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Agrioccasions, les occasions agricoles
Vente aux enchères de Charolles

Une réussite inespérée ! 

Alors que les autres ventes de prestige ont toutes connu la morosité, la vente de Charolles vient de vivre l’une de ses toutes meilleures éditions. Les secrets de cette réussite sont un très bon lot de veaux, une notoriété bien ancrée et sans doute le charme authentique d’une base de sélection départementale qui a su rester elle-même.
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Cette année, la vente aux enchères de veaux reproducteurs de Charolles aura sans doute été la meilleure de la saison. Elle est en tout cas la plus belle qu’ait connue l’association des éleveurs charolais d’entre Saône-et-Loire ces dernières années. Alors que les autres ventes de prestige de la race charolaise ont été très moroses, la vente de Charolles a bénéficié d’une fréquentation record ainsi que d’une ambiance commerciale réconfortante. Trente jeunes reproducteurs sur les 52 présentés ont trouvé preneur alors que dans les autres ventes, seulement la moitié des animaux auraient eu un acquéreur. Si le nombre de veaux vendus à Charolles est exactement le même que l’an dernier, en revanche, le prix moyen fait un bon de 1.500 € pour atteindre 5.266 €. Une moyenne qui se rapproche même de celle de la très prestigieuse vente nationale dont les tarifs étaient nettement plus hétérogènes. De fait, les folies ont été moins grandes à la vente de Saône-et-Loire avec toutefois trois animaux au-delà de 12.000 €. La majorité des veaux (17) ont été adjugés de 2.500 à 3.600 € et dix ont été vendus de 4.000 à 8.400 €.

De 2.500 à 17.100 €


Première explication à cette réussite, un très bon lot de veaux. Comme le confiait un habitué, çà s’est su dès les séances de tris qui se sont déroulées quelques semaines auparavant à Charolles et en Côte-d’Or. La nouvelle s’est donc très vite répandue dans le milieu de la sélection et c’est sans doute ce qui explique l’affluence observée mercredi dernier. Il y avait donc de très bons veaux ; les grandes écuries de la sélection charolaise ne s’y sont pas trompées. A l’image des élevages Raymond et Batho qui se sont portés acquéreurs de Giromon, présenté par Jean-François Baudot de Marizy. Visiblement très intéressés par l’animal aux origines encore peu répandues, ils ont fait monter les enchères jusqu’à 16.200 € pour acquérir ce descendant de Muscadet et d’Atlas. Autre reproducteur qui a suscité les convoitises, Galopin, un premier prix du dernier concours national, né chez Jean-Marc Pacaut à Laizy. Cette fois, c’est le « GIE Charolais leader », collectif d’éleveurs du Puy-de-Dôme qui a misé 17.100 € sur le bel animal, petit-fils d’Ambitieux.

Les qualifications ont la cote


Si comme de coutume, nombre d’acheteurs ont acheté au « coup de cœur » et fait confiance aux origines ainsi qu’à la renommée des meilleures « maisons », d’autres ont aussi été très attentifs aux critères purement techniques dont certains sujets n’avaient absolument pas à rougir. Il faut dire que lors des opérations de tri, les organisateurs veillent aussi à privilégier les animaux aux ascendants qualifiés et dotés de bons index. Si le lot présentait bel et bien des spécimens munis de ces véritables points de force morphologiques si recherchés par les sélectionneurs, d’autres affichaient une « régularité dans le papier » très prisées des producteurs de viande. C’est le cas de Grand Duc, présenté par Didier Métrop de Grandvaux et qui a été adjugé 13.000 €. Pour son acheteur, le GAEC Lechenault de Côte-d’Or, les motifs de cet achat sont notamment : « une origine peu diffusée, la qualification des parents avec trois générations de RR4 du côté femelles, un poids à la naissance de 40 kg… ». Un choix bien argumenté et très cartésien. Comme d’autre veaux de la vente, on pouvait voir sur catalogue que les parents étaient très bien indexés (111 d’IVMAT pour la mère ; 116 en ALait ; un grand-père à 118 en ISEVR…).
A Charolles, les « qualités bouchères » ont également eu la cote. C’est le cas du GAEC Lacour de Saint-Vincent-des-Prés, vendeur de Gabin. Son acheteur Bernard Villard, sélectionneur dans la Loire, disait l’avoir « repéré depuis longtemps en ferme, notamment pour ses très bonnes qualités de viande, mais aussi son très bon cuir, sa très bonne croissance, l’excellente production de sa mère et ses lignées père et mère ». L’animal a été acquis 8.400 €.

Remettre les pendules à l’heure


A l’issue de la vente, le président Bernard Dargaud ne cachait pas sa satisfaction. De fait, si l’on s’en tient aux échos glanés sur les autres ventes, cette réussite de Charolles est inespérée. Une réussite qui remet du baume au cœur des responsables de l’association des éleveurs d’entre Saône-et-Loire. Il faut dire qu’avec le développement des portes ouvertes et autres initiatives « privées », certains craignaient que les évènements ne se fassent concurrence entre eux. Le fait est aussi que depuis plusieurs années, la traditionnelle vente de Charolles a beaucoup souffert de la succession des crises bovines, au point de n’organiser qu’une seule vente au lieu de deux. Alors l’embellie de 2011 constitue un véritable encouragement pour les organisateurs. « Nous avons souvent été décriés, mais on voit cette année que c’est quand même ici que çà marche le mieux », confiait Bernard Dargaud. Force est de constater aussi que tous les ans à la même date, les éleveurs sont tout de même très nombreux à se rendre à cet évènement incontournable de la génétique charolaise. Certains viennent de loin (23, 63, 79, 18, 36…) et la présence de nombreux sélectionneurs réputés rappelle l’immense notoriété dont bénéficie la vente de Charolles. Qu’on le veuille ou non, une vente aux enchères comme celle de Charolles continue de faire « du bruit » dans la campagne. On y vient autant pour acheter que par curiosité. Les sélectionneurs de renom et leurs exploits fascinent toujours. Une enchère qui flambe, çà fait parler ! Bref, la vente de Charolles est une véritable richesse pour le département. Un fleuron à l’instar de tout le patrimoine génétique détenu par la base de sélection charolaise saône-et-loirienne.

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