Antibiotiques
Traiter le plus tôt est le mieux !
Si en médecine vétérinaire les antibiotiques ne sont pas automatiques,
leur usage, de manière individualisée, le plus tôt possible après le
déclenchement d’une infection pourrait s’avérer plus bénéfique en
termes de survie des animaux comme de limitation du développement de
résistances bactériennes. C’est ce que vient de démontrer une équipe de
chercheurs de l’Inra de Toulouse. Ils ont étudié les bénéfices et les
risques d’un traitement précoce individualisé par rapport à un
traitement tardif, par antibiotiques chez des animaux modèles pour la
pneumonie.
leur usage, de manière individualisée, le plus tôt possible après le
déclenchement d’une infection pourrait s’avérer plus bénéfique en
termes de survie des animaux comme de limitation du développement de
résistances bactériennes. C’est ce que vient de démontrer une équipe de
chercheurs de l’Inra de Toulouse. Ils ont étudié les bénéfices et les
risques d’un traitement précoce individualisé par rapport à un
traitement tardif, par antibiotiques chez des animaux modèles pour la
pneumonie.
En médecine vétérinaire, il est couramment admis que, de la même manière qu’en médecine humaine, la prescription d’antibiotiques s’accompagne de l’apparition de résistances bactériennes.
Différentes stratégies coexistent pour traiter les animaux d’élevage, du traitement collectif précoce (tous les animaux d’un groupe sont traités dès que quelques individus présentent des symptômes d’infection bactérienne) au traitement individualisé des seuls animaux présentant des symptômes. Chacune de ces stratégies comporte des avantages et des risques et le choix de la méthode de lutte appropriée dépend de l’examen du rapport bénéfices/risques.
En termes de risques, il est reproché à la stratégie collective d’induire une surconsommation d’antibiotiques par rapport au traitement des seuls animaux malades. Cependant, différentes études ont déjà suggéré que le traitement précoce d’un seul animal infecté permet d’utiliser des quantités/doses moindres d’antibiotiques. En effet, l’activité antimicrobienne de ces derniers est plus efficace lorsqu’une faible population bactérienne est présente sur le site de l’infection.
La preuve par la souris
A l’Inra de Toulouse, les chercheurs de l’unité Physiopathologie et toxicologie expérimentales se sont intéressés à l’impact des traitements précoce et tardif à base de marbofloxacine - un antibiotique de la famille des fluoroquinolones utilisé chez les animaux - chez des souris modèles pour la pneumonie. Ils ont notamment suivi la survie des souris, l’éradication des bactéries et la prévention de résistances. Selon leur postulat de départ, un traitement précoce avec une plus faible dose d’antibiotique serait plus bénéfique.
Les auteurs confirment que la taille de la population bactérienne sur le site de l’infection - qui est le corollaire des différents temps d’administration des antibiotiques (précoce ou tardif) - joue un rôle déterminant sur l’activité bactéricide. Pour les doses d’antibiotique testées (1 et 40 mg/kg), la survie des souris était supérieure lors du traitement précoce comparativement au traitement tardif. Les chercheurs démontrent également qu’une faible dose d’antibiotique (1 mg/kg) administrée précocement donne les mêmes résultats sur l’éradication des bactéries qu’une dose importante (40 mg/kg) administrée plus tardivement. En revanche quelque soit la dose d’antibiotique utilisée, la sélection de bactéries résistantes a toujours été moindre pour un traitement précoce.
De nouvelles perspectives
Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour un usage raisonné des antibiotiques qui combine les objectifs de réduction de leur utilisation –un enjeu de santé publique- et de la préservation de la santé animale. Une stratégie de traitement précoce et ciblé des seuls animaux infectés pourrait se substituer efficacement à la stratégie actuelle des traitements collectifs et permettre un contrôle des infections et de leur propagation tout en réduisant les quantités d’antibiotiques utilisées, tant au niveau individuel (doses plus faibles) qu’au niveau collectif (moins d’animaux traités).
Cette stratégie est indissociable du développement de méthodes de détection précoce (avant symptômes visibles) des animaux infectés, qui soient adaptées aux espèces d’intérêt agronomique et aux contraintes des élevages et ouvre un nouveau champ d’investigation à la recherche en santé animale.
Références :
Impact of early versus later fluoroquinolone treatment on the clinical, microbiological and resistance outcomes in a mouse-lung model of Pasteurella multocida infection. Veterinary Microbiology.
