Une contractualisation et beaucoup d’interrogations
L’union fait plus que jamais la force
Lorsqu’il évoque l’avenir, Jean-Luc Mauchand dit qu’il « reste convaincu que la mise en place de notre union n’est qu’une étape. Si l’on veut vraiment un rapport de force équilibré avec les industriels, nous devons aller plus loin. Aujourd’hui, on parle encore de Centre-Est et de Sud-Est. Mais pour combien de temps et est-ce indispensable ? On parle beaucoup de bassin et de région. Je pense que c’est à ce niveau que l’on doit être capable d’unir nos efforts, à cette échelle qu’il faut montrer notre volonté d’aller de l’avant… Toute la difficulté sera de garder des contacts avec la base, avec les producteurs, que ceux-ci s’y retrouvent, qu’ils sachent qui les représenteront et qu’ils aient la possibilité de s’exprimer. On le sent bien aujourd’hui lorsque l’on parle de Criel (NDLR : Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière) ou de laboratoire interprofessionnel régional. Beaucoup de producteurs ne savent pas comment ça fonctionne, ou à qui s’adresser pour faire part de leurs revendications. Là est tout l’enjeu pour demain : mettre en place des instances régionales où tous les producteurs se retrouvent. L’état d’esprit de la base sera la clé de la réussite pour ceux qui auront des décisions à prendre en haut lieu ».
Un contrat à rediscuter
Suite à la LMA (loi de modernisation de l'agriculture), des entreprises telles que Danone se sont retrouvées dans l’obligation de contractualiser leurs relations avec les producteurs de lait. Comme l’a souligné Camilla Garcia, responsable relation producteurs pour le sud de la France au sein de Danone, « nous sommes dans un esprit de partenariat. Il s’agit d’un contrat que nous construisons ensemble. Le corps du contrat ne va pas changer. Seuls des avenants peuvent être discutés. » Pour sa part, Laurent Boivin, président de l’Union laitière Jura Bresse - à laquelle adhère l’Union Chalon Lait - a tenu à préciser que « nous ne nous sommes pas retrouvés dans la proposition de contrat. C’est une proposition de l’entreprise. » Et de revendiquer une spécificité régionale tout en invitant les producteurs à ne pas signer ce premier contrat amené à être rediscuté dans les semaines et les mois à venir. « Il faut attendre une deuxième proposition pour que nous puissions nous retrouver. Je pense que ce n’est pas impossible. » Ainsi, qu’il s’agisse des volumes, de la régularité de livraison, des prix, de la rétroactivité, des jeunes ou encore de la durée du contrat, Danone et l’Union auront pour objectif et ambition d’aplanir leurs différences pour trouver un accord qui satisfasse, non seulement l’entreprise, mais aussi et surtout les producteurs de lait.