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Agrioccasions, les occasions agricoles
5e Rendez-vous de l’Agriculture

Un rendez-vous qui fera date

Le 6 janvier à Chalon-sur-Saône, le 5e Rendez-vous de l’Agriculture a
réuni plus de six cents personnes autour d’un message que la chambre
d’agriculture de Saône-et-Loire avait voulu résolument positif. Retour
sur l’ambition de cette journée.
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« La vie et la dynamique de cette journée, c’est celle de toutes celles et de tous ceux qui s’intéressent à la vie de notre profession », notait d’emblée en accueillant les plus de six cents participants Christian Decerle, président de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. « Nous avons voulu donner une tonalité un peu particulière à ce rendez-vous, parce qu’il est des moments où la profession doit faire entendre sa voix, doit partager ses valeurs et ses convictions. À l’aune d’une année nouvelle, qui sera marquée par les élections présidentielles et législatives, alors que la réforme de la Pac se profile et que ses possibles très lourds impacts pour nos territoires intermédiaires commencent à être mieux cernés, tandis qu’est lancée la réflexion prospective Sirius, il nous paraît important que notre grand département agricole puisse passer un certain nombre de messages, qu’il puisse porter de façon audible des positions et des propositions ».

Un fleuron indéniable de notre économie


Rappelant la perte importante d’actifs enregistrée en Saône-et-Loire, comme partout en France d’ailleurs, lors des dix dernières années, le président de la chambre invitait chacun à ne pas céder au découragement : « on a tapé trop dur, trop fort, trop violemment sur le secteur agricole. Au pays de la gastronomie reine, reconnue et inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité, les débats sur la malbouffe ont fait un dégât considérable ! La profession agricole fait des efforts, s’adapte, rebondit, elle a besoin d’encouragements et d’un cadre sécurisant ».
Faisant allusion au discours ambiant sur la réindustrialisation de la France, Christian Decerle se tournait vers les élus présents : « il serait sage de porter une oreille attentive au secteur agricole. C’est un fleuron de notre économie ». Fleuron en terme d’images, fleuron en terme d’économie et d’emplois, fleuron encore en terme de devises alors que notre balance commerciale générale souffre…
« Nous disposons ici, en Saône-et-Loire, de nombreux atouts », concluait Christian Decerle invitant pouvoirs publics, administrations et élus à « réaffirmer avec force leur soutien à cet important secteur économique qu’est l’Agriculture ; lui donner de l’espoir et des perspectives ; enfin, se donner tous ensemble les moyens de la faire prospérer ».
Bref, un discours offensif, ouvert et ambitieux pour notre agriculture, les femmes et les hommes qui la font, et les entreprises qui gravitent autour d’elle, tant elle le mérite.




Une journée en trois temps



Plusieurs temps forts jalonnaient ce 5e Rendez-vous de l’Agriculture. Retour sur l’intervention de Vincent Pacini et la table ronde réunissant une palette de "conspirateurs du futur" locaux.



Impossible de retranscrire en quelques lignes la richesse des débats de cette journée : au total, pas moins de sept heures trente d’échanges ! En revanche, force est de constater que l’esprit résolument optimiste qui dictait cette journée s’est manifestement propagé aux nombreux participants.



Chacun des trois temps forts a illustré le fait que la grande majorité des solutions réside dans la capacité des hommes à relever les défis qui s’offrent à eux. De l’épreuve, de la difficulté naissent les solutions. Mais « le hasard est utile aux esprits préparés », rappelait fort justement l’économiste Vincent Pacini, appelé à remplacer en dernière minute Michel Godet retenu pour cause de maladie. Ce dernier a d’ailleurs livré un plaidoyer vigoureux en faveur de l’Agriculture, mettant en garde tant contre les surenchères libérales que contre les surenchères écologiques : « il faut produire dans un schéma de cohérence ». Et cela dans un contexte complexe lié à la révolution majeure que nous vivons : « en l’espace de vingt ans, deux milliards de personnes utilisent Internet de par le monde et cinq milliards possèdent un téléphone ; cette révolution modifie notre relation à l’espace et au temps ». S’il rappelait la financiarisation de l’économie, Vincent Pacini proposait de concilier économie de production et économie résidentielle, « les deux ressources qui comptent pour un territoire ». Bref, ici en Saône-et-Loire, « on a tout, mais ce n’est pas dans le bon sens ! »

