Méthode Obsalim en bovins
Une clé de lecture des dysfonctionnements alimentaires
Plus qu'une méthode, Obsalim, c'est d'abord comprendre comment fonctionne la digestion chez un ruminant pour améliorer l'utilisation de la ration. On peut toujours avoir une ration parfaitement équilibrée, si cette dernière ne peut être utilisée correctement, à quoi cela sert-il alors ?
Et quand on sait que près de 60 % des pathologies en élevage sont liées à un déséquilibre alimentaire, lequel se répercute sur la qualité du lait, donc la santé des veaux, la reproduction des vaches..., cela mérite sans doute de se pencher sérieusement sur la question.
La particularité du ruminant : ce n'est pas lui qui digère !
Contrairement à nous, les ruminants ne digèrent pas. Ce sont les milliards de micro-organismes présents dans sa panse qui se nourrissent en digérant les sucres et fabriquent ainsi des protéines utilisables par la vache, la brebis ou la chèvre. Or ces micro-organismes –indispensables aux ruminants– ne peuvent vivre que si le milieu ruminal est stable : température, humidité, pression… et surtout pH !
On comprend donc aisément que les fermentations rapides (céréales, ensilage…) libèrent de nombreux sucres solubles qui acidifient la panse et perturbent –voire tuent– les micro-organismes présents qui ne peuvent alors pas transformer la ration, si on ne respecte pas certaines règles. Il est donc inutile de régler une ration si le rumen est instable.
Des règles simples
Pour respecter un pH optimum à la vie des micro-organismes et ainsi valoriser la ration distribuée :
1) distribuer minimum 3 kg de foin fibreux ou paille en tête de repas (avant les concentrés). Cette année, les foins ne sont pas très salivogènes, la paille est donc mieux adaptée ;
2) respecter l'équilibre des repas (repas identique matin et soir) ;
3) maintenir des auges vides de 12 h à 17 h (un bovin a des rythmes physiologiques naturels).
La méthode Obsalim
Une fois que l'on a compris les grands principes de la digestion d'un ruminant, on peut alors observer les signes de dysfonctionnements présentés par l'animal. Tout déficit, tout déséquilibre va pouvoir "se lire" sur l'animal grâce aux quinze années d'observation en élevage réalisées par le Dr vétérinaire Bruno Giboudeau, à l'origine de cette méthode, qui a en quelque sorte établi une clé de lecture constituée de plus de 140 signes exprimés par les animaux en lien avec leur alimentation.
Quelques exemples qui traduisent un problème alimentaire sur votre exploitation :
- moins de 75 % de vaches couchées entre 12 h et 15 h peut traduire un problème d'accès à l'auge ou encore des animaux en instabilité ruminale qui cherchent à remplir leur panse suite à des vidanges excessives (diarrhées)… ;
- problèmes de fibrosité de la ration : l'animal à besoin d'au moins cinq coups de mâchoire avant de faire disparaître son "bol alimentaire". Il lui faut de 40 à 60 coups de mâchoire par cycle de rumination ; en-deçà, il y a un manque de fibres ; au-delà, c'est un excès de fibres (paille !) ;
- croutes noires au yeux : critère d'excès d'énergie, mais cela peut aussi être du à une non dégradation de l'énergie car les micro-organismes sont perturbés (pH trop bas) ;
- point pHG : c'est une zone de léchage juste derrière l'épaule (poils humide) qui traduit également un excès d'énergie ou encore une instabilité ruminale.
Ces signes peuvent disparaître en quelques jours, juste en modifiant l'ordre de distribution des aliments (foin avant céréales) par exemple. Ensuite, lorsque le rumen est stable, on peut alors ajuster la ration en azote et énergie, toujours à partir des signes présentés par l'animal.
Cette méthode concerne l'ensemble du troupeau ; ce n'est pas de l'individuel, et donc les signes relevés devront conserver la majorité du troupeau.
La technique repose sur quatre étapes : l'approche du troupeau de loin ; l'approche de la croix du grasset ; la stabilité ruminale ; enfin, l'approche des apports et de la réponse de l'animal.
