Une année 2025 riche en avancées
À Lugny, l’Union Viticole et la section Employeurs de Main-d’Œuvre ont rappelé, lors de leur AG conjointe, que l’action syndicale porte des résultats concrets pour la viticulture. Dégrèvements fiscaux, baisse des fermages, services renforcés et défense des employeurs face à la crise : dans un contexte tendu, la mobilisation collective reste plus que jamais indispensable pour soutenir les vignerons et l’emploi saisonnier.
L’assemblée générale conjointe de l’Union Viticole et de la section Employeurs de Main-d’Œuvre s’est tenue mardi 13 janvier à la cave coopérative de Lugny. Après la désignation des nouveaux conseils d’administration, Patrice Fortune, président de l’Union Viticole, et Bernard Moreau, président de la commission des employeurs de main-d’œuvre, ont présenté leurs rapports moraux devant l’assemblée. L’année 2025 a été qualifiée de très riche en actions et en avancées pour la filière viticole, avec des résultats concrets au bénéfice des vignerons et des employeurs de main-d’œuvre saisonnière.
Des fermages recalculés
Lors de la présentation du rapport d’activité, les élus ont mis en avant plusieurs acquis majeurs. Les négociations engagées sur les dégrèvements de taxe foncière sur le non bâti ont permis d’obtenir un montant total de 588.000 euros, dont 464.400 euros spécifiquement pour les vignes, en soutien aux viticulteurs touchés par les épisodes de grêle. Un accord avec les bailleurs a également abouti à une baisse exceptionnelle de 15 % des prix des fermages viticoles pour 2025. Par ailleurs, les dispositifs d’information et de formation ont été renforcés pour accompagner les exploitants, avec notamment douze journées de formation organisées par le service Emploi et cent trois actions de promotion des métiers. Les sections ont aussi poursuivi l’accompagnement personnalisé des exploitants dans leurs prestations de services, négocié des avantages économiques sur des postes tels que l’électricité, la mutuelle, le fioul ou les capsules, et élargi leur offre de services autour de la fiche de paie, de la GED (Groupement d'employeurs départemental), du GEIQ (Groupement d'Employeurs pour l'Insertion Agricole) et d’un service juridique renforcé. Le dossier des logements saisonniers a enfin été identifié comme un sujet prioritaire pour les mois à venir.
Le logement des vendangeurs en débat
La crise qui touche la viticulture française a occupé une place centrale dans les échanges. Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de l’emploi et viticulteur en Ardèche, était l’invité d’honneur de la soirée. Au cours d’une intervention suivie d’un long débat, il a apporté son éclairage sur les négociations en cours au niveau national et européen pour soutenir la filière. Les discussions ont notamment porté sur le logement des travailleurs saisonniers, le recrutement et la rémunération des salariés, ainsi que l’assurance récolte. Parmi les mesures évoquées au plan national et communautaire figurent des campagnes d’arrachage ciblées, un accompagnement structuré de la filière avec des dispositifs de restructuration, une promotion renforcée des vins français et une aide accrue à l’accompagnement des projets viticoles dans un contexte jugé particulièrement difficile.
Négociations autour de l'emploi
Enfin, il a été rappelé que la FNSEA est la seule organisation patronale représentative des employeurs pour toutes les productions agricoles en France. À ce titre, elle constitue l’interlocuteur patronal unique des pouvoirs publics pour l’ensemble des sujets liés à l’utilisation de main-d’œuvre dans les exploitations. C’est également la FNSEA qui négocie, avec les autres partenaires sociaux, les dispositifs et accords de branche tels que la convention collective et les accords locaux, et qui intervient pour garantir aux employeurs le maintien d’avantages comme le dispositif TODE, relatif à l’allègement de charges patronales pour les saisonniers.
Laura Demoulin