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Agrioccasions, les occasions agricoles
Face aux échéances à venir

Une attitude offensive

Le bureau de la FDSEA de Saône-et-Loire s'est réuni ce lundi 14 novembre, avec un ordre du jour chargé. Au menu des discussions, la volonté professionnelle de sensibiliser l'ensemble des parties concernées (élus, pouvoirs publics, administration, organisations agricoles, et bien entendu les agriculteurs eux-mêmes) sur les risques encourus pour nos territoires ruraux. Pour préparer l'avenir et ne pas le subir.
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Les chiffres et les cartes du recensement général agricole sont éloquents : en dix ans, l'agriculture départementale a perdu plus de 5.000 actifs et près de 3.000 exploitations, essentiellement dans le secteur où le revenu apparaît comme le plus faible, c'est-à-dire dans la région de l'herbe subie, la région d'élevage allaitant. Une région qui pourrait bien payer encore le prix fort de la restructuration, alors que pas moins de 40 % du cheptel allaitant est appelé à changer de mains dans les dix ans à venir.
Ces chiffres, Bernard Lacour,  secrétaire général, les a commentés, mettant en exergue les décisions d'ores et déjà actées relatives à la nouvelle Pac, prévue pour l'après 2013 : remise en cause des zones défavorisées simples, lourdes menaces sur la PHAE et l'ICHN dans ces mêmes zones (lesquelles couvrent une très large partie de notre département), possible couplage de la PMTVA... Les risques sont nombreux et doivent alerter chacun sur l'avenir même de notre agriculture, mais bien plus largement sur l'ensemble du maillage économique de nos territoires ruraux. Une analyse qui était partagée par Yves Bonnot, président, par Jérémy Decerle, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, mais aussi par Christian Bajard, président de la section bovine, ou encore Christian Decerle, président de la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire.

L'avenir de nos territoires


Le débat ne s'est pas fait attendre et, à l'unisson, chacun des membres du bureau a apporté sa pierre à la construction d'un projet commun qui place l'avenir de notre agriculture départementale au cœur des réflexions et des stratégies des mois à venir, et ce dans la perspective de la Pac 2014. " Chacun travaille ou réfléchit à l'avenir de l'agriculture ", notait Bernard Lacour, citant le Projet régional d'agriculture durable (Prad) lancé par la Draaf Bourgogne, ou le projet Sirius, porté par le conseil général de Saône-et-Loire. Et ce dernier de rappeler la nécessité de la profession d'être force de propositions, et de porter un projet politique pour notre département.
Parfaitement au courant de ces enjeux, et en lien avec la profession, le préfet de Saône-et-Loire, François Philizot, entend lui aussi contribuer à ce que ces derniers soient connus et partagés par l'ensemble des parties.
Des réponses qui seront ou non apportées aux questions concrètes qui se posent aujourd'hui dépendent pas moins de 25 millions d'euros d'aides qui, faut-il le rappeler, irriguent toute l'économie rurale parallèle à l'agriculture. Pas une paille, chacun peut en convenir aisément.
La question réelle de l'avenir de nos territoires trouvera donc réponse dans notre capacité collective à nous mobiliser et à savoir mobiliser les élus de nos territoires. Ces enjeux sont de taille et liés à la réalité de l'herbe subie sur les exploitations, et à la nécessité d'atteindre une meilleure autonomie alimentaire des exploitations pour réduire leur dépendance.
" Il est urgent de faire remonter - chiffres à l'appui - les risques encourus par nos régions de zones intermédiaires qui ne bénéficient ni des atouts du Bassin parisien, pour les productions de grandes cultures, ni des aides qui sont allouées et le seront plus encore demain aux zones de montagne, comme cela est le cas pour le Massif central ", mettaient en garde les responsables de la FDSEA.
" Nous devons nous battre pour faire valoir nos spécificités de zones intermédiaires ", complétait Christian Decerle. Et Michel Joly de compléter " et pour cela, faire adhérer, informer nos élus qui n'ont sûrement pas conscience de ces enjeux ".
Et parce que le pire n'est jamais sûr, la mobilisation est en marche " pour arrêter l'hémorragie " et pour " une politique des territoires ".




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