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Agrioccasions, les occasions agricoles
Race Aubrac

Une place à part entière en Saône-et-Loire

La journée de présentation d’animaux de race Aubrac le 19 octobre dernier à Le Fay a été l’occasion de confirmer que cette race avait pleinement sa raison d’être au sein de notre département.
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Originaire de Haute-Savoie, Gregory Frechou s’est installé en 2006 au cœur de la Bresse, à Le Fay. L’occasion pour lui de reprendre une exploitation bovine qui comptait alors des vaches allaitantes de races limousine et charolaise ainsi que des brebis sur 75 hectares. Mais, rapidement, son objectif a été de passer à la race Aubrac « qui est plus rustique et aussi parce que je suis seul sur l’exploitation. En outre, cet animal est intéressant en terme d’autonomie, de vêlage et pour ses qualités maternelles en général. Enfin, on peut produire à moindre coût des animaux de qualité. J’ai acheté ma première génisse à l’automne 2007 ». Disposant aujourd’hui de 110 hectares, notre éleveur compte 65 vaches allaitantes dans son cheptel –« je monte à 150 animaux en plein hiver »– et fait un bilan extrêmement positif de ses quatre années d’exploitation. « Si c’était à refaire, j’achèterais des vaches de race Aubrac dès le début. Mes mâles sont tous vendus en broutards. Les génisses qui ne sont pas gardées pour la reproduction sont engraissées à 30 mois. J’engraisse également mes vaches de réforme. Je vends mes animaux aussi bien au négoce privé qu’aux coopératives. Il faut savoir qu’un broutard se vend le même prix qu’un charolais. Mais le coût de production est bien moindre. En outre, on peut mettre plus d’animaux sur une surface donnée lorsque l’on fait de l’Aubrac. La consommation alimentaire est moindre, le vêlage facile et les veaux très vigoureux ». Pour ce qui est du futur, Gregory Frechou souligne qu’il est « un peu bloqué par la place dans le bâtiment. J’espère pouvoir faire jusqu’à 70 vaches, toujours dans une optique qualitative ». Et ce, en complément de ses actuelles 120 brebis, majoritairement de race Charmoise.

Journée de rencontres


Une expérience que Gregory Frechou a pu partager le 19 octobre dernier à l’occasion d’une journée de présentation d’animaux Aubrac et croisés qui se déroulait sur son exploitation. Outre les élèves en terminale production animale du lycée de Fontaines, les éleveurs ont été nombreux à répondre à l’invitation du syndicat Centre-Est Aubrac (voir encadré). Un rendez-vous auquel a également tenu à participer Henri Peyrac, président de la race Aubrac. « Je suis venu pour apporter mon soutien au syndicat. Mais aussi pour participer au développement de la race dans des régions atypiques. Car il y a de la place pour une telle vache rustique qui s’adapte bien à différentes topographies des sols. Notre grande satisfaction est de voir la progression du nombre d’animaux de 5 % par an, aussi bien dans le berceau de la race que sur l’ensemble du territoire. Il y a en 2011 160.000 vaches de race Aubrac ». L’occasion aussi pour lui de mettre en avant les multiples atouts de cette race. « Avec l’Aubrac, c’est la vache qui s’adapte à l’éleveur et non l’inverse. C’est une vache très autonome au niveau alimentaire. C’est une vraie vache rustique qui peut continuer à allaiter même avec une alimentation de moindre qualité ».

Naissance d’un Syndicat Centre-Est Aubrac


Le syndicat Centre-Est Aubrac est né au mois d’avril 2011. Présidé par Didier Perrodin, il rassemble 40 adhérents installés en Saône-et-Loire, dans l’Allier, ainsi que dans les départements limitrophes. Pour la seule Saône-et-Loire, on recense 66 éleveurs ayant au moins cinq animaux de race Aubrac. « Notre objectif est de fédérer les énergies et d’avoir une structure au sein de laquelle il est possible de se rencontrer. Il est important de pouvoir échanger entre nous et de penser de manière collective, souligne le président. L’ambition première est de mettre fin à l’isolement des éleveurs. Nous avons de nombreux contacts par Internet. Nous nous sommes déjà rencontrés à trois reprises depuis la naissance du syndicat. Et il y a aujourd’hui cette journée portes ouvertes. C’est vraiment une journée de présentation d’animaux et non une journée commerciale ». L’un des objectifs de cette rencontre est aussi de signaler que la race Aubrac est souvent associée au sein d’une même exploitation à une autre production. « Cette vache laisse du temps à l’éleveur car elle est moins exigeante. Donc, il y a souvent une double activité ».


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