Accès au contenu
Agrioccasions, les occasions agricoles
Bovins Croissance de Saône-et-Loire

« Un outil dans l’intérêt des éleveurs »

Cela fait deux ans que Pierre-Yves Vannier préside Bovins croissance 71. Promu à cette responsabilité à seulement 27 ans, le jeune éleveur a su canaliser les passions de la génétique saône-et-loirienne. Ces deux années ont aussi été celles de grandes avancées dans le département. Désormais, tous les acteurs ont appris à travailler la main dans la main pour que le progrès génétique profite au plus grand nombre.
120112--PY_Vannier.JPG
Depuis 2009, Pierre-Yves Vannier est le président de Bovins croissance Saône-et-Loire. Âgé de seulement 27 ans à l’époque, il succédait à Gérard Frizot à la tête du syndicat de contrôle de performances. Dans un département qui, berceau de race oblige, compte un nombre très important d’élevages "sélectionneurs", la présidence d’un organisme tel que Bovins croissance n’est pas une mince affaire. En deux ans de temps, on peut dire que le jeune Pierre-Yves Vannier a su relever le défi. Car sur les terres d’origine de la charolaise, il faut bien reconnaitre que le domaine de la génétique suscite beaucoup de passion. Et comment pourrait-il en être autrement alors que le département détient près de 220.000 vaches charolaises et que 500 élevages font partie de la base de sélection charolaise ? Une richesse qui a permis de conserver une certaine diversité, tant dans les types d’animaux que dans les façons de sélectionner. Une diversité qui préserve du conformisme industriel et entretient la créativité. Telle est la philosophie qui règne au sein du conseil d’administration de Bovins croissance 71. Toutes les méthodes de sélection y sont représentées : monte naturelle, insémination, station d’évaluation, concours… « Dans notre structure, c’est la diversité des opinions qui fait notre force. L’intérêt, c’est d’instaurer le débat, avec des gens qui participent, qui expriment leurs idées », confie Pierre-Yves Vannier. Même si chacun défend son point de vue avec conviction, tous partagent le même objectif : « que les éleveurs utilisent de la génétique avec des performances connues, de sorte que leur élevage puisse progresser. Il y a de la place pour tout le monde, chaque méthode de reproduction a son marché et il y a des gens qui travaillent bien partout », résume Pierre-Yves Vannier.

Les mentalités changent


Et puis, il faut bien dire que, dans les faits, les querelles de chapelles n’ont plus vraiment court. Avec le renouvellement des générations, les mentalités changent. « La création du GIE Synergie Charolais autour de la station d’évaluation de Jalogny en est un bel exemple », illustre le président de Bovins croissance 71. Autre mise au point : s’il y a toujours quelques grincheux pour dénigrer l’indexation en public, dans la pratique, tous les éleveurs sélectionneurs s’accordent à reconnaître « qu’il y a quand même pas mal de vérité dans les index », confie Pierre-Yves Vannier. Ce dernier signale même que les éleveurs charolais n’ont aucun problème avec l’indexation de la voie mâle. « Cela marche bien sur les taureaux ; dès qu’ils ont eu 25 produits contrôlés, l’indexation permet d’avoir une idée fiable de ce que donne un reproducteur », explique Pierre-Yves Vannier.
Là où les avis sont plus partagés, c’est sur l’indexation des femelles. Certains estiment qu’elle donne un poids trop important à l’ascendance, tendance qui avantage les taureaux issus de testages collectifs mais pénalise les taureaux dits "de monte naturelle".
Cela dit, le président de Bovins croissance 71 fait remarquer qu’un certain nombre d’éleveurs font confiance malgré tout aux index. Pour lui, l’essentiel est d’abord de « faire la promotion d’un outil –en l'occurrence Bovins croissance 71– dont les index font partie. Un outil qui fournit des leviers pour faciliter la vie des éleveurs et leur procurer un revenu ». Car pour l’équipe technique du contrôle de performances, il y a un seul challenge à relever : « faire progresser le niveau génétique des élevages dans le seul intérêt des éleveurs ».

