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Agrioccasions, les occasions agricoles
Déficit de pluies

Une situation critique

Le manque de pluies de ces dernières semaines prend des allures préoccupantes et chacun dans les campagnes mesure d’ores et déjà l’impact bien réel de ce déficit de pluviométrie sur les récoltes, céréalières et fourragères, à venir. Pour la profession –et comme prévenir vaut mieux que guérir– l’heure est à l’anticipation des besoins, notamment en paille.
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Depuis quelques semaines, tout le monde scrute le ciel. Désespérément… Rien ne vient ou pas grand chose. Et si les plus optimistes se refusaient encore il y a peu à parler de "sécheresse", ils ont bien été contraints de prononcer le mot la semaine dernière…
Une réunion interne à la chambre d’agriculture et à la FDSEA a traité le sujet le 2 mai dernier, invitant chacun à tout mettre en œuvre là où il se trouve pour anticiper. La FRB (Fédération régionale bovine), elle-même, avait alerté quelques jours plus tôt sur la nécessité de mobilisation générale, pour éviter tout broyage de paille, tant les stocks fourragers en auront manifestement besoin (lire à ce sujet notre édition du 6 mai dernier en page 2). Reste que, pour les producteurs de céréales, les choses ne sont pas forcément simples, eux qui ont massivement fait l’impasse ces dernières années sur les fumures de fond au regard des niveaux de prix des engrais…

Des besoins bien réels


De son côté, la chambre régionale d’agriculture a réalisé une étude sur les besoins et la production de paille en Bourgogne. Et ce, en "année normale" convient-il de préciser d’emblée ! Si la production est estimée à près de 2 millions de tonnes, la consommation "bourguignonne", elle, l’est entre 800.000 et 900.000 tonnes, sans compter les besoins des voisins franc-comtois, ceux destinés à la Suisse ou aux régions plus au sud comme Rhône-Alpes, mais aussi le Massif central et le Limousin. Et cette année n'est en rien "normale"...
S’il apparaît aussi d’emblée que les zones de production et de consommation ne sont pas les mêmes, ce que chacun savait, on mesure toute la nécessité d’organiser en amont ce qui pourrait bien être un nouveau chantier Paille. À ce stade, chacun ne peut que déplorer que l’organisation, via la contractualisation entre céréaliers et éleveurs (échange paille-fumier…), n’ait pas trouvé l’écho nécessaire dans les campagnes sitôt l’épisode 2003 terminé…

Branle-bas de combat


À la FDSEA et dans la foulée de la réunion de son bureau, un groupe de travail s’est réuni ce lundi 9 mai à Jalogny pour étudier plus complètement la situation. Une enquête sur les besoins estimés en paille litière et en paille fourragère (les deux sont clairement à dissocier) va être lancée sans tarder dans le réseau. Un prochain rendez-vous est à l’ordre du jour avec la Commission départementale des calamités agricoles.
La FDSEA a également alerté l’échelon national. Ce dernier n’a pas tardé à réagir : un courrier a été adressé, le 10 mai, au ministère de l’Agriculture pour demander l’autorisation de récolter le couvert des jachères et la possibilité d’y faire pâturer les animaux, en dérogation des règles d’entretien minimales des terres fixées dans le cadre de la conditionnalité de la Pac. L’urgence de la situation impose que l’autorisation soit mise en œuvre très rapidement et permette par conséquent à notre département de déroger à l’interdiction de fauchage des jachères.


Déclarations Pac 2011


Compte tenu de la situation, certains semis de maïs n’ont pas encore pu être réalisés ou risquent –comme pour ceux de tournesols– de présenter des levées très hétérogènes. Des modifications d’assolements sont prévisibles au regard des déclarations des surfaces à la Pac qui sont à déposer pour le 16 mai prochain. À noter que chaque exploitant dispose de trente jours pour notifier à la DDT les éventuelles modifications d’assolement.




Presque partout en France…


La sécheresse menace la récolte céréalière de nombreux départements français, avec des conséquences encore mal appréhendées selon les régions. Pour les céréales à paille, des pertes de rendement sont d’ores certaines. Pour le maïs, il est encore tôt pour tirer la sonnette d’alarme.



Le 12 mai, un comité Sécheresse s’est tenu au ministère de l’Agriculture pour analyser la situation. Un second est d’ores et déjà prévu, le 16 mai cette fois au ministère de l’Environnement, tout un symbole. Au 9 mai, dix-sept départements français étaient touchés par des restrictions des usages de l’eau, dont le Rhône, la Nièvre, l’Yonne, le Doubs…


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