Une régionalisation longue à digérer !
Perte de proximité
La préservation de la proximité a été l’un des principaux enjeux de cette fusion. La Bourgogne est une très grande région et la nouvelle caisse régionale est même la plus vaste des MSA de France. Intervenant en tant que délégué local de l’Autunois, Rémi de Guelis faisait part des remontées du terrain. Citant les fermetures d’agences, la généralisation de l’internet ou même une érosion du rôle des délégués, les adhérents déplorent « une perte de proximité » liée à la régionalisation.
Dans son rapport moral, le président Dominique Bossong n’évitait pas les revers de la régionalisation et se disait attentif aux échos remontant du terrain. Reconnaissant que « tout n’avait pas été parfait durant cette dernière année », il signalait « la surcharge de travail » supportée par les services, lesquels se retrouvaient en pleine « réorganisation administrative à effectif constant ». Ces tracasseries internes se sont traduites par des moindres performances dans le traitement des dossiers et les réponses téléphoniques.
Rappelant que la proximité restait la priorité de la MSA Bourgogne, Dominique Bossong évoquait néanmoins une professionnalisation de l’accueil, qu’il soit en agence ou au téléphone (projet de plate-forme téléphonique…). Le président rappelait par ailleurs le rôle essentiel des élus. Un millier de délégués titulaires plus 560 suppléants ont été désignés début 2010. Ils composent pas moins de 57 comités de l’échelon local qui mènent des actions de terrain auprès des jeunes, des familles, des actifs, des retraités de toute la Bourgogne.
Pénurie des finances publiques
Tenue de se restructurer sans délai, la MSA se voit aussi soumise, à l’instar de tous les services publics, à une exigence d’irréprochabilité en termes de gestion. À une époque où « la pénurie des finances publiques » sert d’alibi au démantèlement de nombre de services non marchands, la représentante de l’État renchérissait en convoquant la « crise mondiale de l’économie » pour justifier ces tours de vis. Dans les caisses MSA, cela se traduit par une montée en puissance des contrôles en tout genre, qu’ils touchent les ressortissants ou la caisse elle-même en interne. Conformément aux vœux des pouvoirs publics, la lutte contre la fraude et le travail illégal prend de l’ampleur. Le contrôle médical est le premier levier de la « maîtrise des dépenses de santé ». Toutes ces actions dites de « gestion du risque » auraient mis à jour un préjudice de plus 300.000 € supporté par la MSA.
Contrôle, certification, audit…
En plus de devoir accomplir une importante restructuration, la MSA de Bourgogne a également du faire face à « une intensification de la montée en charge des actions de contrôle interne », elle-même liée « aux exigences de certification des comptes », expliquait Jean Boissière. Une procédure lourde qui touche toutes les activités de l’entreprise et qui mobilise des moyens, en dépit de la rigueur budgétaire imposée... En sus, « pas moins de quatre audits se sont succédés dans notre caisse », indiquait le directeur général. Des procédures administratives qui ont mobilisé des personnels déjà débordés par les opérations liées à la fusion. Et si l’on s’en tient aux perspectives annoncées par Dominique Bossong, les choses ne devraient pas s’arranger dans les cinq années à venir. En effet, « dans le contexte de la révision générale des politiques publiques », une nouvelle « convention d’objectifs de gestion » vient d’être signée avec l’État. Derrière ce jargon administratif se cachent de nouveaux impératifs à atteindre, mais toujours avec des moyens contraints !
Et les crises agricoles…
Pendant ce temps, la MSA essaye de préserver ses valeurs de solidarité en accompagnant les ressortissants fragilisés par les crises agricoles. En partenariat avec les organisations professionnelles et les services de l’État, les élus de la caisse régionale MSA de Bourgogne ont fait en sorte que les « plans Sarkozy, Dacs-Agri, Agriculteurs en difficultés » soient utilisés au maximum dans les quatre départements. 2,4 millions d’€ ont été affectés à la prise en charge de cotisations pour environ 2.000 bénéficiaires. « Des chiffres qui reflètent une agriculture en crise dont l’avenir est préoccupant, avec de surcroît des aléas climatiques qui annoncent une année 2011 très difficile », s’inquiétait Dominique Bossong. Une perspective qui ne fait que renforcer le rôle essentiel de la mission d’accompagnement social de la MSA. À ce titre, le président a tenu à évoquer le « stress et le suicide en agriculture », sujets face auxquels « de nombreux adhérents font part de leur désarroi et de leur impuissance sur le terrain ». Des actions de prévention vont être mises en place. « Nous ne resterons pas les bras croisés face à cette situation préoccupante », affirmait Dominique Bossong.
(1) Imposée par l’État, cette fusion ne s’est pas vraiment faite de manière naturelle. Une première tentative s’était soldée par une demi-réussite puisque trois des quatre départements avaient accepté de s’unir dans un premier temps. Si la Saône-et-Loire avait alors tenu à défendre son point de vue, les injonctions des pouvoirs publics ont fini par la contraindre à rentrer dans le rang.
MSA Bourgogne
Sixième caisse de France
En 2010, la MSA de Bourgogne comptait parmi ses ressortissants 153.000 retraités, 86.000 salariés, 21.000 exploitants et 7.000 employeurs. 811 millions d’€ de prestations ont été versés dont 69 % pour la branche Vieillesse et 21 % pour la branche Maladie (hors hospitalisation). Le montant des cotisations émises s’élève à 390 millions d’€ desquels il faut distinguer une centaine de millions d’€ de cotisations CSG et RDS pour le compte de l’État. Le montant de cotisation restant (290 millions d'€) implique un financement complémentaire extérieur (solidarité nationale) de 525 millions d’€ pour payer les prestations versées.
La caisse régionale MSA de Bourgogne est la sixième caisse de France en volume d’activité. Elle dispose de 18 points d’accueil répartis sur ses quatre départements et emploie 600 collaborateurs. Son budget de fonctionnement est de 56 millions d’€.
Le domaine santé assure la couverture maladie de 110.000 personnes. Près de trois millions de feuilles de soin ont été réglées en 2010.