Accès au contenu
Agrioccasions, les occasions agricoles
Union Chalon Lait

Une contractualisation et beaucoup d’interrogations

Les assemblées générales du GIE Saône et Bresse et de l’Union Chalon Lait ont été l’occasion d’évoquer dans le détail, le 6 avril dernier, les problématiques de contractualisation entre les producteurs et les entreprises chargées du ramassage du lait. Avec, pour l’instant, un certain nombre de désaccords qui empêchent toute signature en l’état.
1747--Union_Chalon_Lait_2011.JPG
Cette année encore, la salle des fêtes de Saint-Didier-en-Bresse accueillait, le 6 avril dernier, les assemblées générales du Groupement d’intérêt économique agricole Saône et Bresse et de l’Union Chalon Lait. Fort de ses 68 adhérents, le GIE, présidé par Denis Violot, a vu l’implantation de six tanks et sept remboursements de parts sociales. Quant à son activité, elle est passée de 13.923.550 litres en 2009 à 14.347.871 litres en 2010 pour Danone et de 11.313.891 litres à 11.574.929 litres pour Fromagers en Bourgogne (ex Solaipro), ce qui représente au total 25.872.800 litres pour le dernier exercice et donc une hausse de 635.359 litres par rapport à la campagne de collecte précédente. A l’occasion de son rapport moral, le président de l’Union Chalon Lait, Jean-Luc Mauchand, a oscillé entre espoirs et craintes. « Notre projet d’union de groupement a vu le jour au mois de juillet 2010. Depuis cette date, toutes les négociations avec Danone, toutes les propositions, toutes les simulations ont été faites en commun, dans un parfait esprit d’équité. » Concernant l’Union laitière Jura Bresse, « je tiens à remercier l’ensemble du conseil pour sa volonté d’agir mutuellement et avec un objectif unique pour tous. J’espère d’ailleurs que les producteurs Danone Ouroux sauront reconnaître qu’ils tirent plutôt bien leur épingle du jeu pour ce début d’année 2011. » En parallèle, Jean-Luc Mauchand disait regretter les échanges difficiles avec Fromagers en Bourgogne. « Les échanges sont peu fructueux pour les producteurs face à un interlocuteur qui prétend n’avoir que des difficultés. Nos revendications sont pourtant modestes, à savoir la perception du solde 2008 et 2009 et la définition de perspectives d’avenir. »

L’union fait plus que jamais la force


Lorsqu’il évoque l’avenir, Jean-Luc Mauchand dit qu’il « reste convaincu que la mise en place de notre union n’est qu’une étape. Si l’on veut vraiment un rapport de force équilibré avec les industriels, nous devons aller plus loin. Aujourd’hui, on parle encore de Centre-Est et de Sud-Est. Mais pour combien de temps et est-ce indispensable ? On parle beaucoup de bassin et de région. Je pense que c’est à ce niveau que l’on doit être capable d’unir nos efforts, à cette échelle qu’il faut montrer notre volonté d’aller de l’avant… Toute la difficulté sera de garder des contacts avec la base, avec les producteurs, que ceux-ci s’y retrouvent, qu’ils sachent qui les représenteront et qu’ils aient la possibilité de s’exprimer. On le sent bien aujourd’hui lorsque l’on parle de Criel (NDLR : Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière) ou de laboratoire interprofessionnel régional. Beaucoup de producteurs ne savent pas comment ça fonctionne, ou à qui s’adresser pour faire part de leurs revendications. Là est tout l’enjeu pour demain : mettre en place des instances régionales où tous les producteurs se retrouvent. L’état d’esprit de la base sera la clé de la réussite pour ceux qui auront des décisions à prendre en haut lieu ».

Un contrat à rediscuter


Suite à la LMA (loi de modernisation de l'agriculture), des entreprises telles que Danone se sont retrouvées dans l’obligation de contractualiser leurs relations avec les producteurs de lait. Comme l’a souligné Camilla Garcia, responsable relation producteurs pour le sud de la France au sein de Danone, « nous sommes dans un esprit de partenariat. Il s’agit d’un contrat que nous construisons ensemble. Le corps du contrat ne va pas changer. Seuls des avenants peuvent être discutés. » Pour sa part, Laurent Boivin, président de l’Union laitière Jura Bresse - à laquelle adhère l’Union Chalon Lait - a tenu à préciser que « nous ne nous sommes pas retrouvés dans la proposition de contrat. C’est une proposition de l’entreprise. » Et de revendiquer une spécificité régionale tout en invitant les producteurs à ne pas signer ce premier contrat amené à être rediscuté dans les semaines et les mois à venir. « Il faut attendre une deuxième proposition pour que nous puissions nous retrouver. Je pense que ce n’est pas impossible. » Ainsi, qu’il s’agisse des volumes, de la régularité de livraison, des prix, de la rétroactivité, des jeunes ou encore de la durée du contrat, Danone et l’Union auront pour objectif et ambition d’aplanir leurs différences pour trouver un accord qui satisfasse, non seulement l’entreprise, mais aussi et surtout les producteurs de lait.