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EXCLU WEB : UE/Mercosur : Bruxelles marche encore sur des œufs

Après avoir échoué à convaincre les États membres récalcitrants à lui accorder le droit de signer formellement l’accord commercial UE/Mercosur, la Commission européenne avance avec prudence. Le sujet pourrait rapidement revenir sur le devant de la scène dès le début de 2026, en dépit de doutes persistants sur la nature du texte.

EXCLU WEB : UE/Mercosur : Bruxelles marche encore sur des œufs

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dit, le 19 décembre, « confiante » sur le fait de parvenir à signer l’accord commercial avec les pays du Mercosur en janvier, après le report provoqué la veille par la France et l’Italie sur fond de mobilisation agricole. La date d’une signature dès le 12 janvier au Paraguay est à présent évoquée avec insistance par certains. Mais pour l’heure, l’exécutif européen se refuse à confirmer une quelconque date, évoquant simplement « le début de l’année » 2026. Quoi qu’il arrive, il faudra d’ici là qu’un vote des ambassadeurs de l’UE puisse être organisé, sachant que celui qui était prévu le 19 décembre a de facto été annulé. De son côté, le Paraguay, qui a pris la présidence du bloc sud-américain après le Brésil, maintient la pression sur l’UE en vue d’obtenir une signature rapide du texte. Dans son discours inaugural en tant que président du Mercosur, le chef de l’État paraguayen, Santiago Peña a ainsi affirmé que si l’UE reste une priorité, le Mercosur n’attendra plus indéfiniment.

Des incertitudes

Pour être en mesure de signer l’accord, Bruxelles est donc contrainte de laisser le temps aux États membres d’analyser les détails et de se prononcer. « Personne ne va en perdre le sommeil si cela prend quelques semaines de plus pour finaliser cette affaire », a ainsi indiqué le 22 décembre, Olof Gill, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne. Tout en se déclarant ouvert au dialogue avec les pays récalcitrants, l’exécutif européen a toutefois rappelé qu’il avait proposé des mesures pour fournir les garanties nécessaires aux États membres et aux agriculteurs. « Nous n’allons pas rouvrir le texte », a confirmé Olof Gill. À l’issue du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, le président français Emmanuel Macron a pourtant demandé que le texte « change de nature », avec davantage de garanties pour les agriculteurs. Il a notamment souligné avoir appelé « avec l’Italie, la Pologne, l’Irlande et plusieurs autres partenaires […] la Commission à apporter des garanties sur le maintien des revenus de nos agriculteurs dans la future Pac ».

Mais Emmanuel Macron a aussi reconnu que la réponse européenne à ces demandes sur les clauses de sauvegarde, la réciprocité et le renforcement des contrôles avançaient « dans la bonne direction ». De son côté, le Parlement européen, réuni en plénière du 19 au 22 janvier, pourrait notamment se prononcer sur l’accord trouvé entre les négociateurs des institutions européennes en trilogue le 17 décembre sur la clause de sauvegarde agricole. Une finalisation vue comme une condition sine qua non par certains États membres pour autoriser la signature. Mais un tel calendrier s’accorderait alors assez mal avec un objectif de signature le 12 janvier.