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Agrioccasions, les occasions agricoles
Biogaz de méthanisation

Un prix d'achat d'électricité revalorisé

Ce n'est pas tous les jours que les nouvelles vont dans le bon sens pour les agriculteurs : l'électricité issue de la méthanisation augmente de façon significative de 25 à 30 % à partir du 19 mai 2011. Attendues également, les nouvelles conditions pour l'injection directe du biogaz dans le réseau GDF ne sont pas encore parues. Ces nouvelles dispositions seront présentées à l'occasion de la rencontre sur la méthanisation prévue le 20 juin après-midi à Sennecey-le-Grand.
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Le tarif d'achat d'électricité produite avec le biogaz issue de la méthanisation dépend de plusieurs paramètres. Petit rappel sur le processus de méthanisation : une "ration" de substrats composée d'effluents d'élevage, de déchets verts, de déchets organiques fermente en conditions sans oxygène. Cette fermentation produit du gaz méthane, phénomène normal dans les marais, chez les ruminants, les termites, ou dans les stockages anaérobies d'ordures ménagères entre autres. Le biogaz obtenu (mélange de méthane, CO2, H2O, H2S....) et épuré alimente un cogénérateur. Ce moteur à gaz entraîne une génératrice de courant alternatif, pendant qu'est récupéré le maximum de la chaleur des gaz d'échappement et du système de refroidissement.
Avec la cogénération, le biogaz est ainsi transformé en chaleur et électricité. De l'énergie initiale du Biogaz, on en récupère environ un bon tiers sous forme d'électricité, presque la moitié sous forme de chaleur, le reste étant inévitablement perdu sous forme de chaleur.
Le nouveau tarif est calculé sur trois facteurs : la puissance de l'installation, de l'efficacité énergétique de l'unité, du pourcentage d'effluents d'élevage traités,

Un tarif de base dégressif suivant la puissance


Ce prix de base varie en fonction de la puissance de l'unité. Il est maximum, 13,37 cents d'€/kWh pour les installations jusqu'à 150 kWe et diminue par palier jusqu'à 11,19 cents d'€/kWh pour celles de plus de 2 MWe. La puissance est exprimée en kilowatt "électrique". Pour préciser cette notion, un cogénérateur de 100 kWe qui fonctionne 7.500 heures par an en moyenne produit 750.000 kWh.

La prime au traitement des effluents d'élevage


Elle est variable avec la puissance des installations : au maximum de 2,6 cents d'€/kWh jusqu'à 150 kWe et devient nulle à partir de 1 MWe. Elle est également liée au % d'effluents d'élevage traités : maximale si le pourcentage en poids est de 60 % des produits entrants, nulle si l'on n'atteint pas les 20 %. A noter que les eaux brunes, blanches et vertes sont considérées comme effluents d'élevage.

La prime de l'efficacité énergétique


Pour atteindre le montant maximum de 4 cents d'€/kWh il faut obtenir 70 % d'efficacité énergétique déduction faite du chauffage du digesteur, de l'hygiéniseur, ou de l'alimentation électrique des auxiliaires. En dessous de 35 % elle est nulle. Ce seuil représente le niveau minimal de production électrique du cogénérateur. Toute valorisation de chaleur pour du chauffage augmente le taux d'efficacité énergétique. Le séchage du digestat est comptabilisé dans la valorisation de la chaleur.
A titre d'exemple
Une installation modeste de 80 kWe et néanmoins rentable, demandera environ un quart de temps de travail en système solide discontinu. Ses besoins de substrats entrants peuvent être satisfaits avec le fumier de 500 UGB allaitants, auquel seront ajoutés l'équivalent de 1.000 tonnes de vert (ensilage et/ou déchets verts non ligneux) et de 200 tonnes de déchets organiques gras (abattoirs, commerces..). Le chauffage de deux habitations, et le remplacement de 15 tonnes de propane pour chauffer des poulaillers et de 2.000 litres de fioul pour sécher du fourrage, permettent d'atteindre le nouveau tarif de 17,3 cents d'€/kWh.
Avec un projet de ce type, le temps de retour sur investissement reste sous la barre des 8 ans pour un contrat d'achat d'EDF qui est garanti sur 15 ans.


La rencontre du 20 juin


Un prochain article présentera plus en détails la rencontre organisée sur la méthanisation et qui se déroulera le 20 juin prochain à Sennecey-le-Grand. Elle s'adresse à ceux qui ont des projets ou qui veulent s'informer sur cette voie de diversification. Bertrand Aucordonnier de l'Ademe présentera les bases techniques et biologiques des systèmes actuels, infiniment mélange ou solide discontinu. Une suite sera discutée avec les participants, dans deux voies possibles : les moyens de préparer des projets et la visite de réalisations en fonctionnement.