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Agrioccasions, les occasions agricoles
A Autun

Un appel d’urgence ! 

Comme à Paris au Ministère et à Charolles à la sous-préfecture, le 28 septembre dernier, les éleveurs de l’Autunois-Morvan sont allés dire à la représentante de l’Etat l’urgence de la situation économique des exploitations. 
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Au même moment que la section bovine occupait le Ministère de l’agriculture à Paris, les éleveurs se sont rendus dans les sous-préfectures de Charolles et d’Autun. Une cinquantaine d’éleveurs de l’Autunois-Morvan sont ainsi partis à la rencontre de Claude Dulamon, sous-préfette d’Autun. En appui à l’action conduite par la section bovine à Paris, les éleveurs de l’arrondissement d’Autun venaient faire pression sur la représentante de l’Etat. Ces actions parallèles ont ainsi permis aux sous-préfets de mesurer toute la mobilisation du département. A Autun, les éleveurs ont insisté sur l’urgence de la situation économique des exploitations. Comme le résumait Luc Jeanin, le président de l’arrondissement, « A court terme, on attend de vous que quelque chose se passe dans un avenir proche ! La profession a fait son travail : la paille est là ! Mais il y a des difficultés économiques. En janvier, ce sera trop tard ! ». Comme à Charolles et à Paris, les éleveurs ont pointé l’insuffisance du fonds de calamité, les dégrèvements d’impôts qui ne sont pas à la hauteur et l’année blanche, qualifiée de « véritable arlésienne ».

Attention à la Pac !


Au cours de l’échange, il a beaucoup été question de difficultés concrètes. Avec beaucoup de dignité, les éleveurs de l’Autunois ont fait part de leur souffrance de ne plus pouvoir vivre de leur métier. La question de l’emploi des épouses d’exploitants a été abordée. Une mesure « sociale » pour laquelle – il faut le reconnaître - la sous-préfette d’Autun a donné un louable coup de pouce, mais qui constitue tout de même un véritable crève-cœur pour la profession. Dans un tel désarroi économique, les contrôles avec toute leur rigidité administrative et la froideur des sanctions qu’ils déclenchent sont particulièrement mal vécus. Un soupçon d’humanité était clairement suggéré à la sous-préfette. Un coup de pouce des pouvoirs publics était également demandé pour « moraliser » certains « puissants » acteurs de la filière. A l’issue de l’entrevue, Bernard Lacour synthétisait l’urgence de la situation en ces termes : « pour arriver à la nouvelle Pac, il faudra qu’il reste des exploitations ! ». Le secrétaire général de la FDSEA mettait également en garde quant à la négociation de la Pac de 2013. Une négociation dans laquelle la profession va devoir être beaucoup plus offensive si elle veut s’en sortir. Une question qui doit nécessairement « être reliée à une politique de développement économique des territoires ruraux », estimait encore Bernard Lacour.