Aude A. Ferran, Pierre-Louis Toutain, Alain Bousquet-Mélou.
UMR181 Physiopathologie et Toxicologie Expérimentales, Inra, ENVT, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, 23 chemin des Capelles, BP 87 614, 31076 Toulouse Cedex3, France.
Contacts :
Alain Bousquet-Mélou
tél. : 05 61 19 39 25 ou [email protected]
unité mixte de recherche INRA-ENVT-EIP-UPS "ToxAlim"
INRA
180 chemin de Tournefeuille
31027 St-Martin-du-Touch
Différentes stratégies coexistent pour traiter les animaux d’élevage, du traitement collectif précoce (tous les animaux d’un groupe sont traités dès que quelques individus présentent des symptômes d’infection bactérienne) au traitement individualisé des seuls animaux présentant des symptômes. Chacune de ces stratégies comporte des avantages et des risques et le choix de la méthode de lutte appropriée dépend de l’examen du rapport bénéfices/risques.
En termes de risques, il est reproché à la stratégie collective d’induire une surconsommation d’antibiotiques par rapport au traitement des seuls animaux malades. Cependant, différentes études ont déjà suggéré que le traitement précoce d’un seul animal infecté permet d’utiliser des quantités/doses moindres d’antibiotiques. En effet, l’activité antimicrobienne de ces derniers est plus efficace lorsqu’une faible population bactérienne est présente sur le site de l’infection.
La preuve par la souris
A l’Inra de Toulouse, les chercheurs de l’unité Physiopathologie et toxicologie expérimentales se sont intéressés à l’impact des traitements précoce et tardif à base de marbofloxacine - un antibiotique de la famille des fluoroquinolones utilisé chez les animaux - chez des souris modèles pour la pneumonie. Ils ont notamment suivi la survie des souris, l’éradication des bactéries et la prévention de résistances. Selon leur postulat de départ, un traitement précoce avec une plus faible dose d’antibiotique serait plus bénéfique.
Les auteurs confirment que la taille de la population bactérienne sur le site de l’infection - qui est le corollaire des différents temps d’administration des antibiotiques (précoce ou tardif) - joue un rôle déterminant sur l’activité bactéricide. Pour les doses d’antibiotique testées (1 et 40 mg/kg), la survie des souris était supérieure lors du traitement précoce comparativement au traitement tardif. Les chercheurs démontrent également qu’une faible dose d’antibiotique (1 mg/kg) administrée précocement donne les mêmes résultats sur l’éradication des bactéries qu’une dose importante (40 mg/kg) administrée plus tardivement. En revanche quelque soit la dose d’antibiotique utilisée, la sélection de bactéries résistantes a toujours été moindre pour un traitement précoce.
De nouvelles perspectives
Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour un usage raisonné des antibiotiques qui combine les objectifs de réduction de leur utilisation –un enjeu de santé publique- et de la préservation de la santé animale. Une stratégie de traitement précoce et ciblé des seuls animaux infectés pourrait se substituer efficacement à la stratégie actuelle des traitements collectifs et permettre un contrôle des infections et de leur propagation tout en réduisant les quantités d’antibiotiques utilisées, tant au niveau individuel (doses plus faibles) qu’au niveau collectif (moins d’animaux traités).
Cette stratégie est indissociable du développement de méthodes de détection précoce (avant symptômes visibles) des animaux infectés, qui soient adaptées aux espèces d’intérêt agronomique et aux contraintes des élevages et ouvre un nouveau champ d’investigation à la recherche en santé animale.
Références :
Impact of early versus later fluoroquinolone treatment on the clinical, microbiological and resistance outcomes in a mouse-lung model of Pasteurella multocida infection. Veterinary Microbiology.
Aude A. Ferran, Pierre-Louis Toutain, Alain Bousquet-Mélou.
UMR181 Physiopathologie et Toxicologie Expérimentales, Inra, ENVT, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, 23 chemin des Capelles, BP 87 614, 31076 Toulouse Cedex3, France.
Contacts :
Alain Bousquet-Mélou
tél. : 05 61 19 39 25 ou [email protected]
unité mixte de recherche INRA-ENVT-EIP-UPS "ToxAlim"
INRA
180 chemin de Tournefeuille
31027 St-Martin-du-Touch