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Agrioccasions, les occasions agricoles
Opération paille

Un remarquable élan de solidarité

Une drôle d’année... La sécheresse a indéniablement marqué de son empreinte l'année 2011. Si pour certains, elle avait un gout de remake, pour
d’autres, elle a été l’occasion de connaître les craintes que peut
susciter un tel aléa. Retour.
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Courant du mois d’avril 2011, l’état des précipitations a rapidement laissé présager une situation catastrophique pour les éleveurs avec un besoin de paille affiché à plus de 60.000 tonnes chez les seuls adhérents de la FDSEA ; les pluies de juillet et août ont fort heureusement permis de retrouver de l’optimisme dans la ferme Saône-et-Loire.
Malgré cela, une demande de près de 40.000 tonnes - chez les adhérents et les non adhérents - restait à satisfaire. Il fallait donc mettre sur pied une mécanique et une mobilisation des équipes en marche, et cela sans tarder.
La création de SolidAgri 71 a permis, dans un tout premier temps, de prendre contact avec quatre bassins céréaliers (Yonne, Seine-et-Marne, Oise et Aisne) pour y sensibiliser les professionnels auxquels nous demandions de ne pas broyer leur paille, et cela afin de sauver notre cheptel. Grâce à une mobilisation du national, nous avons ainsi pu moraliser un prix de négociation de la paille en andains, évitant toute spéculation.

Branle-bas de combat


La cellule paille a rapidement mis en œuvre et organisé les chantiers de pressage et de manutention des bottes ainsi que la logistique des transports.
Présentes sur les chantiers, les équipes des USC ont assuré la majeure partie des mises en bout de champs des bottes pressées ainsi qu’une partie non négligeable du chargement des camions.
A noter que grâce à des connaissances dans des bassins céréaliers, certaines USC ont organisé elles-mêmes leurs chantiers et ont pu ainsi répondre aux besoins de leur canton, rétrocédant leurs excédents à SolidAgri 71.
Si les pluies d’été ont indéniablement apporté du baume au cœur tant aux éleveurs qu'aux équipes administratives, il n’en fut pas de même pour les responsables des différents chantiers. Loin s’en faut ! Avec les aléas climatiques, les travaux ont pris du retard et la paille a vu sa qualité diminuer au fil des jours et des pluies. Le pressage a parfois été réalisé dans des conditions difficiles, et souvent sous la pression des producteurs de céréales inquiets quant à la durée des chantiers et du maintien de la qualité de leur sols (tassement).
A raison d’une trentaine de camions par jour, les tous derniers chargements sont arrivés à bon port dans notre département début novembre.
Cette opération paille a indéniablement été un élan de solidarité remarquable. Certes, certains ont émis des remarques quant à la qualité de la paille ; d’autres encore y ont vu une raison d’afficher un mécontentement enraciné… Mais si une seule chose était à retenir de cette vaste opération, c’est que notre cheptel a passé l’hiver la panse pleine et les yeux brillants et que notre département a échappé à une importante décapitalisation de son outil de production.
Pour cela, il est temps de remercier les femmes et les hommes qui font vivre nos organisations professionnelles et qui savent, le moment venu, faire preuve d’abnégation pour se mettre au service du collectif.
Nous tenons à associer à cette opération paille, toutes celles et tous ceux - en particulier les Jeunes agriculteurs, la chambre d’agriculture et la Safer - qui ont apporté un soutien administratif et logistique, un soutien apprécié de tous.

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