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Agrioccasions, les occasions agricoles
Presse agricole et rurale

Un jeune lectorat « fidèle »

Lors de son congrès des 9 et 10 juin à Reims, le Syndicat de la presse agricole, rurale et cynégétique (SNPar) s'est penché sur son jeune lectorat. Indéniablement, les jeunes sont et restent attachés à ce qu'ils considèrent comme « leur » presse, celle qui est fidèle à leurs idées et à leurs valeurs.
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Le congrès du Syndicat de la presse agricole, rurale et cynégétique (SNPar) s’est déroulé à Reims les 9 et 10 juin. À cette occasion, une soixantaine de directeurs de journaux étaient venus de toute la France. Les attentes spécifiques des jeunes agriculteurs en matière d’information professionnelle ont été abordées. Pour traiter de ce sujet, une étude qualitative sur le sujet avait été confiée à la société WSA en mars dernier. Son PDG, Pascal Bluteau, en a présenté les grands enseignements. Trois tables rondes ont ainsi été organisées, la première à Rennes, la seconde à Orléans et la troisième à Chalon-sur-Saône. Partout, les jeunes exploitants interrogés ont un lien très fort avec leur métier, la terre, la proximité avec la nature et le travail du vivant. Ce métier, ils l'ont choisi et ils l'aiment. Tous ! Leur statut de chef d’entreprise est valorisant, ils apprécient d’être leur patron et la gestion autonome de leur temps de travail.

Ils ont pris du recul...


En revanche, ils ont une réelle difficulté à se projeter dans l’avenir et manquent totalement de visibilité, et ce, quelle que soit la production de leur exploitation. Le secteur est en crise, les revenus baissent et les contraintes environnementales sont chaque jour plus pesantes. Pour autant, ils ont la volonté de préserver une image positive d’eux-mêmes alors même que la profession est parfois mal aimée, attaquée dans les médias généralistes, jugés incapables de comprendre et de retranscrire leur quotidien, leurs préoccupations et donc de répondre à leurs attentes. À ce sujet, tous citent spontanément le titre de leur presse agricole départementale en tête de leur lecture, notamment parce que les titres agricoles apportent de l'information ciblée, de proximité, de la technique, du pratique, de la vie des organisations agricoles, de la vie économique locale... Certes, ils ont bien quelques reproches à nous faire... (lire encadré ci-dessous). Cette image dégradée de leur métier, ils n’en endossent pas la responsabilité qu’ils rejettent sur leurs aînés pour qui l’environnement n’était pas une priorité.
Les jeunes se tiennent à distance des institutions, des discours officiels formatés et revendiquent clairement la liberté de penser. Mais ils ont besoin de faire partie de collectifs, d'associations, de groupes de pairs de classe d’âge pour échanger, prendre du recul.
Leur enjeu économique majeur est de vivre de leur métier, d’assurer la rentabilité économique de leur exploitation. Ils gèrent à l’économie, cherchent à baisser les coûts de production, veulent se diversifier et trouver de nouveaux débouchés. Leur intérêt pour les nouveaux modes de valorisation du patrimoine (photovoltaïque, méthanisation, tourisme, bio, vente directe…) est fort. Ils savent que l’enjeu environnemental va devenir de plus en plus présent et envahissant, et les relations avec les néo-ruraux peuvent être tendues.
Comme pour leurs aînés et en dépit d'un bagage de connaissances qui aurait dû les y préparer, les obligations administratives sont perçues comme croissantes et pesantes. Ils revendiquent la normalité dans leurs loisirs et dans leur vie de famille et n'entendent pas être dévoués corps et âme à l'exploitation, comme cela était le cas hier pour leurs aînés.
En fait, ce sont des femmes et des hommes tout à fait comme les autres, mais avec plus de contraintes et le sentiment d’être parfois des boucs émissaires facilement désignés.


La presse agricole jugée parfois ringarde


En matière de médias, les jeunes agriculteurs privilégient la radio et la télévision et ont fortement développé l’usage d’internet. Ils ont une tendance réelle à délaisser la presse grand public au profit des médias audiovisuels ou du web. Internet a modifié en profondeur les modes d’accès à l’information en s’accaparant des territoires hier dévolus au papier. Mais ils restent attachés à la presse agricole et viticole professionnelle. Ce qui ne les empêche pas de multiplier les sources d’information.
Les jeunes expriment de fortes attentes. Dans un univers économique et financier incertain, « leur » presse doit leur donner des idées, des informations, pour être réactifs, pour anticiper et pour prévoir. Ils y cherchent des témoignages locaux, des informations pratiques, des idées… Face à l’envahissement des tâches administratives, la presse agricole et viticole a une valeur de service forte : alertes juridiques, démarches, calendriers, conseils, organisation efficace...
Attentions aux coups de griffes ! Sans doute parce qu'on ne châtie bien que ce que l'on aime bien, les jeunes veulent une presse agricole qui leur donne une image moderne et reprochent à « leur » presse départementale d’être au contraire parfois ringarde dans sa maquette, dans sa mise en page et dans son traitement de l’information. Ils demandent plus de réactivité et se montrent défiants à l’égard des discours idéologiques et commerciaux. Les éditeurs sont prévenus : pour conserver les jeunes agriculteurs, il va leur falloir dépoussiérer et faire un vrai travail d’information et de proximité.




La presse agricole et rurale


La presse agricole, rurale et cynégétique est regroupée au sein du Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPar). Elle compte 145 titres dont :
- 85 journaux à diffusion départementale et régionale, parmi lesquels L'Exploitant Agricole de Saône-et-Loire ;
- 45 publications à diffusion nationale ;
- 15 publications cynégétiques.
Au total, 32 millions d’exemplaires sont diffusés par an, uniquement sur abonnement. 500 journalistes y travaillent régulièrement.




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