Une longue expérience dans le bio
A la fin des années 1990, l’outil de production arrivant à saturation, André Cizeron décide de contracter un partenariat pour pouvoir faire face aux investissements nécessaires à l’extension et à la modernisation de l’usine. Le rapprochement s’est fait avec le groupe coopératif Eurea, devenu actionnaire de Cizeron Bio et souhaitant se positionner sur le marché des aliments bio. « Notre entreprise s’est développée toujours de la même manière en travaillant en amont et en aval de l’usine », explique Jean-Charles Cizeron, directeur général, qui a succédé à son père André.
Garder la spécificité multi-espèces
« Au niveau des approvisionnements, nous sélectionnons les variétés adaptées à la nutrition animale et nous choisissons des sites capables de stocker correctement des matières premières issues de l’agriculture biologique ». L’approvisionnement en matières premières se fait essentiellement dans le grand quart sud-est de la France. « Le but de la diversification d’approvisionnement est de limiter les risques face aux aléas climatiques et d’apporter de la richesse et de la diversité aux matières premières ».
« Nous travaillons en étroite collaboration avec les éleveurs et des groupements d’éleveurs pour savoir si ce que nous mettons en place est viable techniquement et économiquement, avec le souci permanent d’améliorer la technique et la productivité », souligne Jean-Charles Cizeron. « Nous avons gardé la spécificité multi-espèces pour les aliments (volailles, porcs, bovins, ovins, caprins, lapins, chevaux), ce qui nous permet de transposer des résultats d’essais ou des avancées technologiques d’une espèce animale à l’autre ». Les clients sont majoritairement des groupements de producteurs, des coopératives ou des intégrateurs. L’entreprise travaille également avec les distributeurs pour les aliments destinés aux ruminants, ou encore avec les éleveurs indépendants de volailles et de porcs.
Une démarche d’accompagnement
Cizeron Bio ne se contente pas de fabriquer des aliments, l’entreprise propose un véritable accompagnement à ses clients et à ses fournisseurs. Les formules des aliments sont affinées en fonction des besoins spécifiques des éleveurs et de la qualité des matières premières, assez hétérogène en bio. « S’agissant par exemple de l’alimentation pour les ruminants, notre objectif est d’apporter des aliments qui soient différents et complémentaires de ce que les éleveurs produisent sur leur exploitation de manière à avoir un équilibre nutritionnel de la ration », poursuit Jean-Charles Cizeron.
« Aujourd’hui, nous sommes capables de connaître toutes les matières premières, de proposer des produits adaptés et de conseiller les éleveurs sur leur bilan fourrager. Notre longue expérience du terrain au contact des éleveurs dans différentes régions nous permet de prendre du recul par rapport à des années difficiles comme 2011. Nous pouvons apporter des conseils aux éleveurs (notamment à ceux plus récemment convertis en bio) sur leur choix nutritionnel pour pallier le déficit de fourrages ».
Bio-Agri, une société de conseils
Bio-Agri, né du partenariat entre Cizeron Bio et le groupe Eurea en janvier 2010, est une société spécialisée en conseils sur les productions végétales et les ruminants. Son but : accompagner les agriculteurs au travers de conseils et de produits (semences, amendements...). Bio-Agri s’inscrit dans une démarche de filière en travaillant en relation avec les réseaux de distribution, les associations bio des départements et d’autres structures.
Katia Popoff, technico-commerciale de Bio-Agri, explique son travail en parlant d’une approche globale de l’exploitation. « Il s’agit de savoir comment l’éleveur travaille, quels sont ses objectifs et comment optimiser ce qui existe déjà sur son exploitation dans différents domaines : sanitaire, céréales, prairies, fourrages, gestion du pâturage, calcul des rations, etc. Concernant par exemple les éleveurs de vaches laitières, nous essayons de connaître le potentiel laitier, de voir comment on peut ramener de la technicité avec les aliments. Le but de l’éleveur bio n’est pas de produire un maximum de lait, mais de faire en sorte que ses vaches gardent la santé le plus longtemps possible ».
Les chiffres clés
- Environ 10 salariés.
- 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.
- En 2010, 78 % des approvisionnements en matières premières issus de la France, le reste en provenance de l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
- 18 000 tonnes d’aliments fabriqués par an : 50 % pour les volailles (25 % volailles de chair, 25 % poules pondeuses), 30 % porcs, 20 % gros et petits ruminants.
- Vitesse de fabrication : 12 tonnes/heure pour les farines et 7,5 tonnes/heure pour les granulés.
- 80 à 90 % des volumes d’aliments livrés dans le grand quart Sud-Est de la France, contre environ 10 % à l’export (Espagne, Italie, Allemagne et Suisse).