Prendre l’initiative






S’en suivait une riche et très dense table ronde à laquelle participaient Jean-Paul Malatier, producteur de porcs fermiers à Colombier-en-Brionnais, Didier Laurency, polyculteur éleveur de volailles de Bresse et président de Bourgogne du Sud, Laurent Boivin, polyculteur et éleveur laitier à Devrouze, Laurent Bernard, producteur de céréales et de légumes plein champ à Bragny-sur-Saône, Bernard Derain, gérant de la Sica "Bourgogne de vigne en verre", Jacques Ducerf, PDG des établissements Ducerf SA à Vendenesse-les-Charolles, et Fritz Wolf, du groupement allemand de producteurs Besch.



De ces riches interventions, sur lesquelles nous reviendrons, se dégageaient la notion de « prendre l’initiative » et le « refus de subir », comme le mettait en exergue Didier Laurency. Il en ressortait aussi l’importance de se regrouper, de ne pas rester isolé, tout en gardant des schémas de décision courts et efficaces. L’importance d’être convaincu de la qualité de son produit, mais aussi d’y mettre les indispensables moyens marketing s’imposait encore.



Bref, « se placer en dehors des sentiers battus et innover, tout en restant en parfaite relation avec son environnement, son écosystème », notait Vincent Pacini.



« Il faut quoi qu’il advienne garder et cultiver l’optimisme car rien ne se réalise jamais comme on l’avait prévu », concluait, philosophe, Bernard Derain.



Nous reviendrons sur cette manifestation dans une prochaine édition.






L’avenir en confiance


La journée a été l’occasion de lancer une vaste réflexion, ouverte à tous, autour de la place de l’Agriculture dans notre département à l’échéance de quelques années. Là encore, pour agir et ne pas subir.



L’optimisme est de rigueur, on l’a compris. Dès lors, « il convient d’organiser la réflexion » pour « écrire un véritable projet politique de développement pour nos territoires », proposait Jean-Luc Desbrosses, secrétaire général de la chambre d’Agriculture, rappelant que plus de 20 % de la population était située dans les campagnes. « Il y a un réel besoin de développement des territoires », et cela passe « par un travail collectif, agricole certes, mais au-delà naturellement ».



Dès lors, pour Jean-Luc Desbrosses, il va de soi que la réflexion doit être ouverte, aux élus locaux, aux associations… pour, ensemble, « redéfinir un projet agricole départemental ».



Les pistes de réflexion sont importantes et fondamentales, car, comme le rappelait le secrétaire général, « quand il n’y a plus de projet, il n’y a plus de dynamisme, plus de vie… »



Il s’agit aussi d’apporter la contribution de l’Agriculture de Saône-et-Loire au projet Sirius, lancé par le Département, pour ainsi « redonner de grandes orientations, accélérer les changements qui sont à notre portée aujourd’hui, mettre en garde et préparer les évolutions qui se profilent ». Bref, « éviter le pire » et œuvrer pour l’avenir, la création de richesses, de valeur ajoutée et d’emplois, le maintien et le développement d’une ruralité dynamique et vivante.



Autour de deux axes



Mais pour aboutir à cela, il convient de passer par une démarche structurée, pour que naissent des propositions d’actions concrètes. Responsable du service Conseil d’entreprise à la chambre, Rémy Guillot présentait les étapes de cette dernière qui doivent conduire à ce qui pourrait être des assises départementales de l’Agriculture et de la Ruralité, fin juin prochain, pour « débattre des propositions et arrêter un projet ».



D’ici là, chacun était invité à s’inscrire dans le processus de réflexion, celle-ci s’orientant autour de deux axes :



- Autour de la production et de l’entreprise agricole : les filières de production ; l’exploitation agricole ; la dynamique de création d’entreprise, l’emploi et l’installation ;



- valorisation des produits et des métiers : l’industrie agroalimentaire ; la valorisation des produits locaux, les filières courtes et la consommation locale ; l’entrepreneur et le chef d’exploitation.



Vous avez des idées ? N’hésitez pas, vous aussi, à vous inscrire pour enrichir la réflexion.









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