jusqu’au distributeur
Le premier est signé, pour un an. Le second, un accord de second niveau, pourrait être conclu en juin, pour trois ans. Il engage toute la filière, depuis les producteurs, le secteur de l’abattage-transformation et la distribution, grandes surfaces et boucheries. L’interprofession travaille à l’élaboration d’indicateurs de référence, étudiés par l’Institut de l’élevage. “Nous avons pris le dossier de la contractualisation à bras le corps non seulement par ce que la LMA (Loi de modernisation agricole) l’imposait, mais aussi par intérêt de toute la filière, l’aval étant très demandeur”, a expliqué Emmanuel Coste, président d’Interbev ovins, lors d’une table ronde. Dans un message vidéo, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, a salué le travail entrepris : “Vous avez saisi l’intérêt des contrats de filière, jusqu’au distributeur, pour stabiliser le revenu”. Reste maintenant aux acteurs de terrains à s’approprier cet outil, “afin qu’il ait un sens”, a insisté Serge Préveraud.
La question des aides après 2013 a été aussi largement abordée. Les producteurs de moutons espèrent que le rééquilibrage des aides va être pérennisé. Dans un contexte de verdissement de la Pac, le secteur ovins possède un atout important, sa contribution à la production de biens publics environnementaux. La production favorise la biodiversité et les prairies participent au stockage du carbone. La production ovine, et la viande d’agneau bénéficient aussi d’une image positive auprès du grand public.
Le défi de la maîtrise technique
La compétitivité de la filière ovine passe aussi par la technique, et la formation, un des piliers de la relance ovine. “Alors que l’indice Ipampa (Indice des prix d'achat des moyens de production agricole) atteint des sommets, il est indispensable de regagner de la compétitivité par le levier coûts de production”, a souligné Christiane Lambert, Première vice-présidente de la FNSEA et présidente de Vivéa. “Depuis 20 ans, les éleveurs n’ont pas investi, faute de revenus. Il y a un fort besoin de modernisation des bâtiments, d’amélioration génétique, constate Serge Préveraud. En ce sens l’identification électronique va permettre de gérer les troupeaux, de réaliser des sélections génétiques. C’est un outil extraordinaire”. La FNO a demandé au ministre “un accompagnement financier pour faire de cette identification électronique un atout technique”. Elle souhaite aussi la mise en place d’un “plan stratégique génétique pour la filière”. Enfin en matière sanitaire, “il faut vacciner contre la FCO”, a insisté le président de la FNO. "Toute rechute serait fatale à un élevage convalescent”.
FNO-JA : Faire de la filière un laboratoire à l’installation
Un producteur ovin sur deux, -environ 10.000 éleveurs-, partira en retraite dans les 7 à 8 ans. Pour conserver le cheptel, il faudrait selon la FNO installer entre 400 et 500 nouveaux éleveurs chaque année. Un challenge vital pour une production qui a perdu, en vingt ans, un tiers de ses effectifs et qui ne produit plus que 43 % de la consommation nationale. Un travail commun a été lancé avec Jeunes agriculteurs. Objectif : “faire de la filière ovine un laboratoire à l’installation”, a expliqué Jean-Michel Schaeffer, président de JA national. Diverses pistes, parfois innovantes, seront explorées en matière de formation (tutorat, compagnonnage…), de mobilisation des cédants et de financement de l’installation (fonds d’investissement…).
Dossier loup : “Une régulation de tous les prédateurs en France”
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La production ovine n’est pas compatible avec les prédateurs, a réaffirmé Serge Préveraud. "Nous demandons une régulation de la population de tous les prédateurs en France”. La FNO et la FNSEA ont rompu leurs relations avec l’Etat sur ce dossier depuis décembre 2010, dans l’attente de “mesures efficaces de régulation du loup ”. La FNO constate “l’inefficacité du dispositif de gestion de cette population en France” et rappelle que ce sont “les brebis et le pastoralisme les garants de la biodiversité”.