Nicolas Chanussot à Thurey
Veaux de boucherie : accessibles et rentables !
C’est en créant un atelier de veaux de boucherie que Nicolas Chanussot a pu s’installer sur l’exploitation familiale. Aujourd’hui seul sur ses 160 hectares de cultures, le jeune agriculteur ne regrette pas son choix. Les veaux procurent une activité très complémentaire aux céréales et ils sécurisent le revenu de l’exploitation.
En 2004, Nicolas Chanussot envisageait de s’installer avec son oncle céréalier et producteur de volailles de Bresse à Thurey. Pour pouvoir dégager deux revenus sur l’exploitation, l’oncle et le neveu ont alors choisi de développer un atelier supplémentaire. Inspirés par leur centre de gestion, ils ont finalement opté pour les veaux de boucherie avec l’intégrateur Mamellor. Guidés par leur intégrateur, Nicolas et son oncle ont fait construire leur bâtiment fin 2004 et les premiers veaux sont arrivés en juin 2005. En 2007, face à la flambée du prix des matières premières, les deux associés décidaient d’abandonner les volailles de Bresse au profit des céréales. L’année suivante, le jeune Nicolas perdait tragiquement son oncle. A partir de ce moment là, il a du gérer seul ses 160 hectares de cultures et son atelier veaux de boucherie. Un apprenti vient suppléer la main-d’œuvre, de même que des proches pour les gros travaux.
Lait en poudre matin et soir
Le bâtiment d’engraissement des veaux de boucherie abrite deux "salles" de 30 mètres de long par 11 mètres de large. Ces deux unités comportent chacune deux rangées de cases recevant entre 4 et 7 veaux, desservies par un couloir central. Sur le côté du bâtiment, un auvent de 5 mètres de largeur abrite le local de préparation de l’alimentation et le stockage des aliments. La capacité totale du bâtiment est de 221 places. Les veaux sont logés sur litière de paille (renouvelée trois fois par semaine à la pailleuse).
Les veaux sont nourris avec du lait en poudre, matin et soir, suivant le schéma d’alimentation établi par l’intégrateur. L’aliment est fourni par ce dernier. Dans la salle de préparation, une grande cuve permet de mélanger l’eau et la poudre et de porter le lait à la bonne température (45-46°C). Le lait est acheminé par un tuyau vers les salles d’engraissement. Au moment du repas, les veaux sont bloqués au cornadis et disposent chacun d’un seau muni d’une tétine. Les seaux sont remplis par l’éleveur à l’aide d’une canne reliée au tuyau et dotée d’un clapet.
Délicat démarrage
Les veaux arrivent dans l’élevage âgés de 15 jours à un mois. Préalablement triés, ils sont livrés tous en même temps et sont parqués dans les cases selon la race, la morphologie. Une fois les animaux installés, vient l’étape délicate du premier repas. « Il faut compter trois à quatre heures pour tous les faire boire », indique Nicolas. Une tâche qui nécessite huit personnes ; voisins, amis, parents, grands-parents sont appelés à la rescousse… et cela jusqu’au troisième jour au moins ! « Il faut les habituer au cornadis, puis à attraper la tétine dans le fond du seau ».
Les deux premiers repas, les veaux reçoivent un aliment réhydratant. Les premiers temps, le lait est préparé à l’aide d’un petit mélangeur isotherme et mobile. Le liquide est déversé dans chaque seau au pichet. « Au bout de 4 à 5 jours, il faut surveiller les diarrhées », indique Nicolas. Avec le temps, ce sont les risques pulmonaires qui prennent le relais. En moyenne, il faut compter un taux de mortalité de 3 % pour un lot de veaux.
21 semaines ; - 146 kg de carcasse
La durée d’engraissement est de 21 semaines. Nicolas produit ainsi deux lots par an, séparés par des vides sanitaires d’un mois. Pesant aux alentours de 50 à 60 kg à leur arrivée, les veaux atteignent un poids de carcasse moyen de 146 kg (jusqu’à 160 kg pour les croisés) à l’abattoir.
Durant la période d’engraissement, Nicolas adapte les rations aux performances réalisées par les veaux. Les animaux peuvent également être ré-allotés en fonction de leur évolution. Nicolas bénéficie de l’appui d’un technicien Mamellor. Ce dernier rend visite deux à trois fois par semaine pour les nouveaux éleveurs puis une fois par semaine chez les éleveurs expérimentés. Lorsque les veaux arrivent au terme de la phase d’engraissement, le technicien passe dans l’élevage muni des commandes des clients. Ce repérage permet à Nicolas de regrouper les animaux prêts à partir. Les départs s’étalent sur une semaine.
