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Agrioccasions, les occasions agricoles
Copeaux de bois

Une alternative à la paille

Depuis plusieurs années, certains éleveurs utilisent les copeaux de bois comme alternative à la litière de paille. L’efficacité n’est plus à prouver (drainage, absorption, effet aseptisant…), mais quelques règles sont néanmoins à retenir. Dans un contexte de prix de la paille en hausse et de rendements fourragers comme des cultures à la baisse, les copeaux de bois prennent tout leur sens. Tour d’horizon sur leur mise en œuvre… alors que le 14 septembre prochain à Fontenay, une journée d'informations, de témoignages et de démonstration sur le thème "Valoriser la haie" est organisée.
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La pratique est relativement simple. En effet, les copeaux broyés pour la litière se préparent de la même manière que ceux destinés aux chaudières bois plaquettes. Après avoir sélectionné des perches d’un diamètre suffisant (15 à 40 cm de diamètre en pied et de 2 à 15 mètres de longueur) et ce pour obtenir un bon débit de chantier au broyage, celles-ci sont regroupées en tas et broyées. On privilégie des essences de bois blancs avec peu de tannins (frênes, platanes, bouleaux, trembles, aulnes, saules, résineux…), surtout pour éviter l’irritation des pieds sur les litières de volailles et de chevaux. Sur bovins, le chêne est moins problématique surtout s’il est âgé de moins de 25 ans (peu de tannins).
Le calibrage des copeaux (ou plaquettes de bois) sera en général plus petit (20 mm) que pour les chaudières (40 mm) pour obtenir une capacité d’absorption plus grande. Deux à trois bennes en rotation sur le chantier permettent de stocker les copeaux à l’abri dans un hangar ou dans une stabulation vidée dernièrement de son fumier. L’humidité des copeaux de bois vert avoisine les 50 à 55 %. Mise en tas de 2 mètres de haut minimum (jusqu’à 5-7 mètres si possible), la fermentation peut commencer. Après quelques jours, la température s’élève progressivement pour atteindre les 70 à 80°C. Celle-ci durera entre 4 à 5 mois et sèchera la plaquette naturellement sans intervention humaine (sans remuer le tas). Passé ce délai, les copeaux de bois auront alors une humidité comprise entre 15 et 25 % selon les essences et la période d’abattage. Notons que l’échauffement du tas par fermentation n’engendre pas d’incendie, puisque l’auto-inflammation des copeaux se fait entre 240 et 260°C.

A quelle période broyer ?


L’abattage de perches en pleine sève est possible (feuilles comprises), la chauffe sera d’autant plus rapide. Seul bémol, les feuilles génèrent davantage de poussière au paillage. La Cuma Terr'eau (Nièvre) dispose encore de quelques jours en juillet dans son planning pour les agriculteurs intéressés.

Plusieurs pratiques de paillage


Plusieurs pratiques existent. La première consiste à étaler environ 15 à 20 cm dans la stabulation avant l’entrée des animaux. La litière de copeaux dure trois semaines environ. Un retournement avec une fraise, un vibroculteur ou une herse rotative brise la croûte qui s’est formée et fait remonter les copeaux propres prolongeant de 15 jours cette dernière. Après un mois à un mois et demi, on ajoute à la pailleuse des copeaux (si la pailleuse le permet) où on réalise un paillage classique à la paille. Cette technique de retournement reste contraignante.
Une seconde pratique consiste à mettre seulement 6 à 8 cm de copeaux à l’entrée des animaux et à réaliser après une quinzaine de jours des apports de copeaux ou de paille avec la pailleuse, ce qui évite un retournement souvent fastidieux avec un outil. Certains éleveurs répètent l’opération après curage en milieu d’hiver.
Une troisième technique consiste à réaliser un "millefeuilles" à la pailleuse (une couche de copeaux, une couche de paille et ainsi de suite durant l’hivernage).
Les éleveurs pratiquant ce paillage à base de copeaux s’accordent à dire que la litière à base de copeaux reste froide. La compléter par un apport de paille en hiver apporte un confort supplémentaire.

Quel risque d’épandre une litière à copeaux sur les parcelles ?


En utilisation ponctuelle, la litière à base de copeaux n’a pas d’incidence sur l’acidité de la prairie. Compostés, les tanins présents sont neutralisés et le pH de cette litière est supérieur à 7. Avec les copeaux, le compost sera plus stable et de meilleure qualité. Sur culture, on évitera de l’enterrer afin de favoriser son assimilation.
En conclusion, même si les quantités de bois à destination du paillage ne sont pas chaque année présentes sur l’exploitation, la litière aux copeaux de bois reste très intéressante ponctuellement. Sa ressource est disponible en cas de remise en état d’une haie ou de bordures de bois, d’émondage, de reprise de parcelles ou encore de reliquat des coupes d’abbatage de parcelles forestières voisines, d’éclaircies, d’entretiens communaux…
Pour plus de renseignements, contactez Etienne Bourgy la FDCuma de la Nièvre pour davantage de précisions sur cette technique et les tournées de déchiquetage au 03.86.93.40.25.


Un coût très compétitif


Le broyeur de la Cuma Terr’eau (Nièvre) débite 40 m3 par heure selon les conditions de chantier. Le coût de revient varie entre 7 à 9 € HT/m3 selon des quantités broyées.
- 4 m3 secs = 1 tonne de copeaux ;
- 1 tonne de copeaux secs absorbe autant qu’une tonne de paille ;
- 1 m3 de copeaux absorbe 300 à 350 litres de lisier ;
- 1 tonne de copeaux = 28 à 36 € HT (prestation de broyage uniquement).
Ce prix de revient ne tient pas compte de l’abattage, du débardage et du transport des copeaux par benne ni du temps passé. Ces derniers intégrés, pour l’agriculteur propriétaire du bois, le coût global ne dépasse pas les 50 à 70 €/tonne selon les types de chantiers (main-d’œuvre de l’agriculteur comptée à 15 €/heure).



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