Accès au contenu
Agrioccasions, les occasions agricoles
Station de Jalogny

Un millésime très prometteur ! 

La "rentrée des classes" a eu lieu mardi dernier à la station de Jalogny. Les 85 jeunes reproducteurs qui composent ce nouveau millésime s’annoncent très prometteurs. Portés par le succès de la vente de l’an dernier, les éleveurs ont pleinement joué le jeu.
120674--arrivee.JPG
Mardi dernier, la station d’évaluation de Jalogny accueillait ses nouveaux pensionnaires pour la saison 2011-2012. 85 jeunes reproducteurs nés l’hiver dernier - tous sélectionnés en ferme par une commission d’éleveurs et de techniciens - ont ainsi été réceptionnés sur le site de la station. Un très joli lot si l’on s’en tient aux commentaires des éleveurs venus déposer leurs pensionnaires. Il faut dire que le succès de la vente de l’an dernier a visiblement "boosté" l’attractivité de la station. « Cette année, avec 250 veaux proposés par 115 élevages, soit 32 élevages et 50 animaux de plus que l'an dernier, nous avons eu bien plus de choix ce qui nous a permis de sélectionner encore mieux que les autres années », confiait Frédéric Borne, responsable du suivi de la station et président de la fédération des stations charolaises. Comme toujours, les animaux ont été choisis avec soin. Respectant les critères nationaux adoptés par la Fédération des stations charolaises (indexation des parents), les recruteurs de Jalogny ont aussi été très attentifs au développement musculaire, marque de fabrique de la station saône-et-loirienne.

Les éleveurs ont joué le jeu


A l’heure de cette "rentrée des classes", les responsables de la station ne cachaient pas leur satisfaction : « nous avons un très bon lot d’animaux avec beaucoup de choix et une diversité d’élevages », se félicitait Frédéric Borne. Autre bonne nouvelle : « on assiste à une évolution dans la réflexion vis-à-vis de la station. Les éleveurs ont eu à cœur de sélectionner le meilleur de leur cheptel et ils se sont inscrits massivement dans notre protocole de planification des accouplements : 800 animaux sont accouplés pour notre programme de procréation », confiait le président de la station.

Améliorations techniques


Redynamisée par la création d’un GIE l’an dernier, la station de Jalogny poursuit sa mutation cette année. En témoignent les améliorations techniques opérées sur place. Un nouveau quai de déchargement avec parc de contention permet de "sécuriser" les manipulations d’animaux. Sous les deux stabulations abritant les lots de veaux, des auges individualisées ont été installées permettant de mieux surveiller la consommation de chaque animal. Le stockage de l’aliment a également été rénové : plus grande capacité de stockage, arrivée au bâtiment par vis, distribution quotidienne à l’aide d’une brouette évitant l’entrée d’un tracteur.
A noter que pour faire face à la hausse du prix des matières premières, les responsables de la station ont été contraints d’augmenter le prix de la pension de cent euros. Une somme qui ne couvre que partiellement la hausse de l’aliment laquelle atteint 140 € par animal. Sans parler du prix de la paille passé de 65 à 110 €/tonne. Conjoncture oblige.

Bernard Bonnot, Champlecy
« Un outil de travail pour les sélectionneurs »


Sélectionneur réputé, Bernard Bonnot propose des veaux à la station de Jalogny à chaque fois qu’il estime « posséder l’animal adéquat ». Ce dernier doit être de très bon niveau génétique, confie l’éleveur. Une sélection rigoureuse qui, si l’animal se révèle performant en évaluation, débouche systématiquement sur une vente. « La station, j’y ai toujours cru », reconnaît le sélectionneur. « Pour nous, c’est un véritable outil de travail. Cà fait du bien de se comparer avec des éleveurs qui ne fréquentent pas forcément les concours. Ici, l’indexation et les chiffres comptent beaucoup et c’est important de voir où on en est ». Bernard considère aussi que le processus d’évaluation instaure « la confiance des producteurs de broutards satisfaits de leurs achats en station ». L’éleveur de Champlecy confie avoir déjà acheté plusieurs taureaux à la station de Jalogny. Très attaché aux lignées génétiques, le sélectionneur avoue regarder beaucoup les origines. « Cette année, j’en ai déjà repéré deux ou trois : il y a de très bons veaux », signale Bernard. Très attentif aux évolutions en matière de génétique, l’éleveur de Champlecy avoue avoir été impressionné par la vente de l’an dernier. « Ca a fait du bruit dans la base de sélection ! », constate le sélectionneur.



Jean-Marc Lespinasse, Saint-Forgeux-Lespinasse (42)
« Valoriser mes meilleurs veaux »


Jean-Marc Lespinasse est un habitué de Jalogny. Il vient en effet tous les ans depuis son installation en 2001. Exploitant dans la plaine roannaise, Jean-Marc conduit une soixantaine de vaches inscrites dont la totalité de la production est engraissée. N’ayant pas de station d’évaluation dans la Loire et privilégiant un modèle d’animaux très proche du style saône-et-loirien, Jean-Marc s’est tout de suite reconnu dans la station de Jalogny. « Quand je me suis installé, la station m’a permis de me faire connaître. Dans la Loire, nous ne sommes pas placés dans le berceau de race et notre département est plus connu pour les qualités d’élevage », confie le jeune éleveur. Chaque année, Jean-Marc sélectionne les meilleurs de ses veaux pour la station de Jalogny, l’objectif étant « de les valoriser au maximum ». Très attentif aux performances technico-économiques de son troupeau, Jean-Marc ne retient que des animaux dont les mères ont un index valeur maternelle supérieur à la moyenne de l’élevage (> 105). « Je n’ai pas à me plaindre de la station de Jalogny. Tous les veaux que j’ai amenés ici sont allés jusqu’au bout », confie Jean-Marc. En moyenne, ses jeunes reproducteurs se sont vendus 2.500 à 2.600 €, l’un d’entre eux ayant tout de même atteint 4.500 €. Cette année, l’éleveur propose un veau sans corne, fils de Virgil et dont la mère est indexée à 107 en IVMat. Un animal qui a fait forte impression dès son arrivée à Jalogny.



Christophe Meunier, Les Bizots
« Se faire connaître et se comparer aux autres »


Cette année, c’est la seconde fois que Christophe Meunier a l’un de ses veaux sélectionné pour la station d’évaluation de Jalogny. Le jeune éleveur en avait fait évaluer un premier il y a trois ans. Mais les deux années suivantes, il n’avait pas proposé d’animal du fait de l’agrandissement de son cheptel. Christophe s’est mis à faire de la sélection en 1998 en adhérant au contrôle de performances. L’inscription est arrivée dans la foulée mais la reprise du cheptel familial en 2008 a ralenti le processus. Aujourd’hui, la part des animaux inscrits atteint les trois quarts du cheptel. Pour la reproduction, Christophe recourt à des taureaux de monte naturelle ainsi qu’à des doses de taureaux privés. Pour Christophe, « la station de Jalogny est un bon moyen de se faire connaitre. C’est aussi la possibilité de se comparer aux autres. Ici, si on se retrouve dans les dix premiers au niveau performances, c’est l’assurance de vendre », confie le jeune éleveur. Ce dernier présente cette année un veau du 18 janvier doté d’un bon potentiel. Le père est un fils de Robinson (origine Devillard), « un taureau qui produit bien chez nous », commente Christophe.


Images