Quinze jours pour le grand nettoyage
Une fois les veaux partis, le nettoyage du bâtiment est assez lourd. Nicolas compte deux journées pour évacuer le fumier. Ensuite, les 221 seaux et tétines doivent être démontés et lavés. Le lavage concerne également toutes les parois des salles ainsi que le local de préparation du lait. Nicolas met environ cinq jours et demi pour nettoyer les salles et le local. Il faut ensuite une journée pour nettoyer tous les seaux. Une fois le bâtiment sec, il est totalement désinfecté à l’aide d’un pulvérisateur. L’éleveur remet ensuite de la paille dans les cases, de même qu’il réinstalle les seaux. Au total, les opérations de nettoyage prennent une quinzaine de jours. Elles sont effectuées tout au long de la durée du vide sanitaire d’un mois. Malgré ce travail, cette période sans animaux représente une coupure pour Nicolas. Tout le reste de l’année, la présence des veaux implique une astreinte quotidienne matin et soir, week-end compris.
Elever un lot de veaux de boucherie, c’est 150 jours de soins et de surveillance, sans compter que les repas doivent être donnés à heures fixes. Une vigilance de tous les instants, « d’autant que les animaux ne sont pas à soi », confie Nicolas. Avec cette spécificité liée à l’intégration, l’éleveur juge impensable de se faire remplacer. Ceci dit, Nicolas voit aussi de nombreux avantages à cette production. Pour lui, « il est important de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Le jeune céréalier trouve même très stimulant le fait de devoir « travailler avec du vivant ».
Rémunération à la clé
L’atelier est aussi là pour sécuriser le revenu de l’exploitation. En moyenne, il représente 25 à 30 % du chiffre d’affaires. Sans les veaux, Nicolas aurait besoin d’au moins 200 hectares de cultures pour vivre. Et à la différence de l’atelier Veaux, la rémunération des céréales est devenue très fluctuante ces dernières années. Le dernier lot produit par Nicolas lui a laissé une marge moyenne de 83 € par veau. Le lot précédent avait même atteint les 85 €. L’éleveur a à sa charge l’eau, le gaz, l’électricité, la paille que ses céréales lui fournissent. « La rémunération repose sur un forfait élevage défini à l’avance ainsi que l’indice de consommation atteint par le lot. C’est cet indice de consommation qui fait la différence », explique Nicolas. Une prime journalière peut être versée si le lot tarde à quitter l’exploitation. Depuis quelques années, la couleur de la viande entre aussi dans la rémunération.
Fiche technique
Lait en poudre matin et soir
Le bâtiment d’engraissement des veaux de boucherie abrite deux "salles" de 30 mètres de long par 11 mètres de large. Ces deux unités comportent chacune deux rangées de cases recevant entre 4 et 7 veaux, desservies par un couloir central. Sur le côté du bâtiment, un auvent de 5 mètres de largeur abrite le local de préparation de l’alimentation et le stockage des aliments. La capacité totale du bâtiment est de 221 places. Les veaux sont logés sur litière de paille (renouvelée trois fois par semaine à la pailleuse).
Les veaux sont nourris avec du lait en poudre, matin et soir, suivant le schéma d’alimentation établi par l’intégrateur. L’aliment est fourni par ce dernier. Dans la salle de préparation, une grande cuve permet de mélanger l’eau et la poudre et de porter le lait à la bonne température (45-46°C). Le lait est acheminé par un tuyau vers les salles d’engraissement. Au moment du repas, les veaux sont bloqués au cornadis et disposent chacun d’un seau muni d’une tétine. Les seaux sont remplis par l’éleveur à l’aide d’une canne reliée au tuyau et dotée d’un clapet.
Délicat démarrage
Les veaux arrivent dans l’élevage âgés de 15 jours à un mois. Préalablement triés, ils sont livrés tous en même temps et sont parqués dans les cases selon la race, la morphologie. Une fois les animaux installés, vient l’étape délicate du premier repas. « Il faut compter trois à quatre heures pour tous les faire boire », indique Nicolas. Une tâche qui nécessite huit personnes ; voisins, amis, parents, grands-parents sont appelés à la rescousse… et cela jusqu’au troisième jour au moins ! « Il faut les habituer au cornadis, puis à attraper la tétine dans le fond du seau ».
Les deux premiers repas, les veaux reçoivent un aliment réhydratant. Les premiers temps, le lait est préparé à l’aide d’un petit mélangeur isotherme et mobile. Le liquide est déversé dans chaque seau au pichet. « Au bout de 4 à 5 jours, il faut surveiller les diarrhées », indique Nicolas. Avec le temps, ce sont les risques pulmonaires qui prennent le relais. En moyenne, il faut compter un taux de mortalité de 3 % pour un lot de veaux.