Promouvoir l’appui technique


Et c’est ce défi permanent qui pousse à développer le conseil technique en ferme. « Nous ne sommes plus des gens qui ne font que des pesées et des remises de résultats. Nous allons plus loin », confie Pierre-Yves Vannier. Il faut dire qu’à l’instar de leurs homologues contrôleurs laitiers, les techniciens de Bovins croissance ont pour eux une excellente connaissance des exploitations, tant sur le terrain qu’à travers les chiffres ; « un véritable point fort », estime le président. Cerise sur le gâteau, les techniciens de Bovins croissance n’ont rien à vendre : « juste un appui technique à promouvoir », résume Pierre-Yves Vannier. Désintéressé, ce conseil se veut aussi « judicieux ». Pas question d’aller donner de leçon aux éleveurs, « il faut prendre le temps de voir ce qu’il fait, de comprendre pourquoi il le fait (les effets milieu, l’historique de l’exploitation…), de sorte à pouvoir adapter le conseil dans l’intérêt de l’éleveur », explique le président. Outre l’interprétation du bilan génétique annuel du troupeau, le technicien peut traiter avec l’éleveur du choix des femelles de renouvellement, de l’alimentation, de la contention… « Le technicien pourra aussi aider l’éleveur à choisir son taureau, mais il ne s’agit en aucun cas de choisir le taureau à la place de l’éleveur ! », tient à préciser Pierre-Yves Vannier.

La génétique de demain


On l’a compris : Bovins croissance 71 est en train de prendre une autre dimension, le tout avec un volontarisme et une humilité vis-à-vis des éleveurs qui fait plaisir à voir. Issu d’une famille de sélectionneurs certes, mais surtout jeune éleveur pas tout à fait trentenaire, Pierre-Yves Vannier est à l’image de la génération qui prend la relève dans le métier. Comme tous les jeunes issus du milieu, il connait la valeur du savoir-faire transmis par les aînés, mais il sait aussi parfaitement mesurer les potentialités des nouvelles technologies. « Demain, nous aurons de plus en plus d’outils à notre disposition. Il faudra davantage encore raisonner ses charges, mais on ne pourra pas passer à côté de la génétique. C’est un des leviers où il y a sans doute le plus de possibilités d’amélioration », conclut enthousiaste Pierre-Yves Vannier.


Innovation et réactivité


L’innovation et la réactivité seront au menu du nouvel appui technique proposé par Bovins croissance 71. Ainsi ce dernier sera parmi les premiers à proposer « la mesure de l’ouverture pelvienne des vaches » en vue du tri des génisses de renouvellement. Jusqu’alors, cette donnée n’était pas prise en compte dans l’appréciation de l’aptitude au vêlage des femelles. « Cette mesure concrète de l’ouverture d’une vache au passage du veau donne une indication plus réaliste qu’un simple index facilité de vêlage », estime Pierre-Yves Vannier. Réactifs à l’actualité, les techniciens de Bovins croissance 71 vont aussi s’armer pour être en mesure de proposer des solutions face à la sécheresse (alimentation, information…). Suivant les besoins, ils sauront aussi orienter les éleveurs vers des techniciens compétents des autres organisations professionnelles partenaires, indique le président de Bovins croissance.





Ne pas passer à côté de la génomique


Pour Pierre-Yves Vannier, la génétique n'a pas fini d'offrir des leviers d'amélioration pour les troupeaux, notamment grâce à la génomique. « Pour l’instant, nous avons encore beaucoup de travail pour en profiter pleinement. Mais la génomique nous permettra d’explorer de nouveaux caractères ; ceux que nous ne travaillons pas encore ou bien ceux qui sont difficilement quantifiables. La génomique nous permettra aussi de gagner du temps en sélection. L’enjeu, c’est que le plus grand nombre d’éleveurs possible en profite. Si la conjoncture le permet, la génétique devrait être très intéressante dans les années qui viennent ».