Un marché laitier face à des défis structurels
Invité de l’assemblée générale de l’Organisation de producteurs de la fromagerie Milleret, l’économiste du Cniel Corentin Puvilland a livré une analyse détaillée des perspectives de la filière laitière. Entre envolée récente de la collecte, signaux contradictoires sur les marchés mondiaux et faiblesses structurelles françaises, l’expert a appelé à réfléchir aux leviers d’adaptation de la filière.
« Depuis quelques mois, la collecte laitière repart fortement à la hausse, et cela a surpris tout le monde », observe d’emblée Corentin Puvilland, économiste au Cniel. La tendance est nette : la France a repris près de 500 millions de litres de production, effaçant la baisse observée ces quatre dernières années. Un phénomène d’autant plus marquant qu’il intervient dans un contexte de recul historique du cheptel. « Sur un an, la baisse est de -2,6 %. C’est l’une des plus fortes jamais enregistrées », souligne l’économiste. Comment expliquer ce paradoxe ? Par une hausse spectaculaire de la productivité laitière. « Dans certaines régions comme la Bretagne, le gain de productivité observé en deux ans dépasse celui enregistré pendant les dix années précédentes ».Une hausse liée à des facteurs conjoncturelsPlusieurs facteurs expliquent cette envolée. La robotisation progresse rapidement : « aujourd’hui, près de 28 % de la collecte française provient d’exploitations équipées de robots de traite ». Mais ce phénomène ne représenterait qu’une part limitée de la hausse actuelle. Pour Corentin Puvilland, les conditions fourragères et économique...
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