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Agrioccasions, les occasions agricoles
La Fièvre Q

Une zoonose peu connue

La fièvre Q (ou Query Fever = fièvre à élucider) est due à une
bactérie, Coxiella Burnetii. Elle se caractérise chez les ruminants
(bovins, ovins et caprins) par des troubles de la reproduction
principalement : avortements, non-délivrances, mortinatalités, métrites
et infécondité. Très fréquemment, l’infection ne se traduit par aucun
symptôme.
Par Publié par Cédric Michelin
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Quels sont les risques liés à la Fièvre Q ?
La fièvre Q est une zoonose, maladie animale transmissible à l’Homme. Les formes d’évolution aigüe chez l’Homme se caractérisent par un syndrome grippal et par des atteintes pulmonaires. Chez les femmes enceintes, l’infection peut conduire à un avortement. Les formes humaines chroniques sont rares mais peuvent être graves.

Comment se transmet la fièvre Q aux autres ruminants ?
La contamination se réalise essentiellement par voie aérienne à partir de poussières ou d’aérosols contaminés.
D’autres voies de transmission sont possibles mais sans que l’on connaisse leur importance réelle dans les conditions d’élevage (par voie transcutanée via des tiques infectées ; par voie digestive via l’ingestion d’aliment contaminé ; par voie sexuelle, lors de la monte naturelle).

Comment se transmet la fièvre Q à l’Homme ?
La contamination humaine se fait le plus souvent par inhalation d’aérosols ou de poussières contaminées par les bactéries qui peuvent être présentes notamment dans les produits de mise bas et les déjections des animaux infectés, et dans une moindre mesure par contact direct avec des animaux infectés. La fièvre Q affecte plus particulièrement les personnes travaillant au contact du bétail (éleveurs, vétérinaires, intervenants en élevage,…).

Quelles conséquences sur la commercialisation des produits de mon exploitation (viande, lait, fromages) ?
Dans son rapport de 2004 l'Afssa indique : "Le risque lié à la consommation d'aliments contaminés est globalement nul à négligeable". Ainsi :
• En matière de gestion du lait et des produits laitiers, la réglementation sur la commercialisation du lait cru dans les élevages confrontés à un cas clinique de fièvre Q a été modifiée et s’est assouplie depuis Juin 2007 [note DGAL/SDSSA/N2007-8151] puisque désormais, le lait de la femelle ayant avortée est toujours dévié mais le reste de la production du troupeau n’a plus besoin d’être systématiquement traité thermiquement sauf pour les producteurs commercialisant le lait cru en l’état sur le site ou s’il y a un lien avéré de contamination humaine suite à la consommation de lait.
• En ce qui concerne la viande, il n’y aucune interdiction de commercialisation.
Quelles sont les mesures sanitaires à mettre en place ?
Renforcement des mesures d’hygiène pour limiter les contaminations.
Point principal : Hygiène de la mise bas :
- Si possible : mises bas en box isolés
- Assister le vêlage avec des gants
- Récupérer et détruire les avortons et placentas après les mises-bas (les chiens ou les chats qui s'infectent en les consommant peuvent ensuite transmettre la maladie),

Gestion des fumiers et lisiers : désinfection du lisier à la cyanamide calcique (5 kg/m3 de lisier ; limitation du ruissellement des jus) ou compostage des fumiers.


Eviter le contact avec les animaux pour :
- Femmes enceintes ;
- Personnes immunodéprimées ;
- Personnes atteintes de maladies cardiaques.
⇨ Dans tous les cas, informer les différents intervenants sur l’élevage des risques liés à la Fièvre Q.


Prophylaxie médicale :



1. La vaccination permet de limiter la diffusion de la bactérie au sein d’un troupeau infecté et par voie de conséquence, de limiter le risque zoonotique associé.
2. L’utilisation d’antibiotiques (tétracyclines) en fin de gestation permet de limiter les avortements mais ne supprime pas l’excrétion.
Le type de prophylaxie médicale à mettre en œuvre est à discuter avec votre vétérinaire et à mettre en œuvre sur prescription de celui-ci.

Qu’est-ce qu’un élevage cliniquement atteint de Fièvre Q ?
Lors d’avortements répétés (soit environ 3 avortements sur une campagne de mise-bas), il convient de réaliser une analyse PCR Fièvre Q sur un écouvillon vaginal ou à défaut, des analyses sérologiques sur 6 animaux (3 multipares et 3 primipares en prenant au moins 3 femelles ayant eu des problèmes de reproduction : métrites, retours en chaleurs, avortements,…).

Un élevage est considéré comme cliniquement atteint de Fièvre Q, suite à :
➢ 2 PCR positives sur des avortements différents

ou
➢ 1 PCR positive + 50% de sérologie positive sur au moins 6 prélèvements (cf. échantillonnage ci-dessus)


Quelle est la conduite à suivre si mon élevage est cliniquement atteint de Fièvre Q ?
Le GDS de Saône et Loire a mis en place en 2009 un plan de maîtrise de la Fièvre Q clinique. Ce plan permet de :
- Diminuer la pression d’infection en élevage infecté par la vaccination;
- Diminuer les risques de dissémination des Coxiella ;
- Limiter les risques de contamination des personnes en contact avec les animaux.
Pour plus d’informations, contacter le GDS 71 au 03 85 27 07 70.