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Agrioccasions, les occasions agricoles
Développement des ventes

Un triporteur pour répondre aux souhaits des consommateurs

Après avoir mené plusieurs études sur les nouveaux modes de
consommation, Interfel lance le premier triporteur de fruits et de
légumes frais pour répondre aux attentes des consommateurs : saveurs,
qualité, rapidité et proximité.
Par Publié par Cédric Michelin
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Il y a quelques années les responsables français de la filière fruits et légumes avaient été étonnés au cours d’un voyage en Italie de voir que même dans les endroits étroits des villes, il y avait toujours possibilité pour le consommateur d’acheter des fruits et des légumes. Depuis l’idée a fait son chemin, et après avoir étudié le comportement des Français, l’interprofession fruits et légumes frais (Interfel) met en place à titre expérimental, à Paris, un triporteur de fruits et légumes frais. Valérie Sené, directrice Economie et Stratégie marketing d’Interfel explique que la consommation des fruits et des légumes s’érode en volume : 0,5% par an, d’où l’urgence d’une stratégie de conquête.


Praticité et Accessibilité




INTERFEL a donc choisi d’étudier de plus près la cible des jeunes consommateurs de moins de quarante ans. C’est en effet à ce moment que l’on prend des habitudes alimentaires que l’on va garder toute sa vie. L’arrivée du premier enfant est aussi une étape où les consommateurs peuvent avoir envie de changements alimentaires importants. Mais ces consommateurs de moins de quarante ans ont aussi des demandes. Il faut que la préparation de leur repas soit facile et qu’ils n’y passent pas trop de temps. Il faut donc offrir au consommateur de la praticité et de l’accessibilité. Pour eux, il faut aussi passer du rationnel : « manger 5 fruits et légumes par jour » à l’émotionnel. Le consommateur veut redonner du sens à sa vie, et à son alimentation. Le temps de la pause déjeuner se réduit. En vingt ans, on est passé de 1 h 40 consacrée au déjeuner à 40 minutes. Un Français sur 5 ne prend pas de petit déjeuner. On peut donc essayer de réintroduire le fruit au petit déjeuner. Autre tendance lourde qui se développe : il faut que le lieu où l’on se ravitaille soit plus proche, ouvert plus tard, et que l’on y trouve plus de produits frais. Il faut aussi que les magasins proposent des contenus pluriels : avec, par exemple, un espace « prêt à manger ». Autre tendance que l’on rencontre aussi pour le bricolage : la poussée du « fait maison ». Le consommateur souhaite se recentrer sur sa sphère privée. Il recherche aussi l’aliment « naturalité ». Pour lui, si c’est naturel, c’est moins transformé et c’est donc plus sain. Enfin, le consommateur veut redonner du sens à sa vie, à son alimentation. Cela va passer par le fait que qu’il va rechercher l’avis de spécialistes.


Faire bouger les lignes




Le triporteur de fruits et légumes frais a été conçu pour répondre à toutes ces attentes. Il sillonnera les rues de la ville en faisant des haltes sur des lieux stratégiques de la vie des citadins actifs : à proximité des transports publics, le matin et en fin d’après-midi, ou encore non loin des quartiers d’affaires au moment du déjeuner. Ce pilote expérimental va être évalué sur une période test de deux mois. Cela permettra de savoir si ce système de distribution est efficace. Si la réponse est oui, il sera possible de le généraliser. Jean Sales, président de la Commission innovation Accessibilité d’INTERFEL donne sa vision : « Nous sommes dans une anomalie avec le fait que les fruits et légumes sont peu valorisés et qu’on en arrive à des ventes au déballage. Le triporteur c’est l’anti-déballage. C’est l’idée de faire aimer. C’est l’espoir d’être compris. Quand on constate que le prix des fruits est de 2,00 € le kilo alors que le prix de la pizza est de 15,00€ le kilo. L’idée avec le triporteur, c’est de faire bouger les lignes ».