Cette méthode est assez complexe et ne peut se résumer par quelques phrases. En revanche, des formations vont être proposées chaque année par la chambre d'agriculture pour se familiariser avec cette méthode et comprendre les fondamentaux.
Si vous désirez en savoir plus ou vous inscrire aux prochaines formations, contactez Florence Lardet au 03.85.98.14.15.
La particularité du ruminant : ce n'est pas lui qui digère !
Contrairement à nous, les ruminants ne digèrent pas. Ce sont les milliards de micro-organismes présents dans sa panse qui se nourrissent en digérant les sucres et fabriquent ainsi des protéines utilisables par la vache, la brebis ou la chèvre. Or ces micro-organismes –indispensables aux ruminants– ne peuvent vivre que si le milieu ruminal est stable : température, humidité, pression… et surtout pH !
On comprend donc aisément que les fermentations rapides (céréales, ensilage…) libèrent de nombreux sucres solubles qui acidifient la panse et perturbent –voire tuent– les micro-organismes présents qui ne peuvent alors pas transformer la ration, si on ne respecte pas certaines règles. Il est donc inutile de régler une ration si le rumen est instable.
Des règles simples
Pour respecter un pH optimum à la vie des micro-organismes et ainsi valoriser la ration distribuée :
1) distribuer minimum 3 kg de foin fibreux ou paille en tête de repas (avant les concentrés). Cette année, les foins ne sont pas très salivogènes, la paille est donc mieux adaptée ;
2) respecter l'équilibre des repas (repas identique matin et soir) ;
3) maintenir des auges vides de 12 h à 17 h (un bovin a des rythmes physiologiques naturels).
La méthode Obsalim
Une fois que l'on a compris les grands principes de la digestion d'un ruminant, on peut alors observer les signes de dysfonctionnements présentés par l'animal. Tout déficit, tout déséquilibre va pouvoir "se lire" sur l'animal grâce aux quinze années d'observation en élevage réalisées par le Dr vétérinaire Bruno Giboudeau, à l'origine de cette méthode, qui a en quelque sorte établi une clé de lecture constituée de plus de 140 signes exprimés par les animaux en lien avec leur alimentation.
Quelques exemples qui traduisent un problème alimentaire sur votre exploitation :
- moins de 75 % de vaches couchées entre 12 h et 15 h peut traduire un problème d'accès à l'auge ou encore des animaux en instabilité ruminale qui cherchent à remplir leur panse suite à des vidanges excessives (diarrhées)… ;
- problèmes de fibrosité de la ration : l'animal à besoin d'au moins cinq coups de mâchoire avant de faire disparaître son "bol alimentaire". Il lui faut de 40 à 60 coups de mâchoire par cycle de rumination ; en-deçà, il y a un manque de fibres ; au-delà, c'est un excès de fibres (paille !) ;
- croutes noires au yeux : critère d'excès d'énergie, mais cela peut aussi être du à une non dégradation de l'énergie car les micro-organismes sont perturbés (pH trop bas) ;
- point pHG : c'est une zone de léchage juste derrière l'épaule (poils humide) qui traduit également un excès d'énergie ou encore une instabilité ruminale.
Ces signes peuvent disparaître en quelques jours, juste en modifiant l'ordre de distribution des aliments (foin avant céréales) par exemple. Ensuite, lorsque le rumen est stable, on peut alors ajuster la ration en azote et énergie, toujours à partir des signes présentés par l'animal.
Cette méthode concerne l'ensemble du troupeau ; ce n'est pas de l'individuel, et donc les signes relevés devront conserver la majorité du troupeau.
La technique repose sur quatre étapes : l'approche du troupeau de loin ; l'approche de la croix du grasset ; la stabilité ruminale ; enfin, l'approche des apports et de la réponse de l'animal.
Cette méthode est assez complexe et ne peut se résumer par quelques phrases. En revanche, des formations vont être proposées chaque année par la chambre d'agriculture pour se familiariser avec cette méthode et comprendre les fondamentaux.
Si vous désirez en savoir plus ou vous inscrire aux prochaines formations, contactez Florence Lardet au 03.85.98.14.15.