21 semaines ; - 146 kg de carcasse
La durée d’engraissement est de 21 semaines. Nicolas produit ainsi deux lots par an, séparés par des vides sanitaires d’un mois. Pesant aux alentours de 50 à 60 kg à leur arrivée, les veaux atteignent un poids de carcasse moyen de 146 kg (jusqu’à 160 kg pour les croisés) à l’abattoir.
Durant la période d’engraissement, Nicolas adapte les rations aux performances réalisées par les veaux. Les animaux peuvent également être ré-allotés en fonction de leur évolution. Nicolas bénéficie de l’appui d’un technicien Mamellor. Ce dernier rend visite deux à trois fois par semaine pour les nouveaux éleveurs puis une fois par semaine chez les éleveurs expérimentés. Lorsque les veaux arrivent au terme de la phase d’engraissement, le technicien passe dans l’élevage muni des commandes des clients. Ce repérage permet à Nicolas de regrouper les animaux prêts à partir. Les départs s’étalent sur une semaine.
Quinze jours pour le grand nettoyage
Une fois les veaux partis, le nettoyage du bâtiment est assez lourd. Nicolas compte deux journées pour évacuer le fumier. Ensuite, les 221 seaux et tétines doivent être démontés et lavés. Le lavage concerne également toutes les parois des salles ainsi que le local de préparation du lait. Nicolas met environ cinq jours et demi pour nettoyer les salles et le local. Il faut ensuite une journée pour nettoyer tous les seaux. Une fois le bâtiment sec, il est totalement désinfecté à l’aide d’un pulvérisateur. L’éleveur remet ensuite de la paille dans les cases, de même qu’il réinstalle les seaux. Au total, les opérations de nettoyage prennent une quinzaine de jours. Elles sont effectuées tout au long de la durée du vide sanitaire d’un mois. Malgré ce travail, cette période sans animaux représente une coupure pour Nicolas. Tout le reste de l’année, la présence des veaux implique une astreinte quotidienne matin et soir, week-end compris.
Elever un lot de veaux de boucherie, c’est 150 jours de soins et de surveillance, sans compter que les repas doivent être donnés à heures fixes. Une vigilance de tous les instants, « d’autant que les animaux ne sont pas à soi », confie Nicolas. Avec cette spécificité liée à l’intégration, l’éleveur juge impensable de se faire remplacer. Ceci dit, Nicolas voit aussi de nombreux avantages à cette production. Pour lui, « il est important de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Le jeune céréalier trouve même très stimulant le fait de devoir « travailler avec du vivant ».
Rémunération à la clé
L’atelier est aussi là pour sécuriser le revenu de l’exploitation. En moyenne, il représente 25 à 30 % du chiffre d’affaires. Sans les veaux, Nicolas aurait besoin d’au moins 200 hectares de cultures pour vivre. Et à la différence de l’atelier Veaux, la rémunération des céréales est devenue très fluctuante ces dernières années. Le dernier lot produit par Nicolas lui a laissé une marge moyenne de 83 € par veau. Le lot précédent avait même atteint les 85 €. L’éleveur a à sa charge l’eau, le gaz, l’électricité, la paille que ses céréales lui fournissent. « La rémunération repose sur un forfait élevage défini à l’avance ainsi que l’indice de consommation atteint par le lot. C’est cet indice de consommation qui fait la différence », explique Nicolas. Une prime journalière peut être versée si le lot tarde à quitter l’exploitation. Depuis quelques années, la couleur de la viande entre aussi dans la rémunération.
Fiche technique
Nicolas Chanussot, Thurey
160 hectares de cultures, un atelier veaux de boucherie.
Installation et création de l’atelier : 2005.
Caractéristiques : 221 places de veaux de boucherie en case sur aire paillée avec salle de préparation du lait. 2 lots par an - 150 jours de durée d’engraissement + 1 mois de vide sanitaire.
Investissement : 158.000 € en 2005 (compter environ 200.000 € aujourd’hui).
Marge éleveur : rémunération moyenne versée par Mamellor sur ce secteur environ 65 €/ veau. A cela, il faut ajouter les DPU (environ 38 € par veau), ce qui fait un total d'environ 120 € par veau. Une somme dont il faut déduire les charges (bâtiment, eau, gaz, électricité).
L’atelier veaux représente 25 à 30 % du chiffre d’affaires de l’exploitation.
L’atelier veaux représente 25 à 30 % du chiffre d’affaires de l’exploitation.
Intégrateur : Mamellor.