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Agrioccasions, les occasions agricoles
Réforme de la Pac 2013

Vers une politique « plus verte et plus équitable »

Le Parlement européen a voté le 23 juin à main levée la résolution sur l’avenir de la Pac présentée au nom de sa commission de l’agriculture par le démocrate-chrétien allemand Albert Dess. Les députés, qui plaident pour une politique plus verte et plus équitable, attendent maintenant les propositions législatives pour l’après-2013 que la Commission européenne doit présenter à la fin de l’automne et sur lesquelles ils auront un pouvoir de codécision avec le Conseil des ministres de l’Union européenne.
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Les parlementaires - qui veulent maintenir le budget agricole de l’Union européenne (UE) inchangé jusqu’en 2020 - ont réitéré, lors de leur vote du 23 juin sur l’avenir de la Pac, leur appel en faveur d’une dotation suffisante pour le développement rural.
« Soyez rassurés, le président de la Commission, le collège et moi-même sommes très attachés aux deux piliers » de la Pac, leur avait déclaré la veille Dacian Ciolos, commissaire européen à l'Agriculture, lors du débat, cherchant à démentir par là les informations selon lesquelles la politique de développement rural - le deuxième pilier - pourrait être victime de sévères coupes budgétaires après 2013. Cette politique « ne fera pas les frais des prochaines perspectives financières », a ainsi insisté le commissaire à l’agriculture.

Paiements directs et écologie


Les eurodéputés considèrent que les paiements directs devraient être plus étroitement liés à des « mesures d'écologisation » : faibles émissions de carbone, faible consommation d'énergie... Un vaste système d'incitations, financé à 100 % par l'UE, devrait, selon eux, être mis en place pour soutenir les agriculteurs qui s'orientent vers le développement durable.
Le Parlement européen estime également que les fonds agricoles devraient être répartis plus équitablement entre les Etats membres et entre les différentes catégories d'exploitants. Il propose pour cela que chaque Etat membre de l'UE reçoive à l'avenir un pourcentage minimal de la moyenne versée par Bruxelles au titre des paiements directs.
Les députés sont aussi d'accord pour fixer un plafond de paiements directs par agriculteur, mais soulignent que les nouvelles règles devront tenir compte des critères de taille, d'emploi et de pratiques durables de chaque exploitation. De plus, ces aides devraient, selon eux, être réservées aux « agriculteurs actifs », c'est-à-dire ceux qui utilisent leurs terres à des fins de production.
Dans le secteur laitier, la Commission européenne devra, estiment les parlementaires, surveiller le marché et utiliser des instruments adéquats, même après la suppression des quotas. Enfin, le Parlement européen fait valoir que des solutions à l’échelle mondiale s'imposent pour lutter contre la spéculation sur les matières premières agricoles et la forte volatilité des prix. Il propose à cet effet un système d’alerte mondial sur l'état des stocks.

La Cour des comptes européenne critique le paiement de DPU à des non-agriculteurs


Des personnes ou des entreprises n'exerçant aucune activité agricole perçoivent malgré tout des subventions européennes destinées aux agriculteurs, a constaté la Cour des comptes européenne dans un rapport publié le 29 juin dernier. Elle relève notamment que des clubs sportifs et de loisirs, des compagnies ferroviaires, des aéroports, des écoles ou encore des campings bénéficient de ces DPU. La Cour a identifié des bénéficiaires individuels recevant des aides d'un montant allant de plusieurs centaines de milliers à plus d'un million d'euros par an, et cela sans exercer aucune activité agricole sur leurs terres. En 2009, 144 bénéficiaires de DPU ont reçu un million d'euros ou plus. Le rapport cite notamment le cas d'une réserve naturelle en Écosse n'ayant fait l'objet d'aucune activité agricole depuis des dizaines d'années mais qui bénéficie de DPU...