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Agrioccasions, les occasions agricoles
Techniporc 71

Un futur qui pose questions

L’assemblée générale du groupement Techniporc 71 a été l’occasion de rappeler que, plus que jamais, les producteurs étaient sur le fil du rasoir. Avec une augmentation du coût des matières premières et des évolutions parfois étonnantes du prix de vente, cette filière demeure encore fragile et s’interroge légitimement sur son devenir.
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Cette année encore, Techniporc 71 avait donné rendez-vous à Buxy à ses adhérents pour prendre part à son assemblée générale le 25 mai dernier. Le président, Bruno Charbouillot, a fait part de ses quelques espoirs et de ses très nombreuses inquiétudes lors de la lecture de son rapport moral : « 2010 a été une année en demi-teinte ». Avec le sentiment de ne pas avancer alors que de nombreuses actions ont pourtant été mises sur pied ces dernières années. Et si le prix des aliments a été relativement bas en première partie de campagne, il y a eu un net retournement par la suite avec une flambée des cours depuis février et mars derniers. Quant aux prix payés à l’éleveur, « nous sommes revenus à une situation qui permet de couvrir les coûts de production ». Toutefois, il reste des interrogations sur le pourquoi des évolutions des cours et donc sur les prix de vente à certaines périodes. A l’image de ces deux dernières semaines et de la surprenante chute de 10 centimes d'euro du kg enregistrée sur le cadran breton. « J’espère qu’il s’agit d’une baisse passagère », commentait sobrement Bruno Charbouillot. Toujours aussi rigoureux dans son fonctionnement, le groupement Techniporc 71 continue malgré ces aléas à dégager un résultat net positif, lequel se maintient à 14.000 € pour le dernier exercice.

Un abattage de proximité


Lorsque l’on s’attarde sur la quantité et la répartition des adhérents, on constate que Techniporc 71 regroupe aujourd’hui trente éleveurs. Une nouvelle fois, le nombre de naisseurs engraisseurs (50 %) reste important. Par ailleurs, le groupement compte 17 % de post-sevreurs engraisseurs, 13 % de d’éleveurs intégrés, 10 % de naisseurs 8 kg, 7 % d’engraisseurs et 3 % de naisseurs 25 kg. Si l’évolution du cheptel de truies est relativement stable, la production est en diminution. Qu’il s’agisse du porcelet 8 kg, du porcelet 25 kg ou encore du porc charcutier qui passe sous la barre des 40.000. Par contre, la commercialisation réalisée par le groupement demeure extrêmement stable. Quand on se penche sur la répartition des ventes de ces porcs charcutiers, Provent demeure le leader avec 36 %. Arrivent ensuite, parmi les principaux débouchés, Tropal (18 %), Clavière (13 %), Royer (10 %), Autun (5 %), André (4 %) ou encore Massard (3 %). Avec, comme atout, d’avoir un abattage de proximité. Des chiffres à comparer avec ceux de 2004 où l’on retrouvait Provent déjà en pôle position (50 %), suivaient alors Arcadie (12 %), Clavière (10 %), La Bresse (7 %), Autun (6 %), André (2 %), Royer (2 %), Sicadoubs (2 %) et Nicolas (1 %).


Des dossiers préoccupants...





L’un des temps forts de cette assemblée générale aura été l’évocation - douloureuse et poignante - des dossiers d’autorisation par Catherine Lamarre et Bernard Bigot. Avec, à la clé, des procédures qui se poursuivent et durent dans le temps. Car, qu’il s’agisse de certaines municipalités ou d’associations, l’objectif est visiblement de tout faire pour décourager ces éleveurs de continuer leur démarche. Un découragement que l’on pourrait comprendre après plus d’une dizaine de requêtes depuis six ans du côté d’Autun. Ou encore à Saint-Gervais-en-Vallière où Bernard Bigot tente, depuis 2004, et à pourtant un kilomètre de toute habitation, de faire perdurer sa porcherie.


Pour sa part, Christian Decerle, président de la chambre d’agriculture, a tenu à témoigner de sa solidarité auprès de ces deux exploitations et des familles concernées. Et, de manière plus large, il s’est dit inquiet et préoccupé par l’avenir de la ferme de Saône-et-Loire alors que les manifestations d'opposition à d'autres projets agricoles se font de plus en plus souvent jour. L’occasion aussi de se poser, avec une pointe d’inquiétude, des questions sur ce que deviendra, à moyen terme, notre pays. Dès lors, la crainte est de faire de la France en général, et de la Saône-et-Loire en particulier, un pays figé sur un existant de plus en plus fragile.



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